dimanche 12 juillet 2015

Co-errance – Cohérence


Certes c’est l’été, le moment tant attendu pour lézarder sur la plage, penser à autre chose  mais c’est aussi chez nous le temps du regroupement familial.  
La tribu se retrouve et les veillées reprennent avec nos enfants qui sont pour la plupart de jeunes adultes. 
Les sujets qui reviennent souvent sur le tapis tournent tous plus ou moins autour des choix de vie et de leur cohérence avec nos idées et notre foi.


Il est si facile de tenir des discours engagés, de fustiger le « système », d’énoncer des solutions radicales qui commencent par « Yaka, YzonKa, Faukon » (et les parents ne sont pas de reste). 
Mais au-delà des envolées anarcocatholyriques, il reste un gout amer dans l’arrière gorge.
Le système, nous en faisons partie alors que faire pour passer de la co-errance à la conversion. Sommes- nous prêts à des choix radicaux ?
Comme le jeune homme riche (v16 et suivants), une fois l’exaltation passée, reste la tristesse de ne pas en être capable …



Alors on tente les « mesurettes » : Co-voiturage, colocation, recyclage, compostage, marché de l’occasion et du troc, amap, gestes écoresponsables,  dons aux œuvres, bénévolat etc.

A défaut de conversion, au moins sommes-nous un peu cohérents.

jeudi 26 mars 2015

Prend une Valda quoi !

English langage below : Take a chill pill


J’en viendrais presque à regretter l’initiative du pape d’organiser un synode sur la famille lorsque je vois des  laïcs et des prêtres tenter de faire pression sur le synode à venir via les medias par le biais de lettres ouvertes, de petites phrases reprises avec délectation par certains ou sujettes à anathème pour d’autres.


J’avais déjà été un peu agacée par la lettre de laïcs français qui semblait, mais je peux me tromper, adjurer les catho de base à s'exprimer dans leurs paroisses dans le cadre du questionnaire préparatoire à la seconde réunion synodale. 
Comme si nous avions besoin de leur exhortation pour osez parler à nos prêtres. Comme si par notre silence coupable, nous allions favoriser la "réaction" (Tiens cela me rappelle quelque chose). 


Et voilà que des prêtres britanniques s’y mettent à leur tour.
Il faut dire que le cardinal Burke est venu prêcher la bonne parole il y a quelques semaines à l‘invitation de Voice of the family (qui comme son nom l’indique est la voix de la famille comme d’autres représentent les baptisés, sans doute tous les baptisés).
C’est amusant cette manie de l’universalité qu’ont certains, les même qui adoptent la lettre ouverte.


Quand je lis la liste des signataires de tous bords, j’ai du mal à croire qu’ils n’ont pas d’autres moyens d’expliquer leur point de vue aux cardinaux qui vont être délégués au prochain synode. Si ces lettres sont destinés aux autres croyants, je pense que ces autres croyants ne sont pas moins équipés qu’eux d’une cervelle et d’une bible et qu’ils sont à même de réfléchir sans qu’On leur explique en ne présentant bien sûr qu’une version du bazar ou qu'on les appelle à se reveiller ce qui suppose qu'ils dorment bien sur.
La déclamation en place publique est l'outil de ceux qui sont si peu surs de leur Vérité qu’ils pensent qu'elle passera mieux en la criant sur les toits.
Quand par là dessus, le cardinal machin se déclare intransigeant (What !), le cardinal truc va jusqu’à brandir la menace à peine voilée du schisme (ReWhat !)…
… nous sommes bien loin de l’esprit fraternel et encore plus de l’Esprit saint.
Bref, vous me fatiguez tous et je ne dois pas être la seule. 
J’oserai presque un « VOS G….. ! » 

Prions, soyons confiants et surtout regardons la croix au lieu de nous en servir comme d’une massue.



I almost would come to regret the pope‘s initiative to hold a synod about the family when I see how some laymen  and priests are trying to pressure the synod coming via the media through open letters, quotations well chosen by some people or subject to anathema to others.


I had been a little annoyed by the French letter that seemed to, but I could be wrong, implore basic catholics to express themselves in their parishes about the preparatory questionnaire to the second synod meeting.
As if we needed their admonition to dare speak to our priests. As if by our guilty silence, we would encourage the "reaction" (Oh that reminds me something).


