jeudi 4 décembre 2014

Et maintenant où on va ou pourquoi en arrive-t-on à partir faire le Jihad.


Depuis quelques temps, poussée par l’actualité saisissante je cherche à comprendre les ressorts de ces départs  et j’en viens à penser qu’ils ne sont qu’une réponse parmi d’autres au malaise ambiant.

Je viens de lire un article d’Eva Hoffman publié sur le siteProject Syndicate   dont je reprends le postulat de base même si mon analyse diffère de la sienne :
Son postulat : L’homme étant ce qui est, il est sans cesse tiraillé entre son désir de liberté et son besoin de sécurité.
Fromm explique que " les mouvements totalitaires font appel à cette tendance profondément enracinée qui pousse l'homme à fuir la liberté acquise par lui dans le monde moderne. Libéré des liens médiévaux, cet homme n'est pas apte à construire une vie significative fondée sur la raison et sur l'amour et il cherche une sécurité nouvelle dans la soumission à un chef, à une race, à un État. "
Je ne partage pas entièrement son raisonnement qui mène à penser qu’actuellement nous renonçons au libre arbitre par une sorte de paresse intellectuelle et un désengagement individualiste pour échapper à la liberté trop contraignante alors que je pense que nous avons oublié dans nos sociétés démocratiques que le besoin de sécurité vient tout de suite après les besoins vitaux dans l’échelle de Maslow.
Certes nous parlons de sécurité alimentaire, sanitaire etc. mais pour se sentir en sécurité, il faut plus ou plutôt autre chose, l’impression que l’on va dans le bon sens et nous sommes loin d’en être convaincus.

Au Moyen Age on pensait aller vers le royaume de Dieu, la direction était définie.  Plus tard nous avons rejeté cette direction et nous nous sommes concentrés sur le processus (le progrès)  Aujourd’hui nous percevons la direction qu’il implique, qui nous parait inéluctable.
C’est cette  analyse de notre impuissance qui engendre notre anxiété, notre besoin de sécurité.
En effet, si la liberté et notamment individuelle est élevée au rang de valeur fondamentale, nous n’avons pas su répondre au besoin fondamental de sécurité.
En découle un profond sentiment de défiance à l’égard de notre modèle et d’anxiété face à l’avenir.


De plus, comment faire des choix, exercer sa raison et son libre arbitre, quand l’information noie l’information, quand le progrès que nous adulons montre ses limites et sa part d’ombre, quand tout accélère.
Alors chacun se sécurise comme il peut, les uns se noient dans l’hyper consommation, l’hyper activité ou la dépression (Eviter de réfléchir pour éviter l’angoisse), les autres  cherchent un cadre qui les rassurent et qu’ils ne trouvent pas dans notre société de liberté quasi absolue et d' individualiste (Trouver un refuge).

Je ne suis pas d’accord non plus avec sa  conclusion « L'initiation à l'idéologie islamiste doit être contrée par une initiation plus puissante à la culture de la démocratie et de ses valeurs fondamentales – ainsi que par une projection beaucoup plus affirmée de ces valeurs dans notre discours politique. »
Ce n’est pas dans le discours que les valeurs doivent être affirmées mais dans les actes et il faut bien reconnaître que du discours aux actes il y a un gouffre. 
Et plus haut, elle parle de l'ennui généré par la démocratie.  Cet ennui n’est pas généré par la démocratie mais l’absence d’une direction apte à transcender, la sensation d’être un rouage dans une machine qui fonctionne certes bon an mal an mais qui va de l’avant sans direction.  La démocratie n’est pas une fin, elle est un moyen d’organisation mais pour aller où ?

Sommes-nous réduits à éviter de réfléchir ou à confier notre avenir à des « chefs » extrémistes quels qu'ils soient pour conjurer l’anxiété face à l’absence d’une direction, d’un sens ?

mercredi 3 décembre 2014

Une histoire qui peut devenir jolie



Hier @Marietro a lancé un appel à la solidarité sur Twitter.  


