vendredi 9 janvier 2015

Désolidarisation

On demande donc à  5 millions de musulmans  en France de se désolidariser de  terroristes  djihadistes ici en France et tant qu’on y est de Daesch etc.

Pour se désolidariser, il faudrait déjà avoir été solidaires non ?
C’est bien l’idée que sous-tend cette injonction.  
Musulman = soutien des djihadistes Musulman = djihadiste en puissance. 
C’est quasiment congénital.
D’ailleurs regardez, les terroristes sont tous des musulmans, c’est bien qu’il y a un problème avec cette religion non ?


Le problème n’est pas l’islam mais des musulmans qui veulent imposer leur vision rétrograde aux autres musulmans et au monde par les armes.
Pourquoi les autres musulmans devraient avoir à se justifier pour une vision qu’ils n’ont pas ?
C’est comme si on me demandait aux chrétiens de se désolidariser du tueur norvégien ou aux athées de se désolidariser de Kim Jong-un.
C’est idiot non ?
Un lycéen de 17 ans, d’origine maghrébine, a été frappé jeudi par un groupe de quatre ou cinq personnes à Bourgoin-Jallieu en Isère, en marge de la minute de silence observée devant son lycée. 
On demande à qui de se désolidariser là ?  

Tous les représentants de l’islam en France ont fait part de leur horreur face à cet attentat, faudra t-il que chacun des 5 millions de musulmans en France le fassent en place publique pour contenter ce monsieur ?

Pour éviter l'amalgame j'ai une autre idée: Évite de le créer.

Et pour finir avec un peu d’humour cliquez sur le lien

Et pour remettre les pendules à l'heure c'est ci-dessous




jeudi 8 janvier 2015

Je ne marche pas


Des hommages spontanés ont rassemblé hier des français en France comme ailleurs. J’y suis allé.
Soutenir la libre expression, dire sa tristesse devant le massacre, dire « même pas peur » aux terroristes, serrer les coudes, chanter doucement la marseillaise comme une prière pour les morts.  
C’est la première fois qu’un attentat déclenche en France ce genre de réaction collective et spontanée. L'utilisation des réseaux sociaux y est sans doute pour beaucoup et l'esprit réseaux sociaux aussi (se regrouper sur un sujet, un événement simplement)
Beaucoup sont venus non pas pour des grands mots comme la défense des valeurs républicaines et de la démocratie mais plus simplement pour dire qu’on ne doit pas être tué pour des dessins. Pas de politique mais de l’humanité.
Le slogan «Je suis Charlie» chacun pouvait lui trouver un sens qui nous convienne. Je suis Charlie parce je défend la liberté d'expression ou parce que je suis un homme concerné par l’assassinat terroriste d'autres hommes dans mon pays. Cela évitait aussi le fleurissement des banderoles X ou Y.

Dimanche, les partis politiques appellent à une marche républicaine excluant au passage un parti (que j’exècre).
I
ls tenteraient ainsi une récupération politique d‘un mouvement qui ne l’était pas qu'ils ne procederaient pas autrement.

Ils n’ont rien compris.

Une marche citoyenne acceptant tous les citoyens, sans organisation par des partis, sans étiquettes ni slogans dignement avec nos élus et ne permettant ainsi aucune récupération par personne, j’aurais marché si j'avais été à Paris.
J'espère que dans les autres villes le "ton" sera différent.
Sinon... dommage.


Off


mercredi 7 janvier 2015

Résignation


"Soumission" est le titre du dernier roman de Michel Houellebecq.
Il joue de ce mot et de ses différents sens:

Ce titre est d'abord la traduction en français du mot  Islam et signifie obéir à Dieu.
Titrer ainsi est logique compte tenu du cadre politique de son histoire et du rapport à Dieu du personnage principal dont il reconnait la puissance mais pas l'amour mais dont il ne peut se passer finalement.

La soumission est aussi une pratique sexuelle mise en mots dans Histoire d'O ou plus récemment dans 50 nuances de Grey mais dans le roman le personnage en a une vision ego-centrée: Recevoir du plaisir de la femme sans avoir à se soucier d'en donner. Il le tente avec ses amies qui le quittent, puis avec des call girls qui font de leur mieux pour le tarif fixé et se résigne à un futur polygame où l’obéissance des femmes lui permettra peut être d’éviter le don de soi.