And now, some British priests put their two cents in.
It must be said that Cardinal Burke came to preach the gospel there a few weeks ago at the invitation of Voice of the family (which as its name suggests is the voice of the family as the others represent the baptized probably they hope all the baptized).
It is fun this mania of universality that affects those who are also adopting the open letter.


 Take a chill pill !
When I read the list of signatories from all sides, I have difficulties to believe that they have no other ways to explain their views to the cardinals who will be delegated to the next synod. If these letters are destined to other believers, I think these other believers have like them a brain and a Bible and are able to think without Tom, Dick and Harry explanations showing only a version of the “bazaar” or calling a wake up which means they are asleep.
Declamation in the public square is the tool of those so little sure of their truth that they believe it is better to shout from the rooftops.
When, furthermore, this cardinal declares that he is uncompromising (I beg your pardon ), that one brandish thinly veiled threat of schism (Sorry ?)...
... We are far from the fraternal spirit and more of the Holy Spirit.
In short, all of you weary me and I must not be the only one.
I should dare a  "Sh.. ..! »

Pray, be confident and above all look the cross instead of using it as a club.


mercredi 4 février 2015

Nul ne peut imposer sa conception du sacré à autrui



Réactions suite à ça et ça et tant d'autres.


Je suis d’accord sur le fait que nul ne peut contraindre au respect de sa propre conception du sacré en faisant taire, ou pire en éliminant.

Par contre, exprimer sa conception du sacré n’est pas l’imposer et il serait bon de s’en convaincre aussi.

Vassil

Libre  à vous de critiquer ma conception du sacré, libre à moi de vous répondre en exerçant à mon tour ma liberté d’expression et libre à moi aussi de critiquer la vôtre.

Etre athée et le dire c’est votre droit.

Regretter le fait que des croyants s’expriment c’est aussi votre droit.

Penser et dire que l’idéal universel est l’athéisme et que la religion n’est qu’obscurantisme c’est là encore votre droit.


Et

Je suis catholique et c’est mon droit.

Je ne regrette pas moi, que vous puissiez vous exprimer.

Je ne vous demande pas moi, de proclamer votre attachement à la liberté d'expression.

Enfin, je pense et je dis que l’athéisme n’est pas un idéal universel.
C’est une conception du sacré (l’absence de sacré) parmi d’autres et elle n’a pas à s’imposer non plus.


Nul ne doit imposer sa conception du sacré à autrui

Pas plus vous que moi.

vendredi 9 janvier 2015

Désolidarisation

On demande donc à  5 millions de musulmans  en France de se désolidariser de  terroristes  djihadistes ici en France et tant qu’on y est de Daesch etc.

Pour se désolidariser, il faudrait déjà avoir été solidaires non ?
C’est bien l’idée que sous-tend cette injonction.  
Musulman = soutien des djihadistes Musulman = djihadiste en puissance. 
C’est quasiment congénital.
D’ailleurs regardez, les terroristes sont tous des musulmans, c’est bien qu’il y a un problème avec cette religion non ?


Le problème n’est pas l’islam mais des musulmans qui veulent imposer leur vision rétrograde aux autres musulmans et au monde par les armes.
Pourquoi les autres musulmans devraient avoir à se justifier pour une vision qu’ils n’ont pas ?
C’est comme si on me demandait aux chrétiens de se désolidariser du tueur norvégien ou aux athées de se désolidariser de Kim Jong-un.
C’est idiot non ?
Un lycéen de 17 ans, d’origine maghrébine, a été frappé jeudi par un groupe de quatre ou cinq personnes à Bourgoin-Jallieu en Isère, en marge de la minute de silence observée devant son lycée. 
On demande à qui de se désolidariser là ?  

Tous les représentants de l’islam en France ont fait part de leur horreur face à cet attentat, faudra t-il que chacun des 5 millions de musulmans en France le fassent en place publique pour contenter ce monsieur ?

Pour éviter l'amalgame j'ai une autre idée: Évite de le créer.