Ce n’est pas une « grande cause » juste l’histoire banale de la sœur de son amie atteinte d’une tumeur cérébrale opérable mais qui nécessite un financement impossible pour sa famille dans un pays où les soins ne sont pas pris en charge par la sécurité sociale comme chez nous.
Alors certes on ne peut pas répondre à toute la misère du monde mais on peut faire en sorte que dans son cas cela devienne une jolie histoire qui finit bien. Une histoire vraie de vrais gens qui ensemble derrière leur claviers donnent chacun un petit rien.

Ce matin 45 personnes ont répondu  réunissant déjà plus de 1500 euros ici:  https://www.leetchi.com/c/solidarite-pr-alina 


Depuis quelques jours je tweete sous le hachtag #PartageTonAvent. 
Et si nous allions plus loin que le partage de nos photos de crèches en partageant vraiment notre Avent.
Merci à @Marietro pour son appel qui nous offre ainsi une piste concrète pour faire venir la lumière.

Union de prières


mardi 2 décembre 2014

Ce matin j’avais piscine


50 ans, c’est l’âge ou l’on commence à s’inquiéter pour sa santé.  Les articulations commencent à rouiller, les abdos se relâchent. Rien de grave mais il est temps de se pendre en main.
Il se trouve que j’ai la chance (faut le dire vite) de ne pas travailler et donc de pouvoir allonger à ma guise la phase de démarrage de la journée en traînant sur mon smartphone par exemple.
Aujourd’hui, c’est fini, j’ai piscine !

Dans mes rêves

Petit déjeuner rapide, 
je saute dans mon maillot, 
parée pour le grand bain.
Quand je réalise qu’il me manque un truc idiot :  
le cadenas pour le casier du vestiaire. 
Ni une ni deux, je file en acheter un mais c’est trop tard pour la piscine.

Désœuvrée et peu habituée à être dehors aussi tôt, je ne sais pas quoi faire de ma peau  et  je me dirige vers mon home sweet home un peu déçue.
Mais comme j’étais motivée pour un bon décrassage et un peu d’exercice...

J’ai filé à la messe!


Du coup j’ai revu mon planning de la semaine, un jour pour la piscine, un jour pour la messe parce qu’à 50 ans il n’y a pas que les articulations qui manquent d’exercice.



lundi 1 décembre 2014

#PartageTon Avent


 Le premier dimanche de l’Avent c’était hier. 
C’est parti pour 4 semaines  d’attente de Noël.
Habituellement le dimanche nous participons à la messe de 10h30 mais cette semaine nous n’avions pas le temps car nous avions prévu d’aller au Winter Wonder Land à Hide Park Corner.

Ce fut une journée géniale, des chalets festifs partout. Les uns vendaient les aliments de saison (gingerman sucres d’orge, gaufres, vin chaud), les autres des colifichets, des bonnets, des bougies.  Il y avait aussi d’incroyables attractions (montagnes russes, booster, speed max, air swing).
Il y en avait pour tous les goûts et toutes les bourses.
Il y avait une telle foule lorsque nous avons voulu rentrer chez nous que le métro  avait été fermé pour éviter les bousculades.

Bref une bien belle journée.



Arrivés à la maison nous étions contents mais si fatigués que l’idée de ressortir pour aller à l’église ne nous  réjouissait pas vraiment  et nous avons dû nous mettre des coups de pied au derrière pour ressortir.
Nous avons bien fait car le prêtre  durant son homélie nous a titillé là où cela fait mal avec une petite histoire vraie:

L’an dernier, l’école catho du quartier a organisé pendant l’Avent une crèche vivante.
La dame KT avait bien fait les choses : de beaux décors, de magnifiques costumes, des enfants qui avaient répété longuement le scénario et les chants. Pour plus de réalisme son bébé a tenu le rôle de Jésus, bien sage dans son couffin.
A la fin du spectacle et des tonnerres d’applaudissements, la dame KT est descendue de scène avec les enfants pour les confier à leurs parents. Ceux-ci l’ont remercié à qui mieux mieux pour cette magnifique évocation. Une discussion en entraînant une autre, tout le monde s’est retrouvé autour du buffet, somptueux lui aussi. Une vraie réussite cette petite fête.
Le prêtre s’approche alors de la dame KT pour la féliciter à son tour et  il lui dit « C’est bien de remettre l’enfant Jésus au cœur de l’Avent »
Alors la dame KT blêmit et crie « J’ai oublié le Bébé ! »

Voilà
Faut pas oublier le bébé.





vendredi 28 novembre 2014

Mission Leonetti-Claeys : Wait and see.


Personnellement je n’aurai pas lancé ce débat mais puisque c’est parti, je vais mettre mon grain de sel.

Le rapport de la mission Leonetti-Claeys rejette l’euthanasie : Un acte médical "consistant à ménager une mort sans souffrance à un malade atteint d'une affection incurable entraînant des douleurs intolérables".
Cela engloble donc potentiellement des personnes qui ne sont pas en phase terminale d’une maladie mortelle comme par exemple des handicapés ou  des malades chroniques ou encore des malades atteints de maladies graves mais qui ne sont pas en phase terminale.

Le rapport de La mission Leonetti-Claeys opte pour la sédation terminale : Endormir un malade incurable en fin de vie (c’est à dire alors que le processus de la mort est  enclenché) pour une durée raisonnable (6 à 12 heures)  afin de faire disparaître la perception d’une situation qu’il juge insupportable après une décision conjointe du soignant et du patient.


Si la loi correspond à cela, personnellement je l’approuve et je ne signerai pas l’appel qui tourne en ce moment.

Et à ceux qui me diront qu’il vaut mieux prévenir que guérir, qu’il faut refuser tout pour éviter la suite, je rappelle au passage le point de vuede Mgr Pierre d’Ornellas : «Il faut sortir du faux dilemme entre les partisans pour ou contre l’euthanasie, qui est un dialogue de sourds ! [...]  Rester dans le pour ou contre, c’est prendre en otages les personnes en fin de vie ».

mercredi 26 novembre 2014

Un chat ne fait pas un chien

Que l’on écoute l’applaudimètre au parlement européen ou sur les réseaux,  on en arrive à la même constatation : Nous n’entendons que ce qui nous arrange, nous applaudissons ce qui nous convient.
Ce n’est pas la première fois que je me fais cette réflexion. 
Nous prenons dans ses discours ou ses homélies ce qui nous conforte dans nos opinions et nous n’entendons pas ce qui nous dérange. Parfois pire, nous réécrivons avec notre logiciel interne ses mots pour les faire sonner agréablement à nos oreilles. Ainsi par exemple, le patron de UKIP a retenu du discours du Pape qu’il était  anti Europe !

Je suis d’accord avec Koz et sa critique de notre personnel politique mais je pense qu’il faut aussi écouter ce discours à titre individuel comme François nous y a d’ailleurs engagé au début de son discours au parlement européen : «  je m’adresse à travers vous aux cinq cents millions de citoyens des 28 pays membres. »
Combien de fois nous personnellement trouvons nous ses mots justes et vrais sans en tirer les conséquences dans nos vies ?
Combien de fois nous personnellement faisons le tri entre ce qui qui nous convient et qui donc ne nous demandera pas trop d’efforts et ce qui nous coûterait une telle conversion que nous préférons l’oublier très vite.
Il faut tout prendre, c’est un tout mais qui le fait  vraiment ?
Pas moi.