Enfin la soumission dans une acception plus commune est  l’action de se soumettre, de se rendre, de  capituler après une lutte.
Pourtant point de lutte dans ce livre.

Michel Houellebercq nous décrit en effet la résignation morne d’un intellectuel autocentré, sans désespoir excessif, sans réels plaisirs, qui traîne son ennui interminable.
Pas de lutte de sa part, il a déjà baissé les bras depuis longtemps.
Il ne participe pas à la vie du monde par désintérêt pour ses semblables et n’a même ni le courage du suicide ni celui de la conversion réelle. 


© MIGUEL MEDINA / AFP

Il finit même par collaborer appâté par l’argent et la polygamie.

C’est surtout le portrait d’un homme anesthésié, paresseux de vivre et de risquer l’autre (famille, amis, amour et Dieu).

La trame de l’histoire n’a rien de nouveau dans la littérature et n’est pas sans rappeler « Matin brun ». 
Dans ces pages aussi on sent venir la "catastrophe" et personne ne bouge tant qu’il n’est pas concerné directement. Ça ne vote pas beaucoup non plus. Le résultat tombe et tout le monde s’adapte parce que finalement c’est plus simple, cela évite de se faire des nœuds au cerveau et à l’estomac. 
Mais là où "Matin brun" est un appel à réagir, Soumission est hors sol. Michel Houellebecq n’appelle à rien, il est résigné. Son personnage comme l’étranger de Camus parcourt son époque sans empathie, comme autiste.   
Rien de très nouveau, en somme, si ce n’est le cadre politique, social et moral qu’il  a adapté au temps. 
L'avenir qu'il pense pour l'occident est improbable mais son analyse du présent est assez juste et permet de poser les bonnes questions: Sommes nous aussi autocentrés, désabusés, lobotomisés par la recherche du plaisir et de la consommation? Notre capacité de réaction se borne t'elle à voter FN ou à ne pas voter ? Je pense que nous sommes capables de mieux que cela.

"Résignation" eut été un titre plus juste pour ce roman.

A lire pour comprendre qu'il y a une antidote:  

Risquer l’autre: Famille, amis et les autres, tous les autres et même soi et même l'Autre !

Changer nous même pour changer le présent et l'avenir ! 





samedi 27 décembre 2014

Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage…

Trois faits divers en quelques jours et la panique gagne attisée par l‘ambiance délétère qui règne ces derniers temps en France.
Sans attendre d’en savoir plus, nombreux sont ceux qui crient au loup islamique. Ils tiennent enfin des faits qui justifient leurs thèses.  A croire qu’ils se réjouissent presque de ces événements dramatiques.

Quelques jours passent et :
Le jeune djihadiste qui aurait attaqué le commissariat de Joué les Tour ne serait finalement qu’un jeune interpellé  et amené au commissariat pour l’interroger sur une affaire d’agression d’un policier qui s’est produite quelques jours plus tôt et qui a réagit violemment certes. Il est converti à l’islam, affiche un drapeau de Daech sur sa page facebook et hop c’est parti, c’est un djihadiste qui attaque la police.
Et: https://www.youtube.com/watch?v=rNikwV3LdBY#t=30

Un autre djihadiste fauche des passants lors d’un marché de Noel. Finalement c’est un homme sous l’emprise de l’alcool sans lien avec l’islam. http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/attaques-en-serie-un-desequilibre-n-est-pas-un-terroriste_1635207.html


Le mal est fait, la haine est distillée encore un peu plus.

Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage…


Mais qui à la rage finalement ?

jeudi 4 décembre 2014

Et maintenant où on va ou pourquoi en arrive-t-on à partir faire le Jihad.


Depuis quelques temps, poussée par l’actualité saisissante je cherche à comprendre les ressorts de ces départs  et j’en viens à penser qu’ils ne sont qu’une réponse parmi d’autres au malaise ambiant.

