jeudi 16 mai 2013

La conversion, il faut s'y mettre



Il y a donc plus de deux ans, le Conseil National pour la Solidarité de l’Eglise catholique en France lançait la démarche Diaconia 2013 : Servons la fraternité.

Au départ, je me demandais pourquoi, en plus de l’année de la foi, les évêques avaient cru bon d’ajouter cette démarche.

Mais au fil des mois, j’ai remarqué  en paroisse le développement de réflexions et les actions fraternelles.

Certes, les mouvements caritatifs étaient déjà bien présents mais l’accueil et le partage avec ceux qui ne sont pas dans nos "cercles habituels" est devenu le fil rouge de nos actions et de nos prières.

Les trois jours du rassemblement a montré à quel point, cet élan a été général dans l’ensemble des diocèses.



Je n’ai pas tendance à voir des signes de l’esprit partout mais il se trouve que depuis quelques mois, nous nous réjouissons d’avoir un pape qui met les faibles, les personnes fragiles, pauvres au centre de ses interventions et de ses actions.

Un nouveau Pape donc qui en remet une couche si on peut dire.

Il engage les chrétiens à sortir de leur zone de confort pour aller à la rencontre aux périphéries de l’église et de la société.

MGr Vingt-Trois disait même dimanche dans son homélie au rassemblement Diaconia « Cela veut dire qu’il faut changer notre vie pour nous mettre en vérité et ne plus être des  menteurs. », c’est-à-dire des gens qui connaissent la Parole, mais ne la pratique pas.

Dans un même élan, dans le même temps le mot fraternité devient central. 
A croire que l’Esprit saint souffle partout pareil.

Alors certes, Diaconat 2013 à Lourdes ce fut un grand moment de communion et de partage fraternel où les plus fragiles ont pu parler, partager et enrichir les autres mais de retour dans nos vies, il ne faudra pas considérer que tout est fait et que nous pouvons passer à autre chose.

Pentecôte c’est dimanche prochain, et en cette fête de l’Esprit, il nous faudra mâcher, goûter et remâcher les mots de Saint Paul « Ce qui demeure aujourd'hui, c'est la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité. » et demander à l'Esprit qui nous envoie sans cesse ce même message de fraternité de nous aider à en être témoins et acteurs au quotidien.


(Blog-notes jeudi 16/05 sur Radio Notre Dame)

mercredi 8 mai 2013

Vers l’infini et au-delà




Assise sous les oliviers sur le flanc du mont, je lis les différents passages de la bible qui mentionnent ce lieu. Dans l'ancien et le nouveau testament, les références sont nombreuses. 


Devant moi, en contrebas, les tombes chrétiennes, musulmanes et juives de ceux qui voulaient être aux premières loges du jugement de Dieu et de la résurrection des morts.
Trois religions attendent ici le jugement dernier et la  résurrection des morts côte à côte, les yeux tournés vers Dieu.

 
C.Boyer
Ezéchiel :  Yahvé se tiendra sur le mont des Oliviers, près de Jérusalem, à l'est de la ville. Le mont des Oliviers se fendra en deux et une grande vallée apparaîtra, orientée d'est en ouest.
Joël : Que les nations se mettent en marche, dit le Seigneur, qu'elles viennent à la vallée nommée «le Seigneur juge»  C'est là que je vais siéger pour juger tous les peuples d'alentour.



Trois religions attendent là le messie qui arrivera à Jérusalem par le mont des oliviers, ou le Christ qui reviendra.

Actes 9 : Ce Jésus, qui vous a été enlevé pour aller au ciel, reviendra de la même manière que vous l'avez vu y partir.


C’est ici aussi que le Christ a été enlevé vers le Père et au-dessus de moi, à Béthanie, dans la mosquée de l’Ascension chaque année, les chrétiens sont autorisés à célébrer l’eucharistie le jour de l’ascension.








Coran sourate IV 158 : (à propos du prophète Jésus) Mais Allah l'a élevé vers Lui. Et Allah est Puissant et Sage.









Histoires qui se croisent, cœurs tournés vers l’infini et au-delà.

Alors j’ouvre à nouveau ma bible et je lis

 «Notre Père qui es dans les cieux,
que chacun reconnaisse que tu es le Dieu saint, que ton Règne vienne ;
que chacun, sur la terre, fasse ta volonté comme elle est faite dans le ciel.
Donne-nous aujourd'hui le pain nécessaire.
Pardonne-nous nos torts, comme nous pardonnons nous aussi à ceux qui nous ont fait du tort.
Et ne nous expose pas à la tentation, mais délivre-nous du Mauvais.
[Car c'est à toi qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour toujours. Amen.]»

mardi 7 mai 2013

Dans le désert, tout homme est ton frère.

"Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba au milieu de brigands qui, après l'avoir dépouillé et roué de coups, s'en allèrent, le laissant à demi mort. 