Pour en revenir aux discours aux instances européennes, j’ai été aussi frappée de ne pas voir grand monde relever que François n’est pas venu pour asséner la vérité mais pour tendre la main et appeler au  dialogue. Il parle même de nouvelle agorà. « Il s’agit d’effectuer ensemble une réflexion dans tous les domaines, afin que s’instaure une sorte de « nouvelle agorà », dans laquelle chaque instance civile et religieuse puisse librement se confronter avec les autres, même dans la séparation des domaines et dans la diversité des positions, animée exclusivement par le désir de vérité et par celui d’édifier le bien commun.»
Renouer le dialogue à l’heure ou nous nous déchirons sur de multiples sujets, à l’heure où les postures l’empêchent.
Personne n’en parle parce que personne ne veut faire cet effort là non plus.
Ok il a bien parlé, maintenant reprenons nos débats qui nous évitent le dialogue que l’on soit membre d’un parlement ou simple citoyen.
Un chat ne fait pas un chien.


mercredi 19 novembre 2014

Dépasser la dose

Cela commence très jeune entre 13 et 16 ans, des jeunes se convertissent à l’islam et se radicalisent rapidement. Mais pourquoi ?
On nous dit qu’ils se convertissent tout seul et se radicalisent tout seuls sur internet.
Alors si en effet, ils ne passent pas par la case mosquée, ils ne découvrent pas l’islam tout seul quand même.
Ils n’ont jamais lu le coran mais fréquentent de jeunes musulmans qui ne l’ont pas lu non plus mais diffusent un mode d’emploi du salut hyper simple : la chahada, le ramadan et le hallal. Ils sont prosélytes ces jeunes qui trouvent sur internet les arguments pour déboussoler y compris des jeunes cathos pas assez formés à leur propre foi pour y rester fidèle. D’ailleurs quand ils se posent des questions sur leur propre foi, c’est sur des sites musulmans qu’ils tombent (même si cela s’arrange depuis un an ou deux).
Environ 80 % de ces jeunes  convertis qui ont sombré dans la radicalisation seraient issus de familles athées et 40 % d’entre eux auraient connu des épisodes dépressifs Lire à ce sujet ici
Je pense en complément que c’est l’âge ou l’on veut appartenir au groupe : alors si le groupe a certaines pratiques, modes, on y adhère pour s‘intégrer.
Bien qu’il soit dans une famille catho pratiquante, le jeune a des amis qui sont :
Soit athées et  ils se moquent de lui qui perd ses dimanches matins à aller à la messe (Non mais allo quoi !) 
Soit musulmans et ils lui disent que c’est bien d’être croyant mais qu’il est dans l’erreur parce que Jésus n’est qu’un prophète et que le salut c‘est l’Islam. Bizarrement, la pratique de l’Islam n’est pas moquée par les jeunes athées qui restent cois voire épatés par les courageux jeûneurs du mois de ramadan.
Pour avoir discuté avec de jeunes cathos, il faut être sacrement ancré dans sa foi pour tenir le coup.


Dans le cas d’un jeune d’une famille athée, c’est sans doute à peu près la même chose. Se convertir à l’islam, c’est s’assurer le respect de ses amis, à condition d’y mettre la dose.
Nous avons aussi les conversions pour se refaire une réputation, quand on a trop déconné. Mais pour celles-ci c’est triple dose.
Dans tous les cas le jeune converti a besoin que cela se voit.
C’est valable pour les garçons comme pour les filles. Il faut que cela se voie, il faut être plus musulman que les musulmans. On passe donc à la tenue islamique, on potasse sur internet (parce qu’à la mosquée ce n’est pas sous-titré, et on n’y comprend rien, et que l’imam est trop progressiste.. hein ?). On devient intégriste ou pire djihadiste si on tombe sur le mauvais reseau. 
Bref on se la joue, on met la dose et parfois on la dépasse et cela finit mal.


PS1 Il y a aussi des jeunes qui se convertissent parce qu’ils ont ressenti un appel divin, mon billet ne vise pas tous les cas bien sûr. C’est le fruit de mes réflexions qui ne sont pas définitives car fondées sur seulement quelques jeunes.


PS2 Je suis prête à en discuter mais je supprimerai tout commentaire qui me semblera phobique.