Je viens de lire un article d’Eva Hoffman publié sur le siteProject Syndicate   dont je reprends le postulat de base même si mon analyse diffère de la sienne :
Son postulat : L’homme étant ce qui est, il est sans cesse tiraillé entre son désir de liberté et son besoin de sécurité.
Fromm explique que " les mouvements totalitaires font appel à cette tendance profondément enracinée qui pousse l'homme à fuir la liberté acquise par lui dans le monde moderne. Libéré des liens médiévaux, cet homme n'est pas apte à construire une vie significative fondée sur la raison et sur l'amour et il cherche une sécurité nouvelle dans la soumission à un chef, à une race, à un État. "
Je ne partage pas entièrement son raisonnement qui mène à penser qu’actuellement nous renonçons au libre arbitre par une sorte de paresse intellectuelle et un désengagement individualiste pour échapper à la liberté trop contraignante alors que je pense que nous avons oublié dans nos sociétés démocratiques que le besoin de sécurité vient tout de suite après les besoins vitaux dans l’échelle de Maslow.
Certes nous parlons de sécurité alimentaire, sanitaire etc. mais pour se sentir en sécurité, il faut plus ou plutôt autre chose, l’impression que l’on va dans le bon sens et nous sommes loin d’en être convaincus.

Au Moyen Age on pensait aller vers le royaume de Dieu, la direction était définie.  Plus tard nous avons rejeté cette direction et nous nous sommes concentrés sur le processus (le progrès)  Aujourd’hui nous percevons la direction qu’il implique, qui nous parait inéluctable.
C’est cette  analyse de notre impuissance qui engendre notre anxiété, notre besoin de sécurité.
En effet, si la liberté et notamment individuelle est élevée au rang de valeur fondamentale, nous n’avons pas su répondre au besoin fondamental de sécurité.
En découle un profond sentiment de défiance à l’égard de notre modèle et d’anxiété face à l’avenir.


De plus, comment faire des choix, exercer sa raison et son libre arbitre, quand l’information noie l’information, quand le progrès que nous adulons montre ses limites et sa part d’ombre, quand tout accélère.
Alors chacun se sécurise comme il peut, les uns se noient dans l’hyper consommation, l’hyper activité ou la dépression (Eviter de réfléchir pour éviter l’angoisse), les autres  cherchent un cadre qui les rassurent et qu’ils ne trouvent pas dans notre société de liberté quasi absolue et d' individualiste (Trouver un refuge).

Je ne suis pas d’accord non plus avec sa  conclusion « L'initiation à l'idéologie islamiste doit être contrée par une initiation plus puissante à la culture de la démocratie et de ses valeurs fondamentales – ainsi que par une projection beaucoup plus affirmée de ces valeurs dans notre discours politique. »
Ce n’est pas dans le discours que les valeurs doivent être affirmées mais dans les actes et il faut bien reconnaître que du discours aux actes il y a un gouffre. 
Et plus haut, elle parle de l'ennui généré par la démocratie.  Cet ennui n’est pas généré par la démocratie mais l’absence d’une direction apte à transcender, la sensation d’être un rouage dans une machine qui fonctionne certes bon an mal an mais qui va de l’avant sans direction.  La démocratie n’est pas une fin, elle est un moyen d’organisation mais pour aller où ?

Sommes-nous réduits à éviter de réfléchir ou à confier notre avenir à des « chefs » extrémistes quels qu'ils soient pour conjurer l’anxiété face à l’absence d’une direction, d’un sens ?

mercredi 3 décembre 2014

Une histoire qui peut devenir jolie



Hier @Marietro a lancé un appel à la solidarité sur Twitter.  


Ce n’est pas une « grande cause » juste l’histoire banale de la sœur de son amie atteinte d’une tumeur cérébrale opérable mais qui nécessite un financement impossible pour sa famille dans un pays où les soins ne sont pas pris en charge par la sécurité sociale comme chez nous.
Alors certes on ne peut pas répondre à toute la misère du monde mais on peut faire en sorte que dans son cas cela devienne une jolie histoire qui finit bien. Une histoire vraie de vrais gens qui ensemble derrière leur claviers donnent chacun un petit rien.

Ce matin 45 personnes ont répondu  réunissant déjà plus de 1500 euros ici:  https://www.leetchi.com/c/solidarite-pr-alina 


Depuis quelques jours je tweete sous le hachtag #PartageTonAvent. 
Et si nous allions plus loin que le partage de nos photos de crèches en partageant vraiment notre Avent.
Merci à @Marietro pour son appel qui nous offre ainsi une piste concrète pour faire venir la lumière.

Union de prières