Et pour finir avec un peu d’humour cliquez sur le lien

Et pour remettre les pendules à l'heure c'est ci-dessous




jeudi 8 janvier 2015

Je ne marche pas


Des hommages spontanés ont rassemblé hier des français en France comme ailleurs. J’y suis allé.
Soutenir la libre expression, dire sa tristesse devant le massacre, dire « même pas peur » aux terroristes, serrer les coudes, chanter doucement la marseillaise comme une prière pour les morts.  
C’est la première fois qu’un attentat déclenche en France ce genre de réaction collective et spontanée. L'utilisation des réseaux sociaux y est sans doute pour beaucoup et l'esprit réseaux sociaux aussi (se regrouper sur un sujet, un événement simplement)
Beaucoup sont venus non pas pour des grands mots comme la défense des valeurs républicaines et de la démocratie mais plus simplement pour dire qu’on ne doit pas être tué pour des dessins. Pas de politique mais de l’humanité.
Le slogan «Je suis Charlie» chacun pouvait lui trouver un sens qui nous convienne. Je suis Charlie parce je défend la liberté d'expression ou parce que je suis un homme concerné par l’assassinat terroriste d'autres hommes dans mon pays. Cela évitait aussi le fleurissement des banderoles X ou Y.

Dimanche, les partis politiques appellent à une marche républicaine excluant au passage un parti (que j’exècre).
I
ls tenteraient ainsi une récupération politique d‘un mouvement qui ne l’était pas qu'ils ne procederaient pas autrement.

Ils n’ont rien compris.

Une marche citoyenne acceptant tous les citoyens, sans organisation par des partis, sans étiquettes ni slogans dignement avec nos élus et ne permettant ainsi aucune récupération par personne, j’aurais marché si j'avais été à Paris.
J'espère que dans les autres villes le "ton" sera différent.
Sinon... dommage.


Off


mercredi 7 janvier 2015

Résignation


"Soumission" est le titre du dernier roman de Michel Houellebecq.
Il joue de ce mot et de ses différents sens:

Ce titre est d'abord la traduction en français du mot  Islam et signifie obéir à Dieu.
Titrer ainsi est logique compte tenu du cadre politique de son histoire et du rapport à Dieu du personnage principal dont il reconnait la puissance mais pas l'amour mais dont il ne peut se passer finalement.

La soumission est aussi une pratique sexuelle mise en mots dans Histoire d'O ou plus récemment dans 50 nuances de Grey mais dans le roman le personnage en a une vision ego-centrée: Recevoir du plaisir de la femme sans avoir à se soucier d'en donner. Il le tente avec ses amies qui le quittent, puis avec des call girls qui font de leur mieux pour le tarif fixé et se résigne à un futur polygame où l’obéissance des femmes lui permettra peut être d’éviter le don de soi.

Enfin la soumission dans une acception plus commune est  l’action de se soumettre, de se rendre, de  capituler après une lutte.
Pourtant point de lutte dans ce livre.

Michel Houellebercq nous décrit en effet la résignation morne d’un intellectuel autocentré, sans désespoir excessif, sans réels plaisirs, qui traîne son ennui interminable.
Pas de lutte de sa part, il a déjà baissé les bras depuis longtemps.
Il ne participe pas à la vie du monde par désintérêt pour ses semblables et n’a même ni le courage du suicide ni celui de la conversion réelle. 


© MIGUEL MEDINA / AFP

Il finit même par collaborer appâté par l’argent et la polygamie.

C’est surtout le portrait d’un homme anesthésié, paresseux de vivre et de risquer l’autre (famille, amis, amour et Dieu).

La trame de l’histoire n’a rien de nouveau dans la littérature et n’est pas sans rappeler « Matin brun ». 
Dans ces pages aussi on sent venir la "catastrophe" et personne ne bouge tant qu’il n’est pas concerné directement. Ça ne vote pas beaucoup non plus. Le résultat tombe et tout le monde s’adapte parce que finalement c’est plus simple, cela évite de se faire des nœuds au cerveau et à l’estomac. 
Mais là où "Matin brun" est un appel à réagir, Soumission est hors sol. Michel Houellebecq n’appelle à rien, il est résigné. Son personnage comme l’étranger de Camus parcourt son époque sans empathie, comme autiste.   
Rien de très nouveau, en somme, si ce n’est le cadre politique, social et moral qu’il  a adapté au temps. 
L'avenir qu'il pense pour l'occident est improbable mais son analyse du présent est assez juste et permet de poser les bonnes questions: Sommes nous aussi autocentrés, désabusés, lobotomisés par la recherche du plaisir et de la consommation? Notre capacité de réaction se borne t'elle à voter FN ou à ne pas voter ? Je pense que nous sommes capables de mieux que cela.

"Résignation" eut été un titre plus juste pour ce roman.

A lire pour comprendre qu'il y a une antidote:  

Risquer l’autre: Famille, amis et les autres, tous les autres et même soi et même l'Autre !

Changer nous même pour changer le présent et l'avenir !