Un prêtre vint à descendre par ce chemin-là ; il le vit et passa outre. 

Pareillement un lévite, survenant en ce lieu, le vit et passa outre. 



Monastère Saint Georges entre Jérusalem et Jéricho


Mais un samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui, le vit et fut pris de pitié. 

Il s'approcha, banda ses plaies, y versant de l'huile et du vin, puis le chargea sur sa propre monture, le mena à l'hôtellerie et prit soin de lui.

Le lendemain, il tira deux deniers et les donna à l'hôtelier, en disant : "Prends soin de lui, et ce que tu auras dépensé en plus, je te le rembourserai, moi, à mon retour."

 Lequel de ces trois, à ton avis, s'est montré le prochain de l'homme tombé aux mains des brigands ?"

Il dit : "Celui-là qui a exercé la miséricorde envers lui." 

Et Jésus lui dit : "Va, et toi aussi, fais de même". »

En marchant de Jérusalem à Jéricho sous un soleil de plomb et sans croiser âme qui vive,  on comprend mieux combien le prêtre et le lévite ont manqué de miséricorde.

Dans le désert, tout hommes est ton frère.

lundi 6 mai 2013

Histoire d'eau


Une semaine en Terre Sainte et déjà le retour.
Mais dois-je parler de retour quand c'est là-bas que j'avais l'impression de rentrer chez moi, à la source.
Mes impressions de voyage sont  et .  
N'hésitez pas à feuilleter ce blog de photos consacré aux chrétiens d'ailleurs

Mais sur Jonastree, j'ai envie de partager avec vous ma méditation sur l'eau.

" La barque, déjà au milieu de la mer, était battue par les flots; car le vent était contraire. À la quatrième veille de la nuit, Jésus alla vers eux, marchant sur la mer. Quand les disciples le virent marcher sur la mer, ils furent troublés, et dirent : C'est un fantôme! Et, dans leur frayeur, ils poussèrent des cris. Jésus leur dit aussitôt : Rassurez-vous, c'est moi; n'ayez pas peur ! Pierre lui répondit : Seigneur, si c'est toi, ordonne que j'aille vers toi sur les eaux. Et il dit : Viens ! Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers Jésus. Mais, voyant que le vent était fort, il eut peur; et, comme il commençait à enfoncer, il s'écria: Seigneur, sauve-moi ! Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit : Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? Et ils montèrent dans la barque, et le vent cessa. Ceux qui étaient dans la barque vinrent se prosterner devant Jésus, et dirent : Tu es véritablement le Fils de Dieu. " Mat 14, 24-33

Sur le lac de Tibériade appelé aussi mer de Galilée , je lisais ce passage en regardant l'eau autour de la barque.
Une eau sombre, assez effrayante en fait. Une eau qui ne coule pas.
Que cette eau soit symbole de la mort et antre du Léviathan  pour les juifs n'a rien d’étonnant. 
Et voilà que Jésus marche sur cette eau.
L'image est forte. Il ne sombre pas dans le mal ni la mort ... 
Déjà, il montre à ses disciples qu'il vaincra sa mort et que s'ils répondent à son "Viens", ils le rejoindront. 
Et s'ils prennent peur, il étendra la main pour les tirer à lui dans sa victoire. Il est l'eau vive.



Tout est dit. 



Confiance, toujours.







lundi 22 avril 2013

Cohérence



Spinoza disait de la cohérence pure « c'est du délire, c'est du délire abstrait ».
Il est en effet quasiment impossible de mettre parfaitement en accord, ses idées, ses valeurs, sa foi (pour ceux qui croient) avec ses actions et ses paroles.
Si l’adéquation totale est inatteignable, encore faut-il que sa recherche  soit le moteur de nos vies et que nous soyons assez humbles pour reconnaître nos limites sur ce sujet.
Etre un peu cohérent demande des sacrifices auxquels il faut être prêt et le sommes-nous ?
Bien souvent, il est plus simple d’afficher, d’asséner ses valeurs que de les vivre.

On peut s’indigner contre l’individualisme tout en n’étant engagé dans aucune association à titre bénévole et en critiquant éventuellement ceux qui s’engagent.
On peut s’indigner contre la pauvreté en France, en accuser le gouvernement et passer à côté d’une famille qui dort près de sa porte sans rien faire.
On peut crier au scandale lorsqu’un homme politique gruge les impôts et  ne déclarer pas le bénéfice réalisé à la foire au troc.


On peut être indigné par le travail des enfants et acheter un tee-shirt en provenance d’usines d’enfants au Bangladesh.
On peut partager sur Facebook ou twitter une affiche de l’association machintruc et ne pas lui faire de don comme si on avait fait sa part en cliquant.

Bref, nous sommes plus souvent dans la posture de l’accusateur public que de l’ouvrier consciencieux dans le monde.

Je sais bien que l’on ne peut pas s’engager partout et sur tout, mais on peut toujours être un peu plus en cohérence entre ses idées, ses mots et ses actes et il faut prendre le temps de réfléchir à ses propres actes et paroles  avant de s’indigner de ceux des autres.

Et pour ma part ?
 Je ne suis pas mieux que les autres, pas vraiment en cohérence … mais je me soigne

mercredi 17 avril 2013

Manifester encore ?



Je pense que la loi va passer même si j’ai encore un peu d’espoir avec la saisine du CC. 

Alors pourquoi suis-je allé manifester mardi à Versailles et pourquoi j’irai à nouveau dimanche prochain ?

Parce que tant que la loi n’est pas actée, je considère qu’il est normal d’exprimer mon opposition calme, respectueuse des personnes et des biens, respectueuse de la loi mais ferme. 
Je manifeste sans me laisser embringuer dans des actions qui ne me ressemblent pas.
Je manifeste sans colère et avec lucidité car comme le dit Mrg Vingt-Trois « Nous ne devons plus attendre des lois civiles qu'elles défendent notre vision de l'homme ».

Je retiens de son discours surtout ceci : 
« La pointe du combat que nous avons à mener est une conversion permanente pour que nos pratiques soient conformes à ce que nous disons : plus que de dénoncer, il s'agit de s'impliquer positivement dans les actions qui peuvent changer la situation à long terme. 
Alors, l'écart qui doit apparaître entre notre manière de vivre et les conformismes de la société ne pourra pas être perçu comme un jugement pharisien, mais comme un espace d'appel et comme une espérance. »


Et oui, si la loi passe, et même si d’autres lois passent,  il faudra plus que  jamais vivre dans le monde avec nos différences mais des différences qui vont au-delà de la dénonciation sinon nous serons des pharisiens.

Manifester au quotidien l’espérance dans nos actes, nos attitudes au sein de nos familles, dans notre milieu professionnel, dans nos rapports aux autres.  

Vouloir suivre le Christ.
Tous les chrétiens qui manifestent aujourd’hui  portent une grande responsabilité, être au quotidien exemplaires. 

Et attention au syndrome de décompensation post loi.
Nous ne devons pas être des chrétiens tristes, aigris et renfermés car nous sommes porteurs de l'Espérance.

lundi 15 avril 2013

D'une rive à l'autre


Dans deux semaines, je pars en Terre Sainte.

Ce sera mon deuxième voyage. Je m’y suis rendu il y a plus de trente ans et j’ai passé plusieurs années dans les pays limitrophes.

Ma fréquentation de cette région  fut fondatrice pour ma foi, mes valeurs et ma vision du monde.

Cette fois ci je pars via le réseau Barnabé.

Le réseau Barnabé regroupe les ponts à bâtir ou déjà construits entre les écoles catholiques françaises et les écoles latines de terre Sainte qui enseignent le Français.

Là-bas, la langue française est la langue de la culture porteuse de valeurs et d’idées. Elle est  apprise pour s’ouvrir au monde des idées.  Avec le français, ils pensent avoir plus de mots pour dire plus de choses, pour apprendre la nuance.  Le français c’est aussi une nouvelle langue pour pouvoir s’évader à travers la culture et la littérature.
9500 élèves apprennent le français là-bas et pourtant il n’y a pas d’épreuve de français au bac et ils savent que l’anglais leur sera plus utile en cas d’expatriation.

Grace à Barnabé, des professeurs de français viennent en France  (échanges de pratiques avec des enseignants de langues, immersion en classe de langue dans des établissements scolaires en France) et des établissements catholiques mettent en place des jumelages fondés sur l’amitié, l’échange avec pour finalité la rencontre IRL.

Je pars donc pour une semaine mais j’ai déjà reçu un message de Ramallah. 
Des lycéens de 3eme on écrit une petite histoire en français.

« Il était une fois une fille qui trouve dans un parc, un chien blessé …». 
Je vous rassure, l’histoire finie bien.
Je l’ai lu.  
Les tournures de phrases m’ont replongé dans le monde arabe.
Je l’ai lu et j’ai décidé avec les autres participants à notre voyage de mettre des images sur leurs mots.
Des images d’ici.


Pas des clichés de cartes postales,des images de mes enfants, de mon chien, de mon quartier, de mon voisin. 
Des images de la vie d’ici pour illustrer leurs mots. 
Des images pour faire des ponts.



Dans quinze jours, je vais rencontrer  Assar, Lama, Aya, Laith, Hazar, Michel, Jeries, Darlene, Georgette, Nicole, Narmeen, Raneem, Khaled, Yara, Mirelle, Mohammad, Majd, Tereaza, Katia, Michelle,  Ala’a dans leur quotidien à Ramallah.

Dans quinze jours, les visages remplaceront les mots et les photos  et ce sera bien.