lundi 21 juillet 2014

Quand même

Se réveiller encore nauséeuse des informations de la veille, 
Savoir d'avance que ce jour sera un autre hier à vomir tout autant.
Ne même pas avoir la force de croire que tout va s'arranger.
Appeler  Dieu, sa colère, son bras de justice.
Lui demander un signe pour pouvoir se lever quand même.

Puis lire:
« Maître, nous voudrions voir un signe venant de toi. » 
Il leur répondit : « Cette génération mauvaise et adultère réclame un signe, mais, en fait de signe, il ne sera donné que celui du prophète Jonas. 
Car Jonas est resté dans le ventre du monstre marin trois jours et trois nuits ; de même, le Fils de l'homme restera au cœur de la terre trois jours et trois nuits. 
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas. 
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que cette génération, et elle la condamnera ; en effet, elle est venue de l'extrémité du monde pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon.


Regarder ce ن (N, Nazoréen, chrétien) mis sur mon mur sur les réseaux sociaux en soutien aux chrétiens de Mossoul qui ont vu cette lettre taguée sur leurs maisons comme un signe infamant et accusateur.

Regarder ce ن et y voir soudain la Lumière (نور, Nour), la Lumière du monde, celle qu'il ne faut pas mettre sous le boisseau.

Se lever parce que le signe a déjà été donné et que faute d'espoir, il y a l'espérance... quand même.
Se lever parce que d'autres ailleurs se lèvent.. quand même.
Se lever parce que la lumière se lève sur le monde... 

Quand même.

mercredi 25 juin 2014

Dans les limites du terrain



Régulièrement les médias font un article sur untel  qui se signe avant de tenter un penalty ou celui  qui se met à genoux et se prosterne après avoir marqué un but.
Quel est le sens de ces gestes. 
Personnellement, je pense que le bon Dieu a autre chose à faire que de s’occuper du score d’un match de foot  mais surtout que l’image que cela renvoie de la religion est celle d’une sorte de superstition avec des gestes grigri.


Les footballeurs comme tout le monde ont certes le droit de témoigner de leur foi mais est-ce la bonne façon et le bon endroit.
Imaginons, un étalagiste qui aurait décroché le prix de l’employé du mois et qui devant ces collègues rassemblés dans le magasin jubilerait en lançant un « Dieu es le plus grand » ou un « alléluia » tonitruant.


Personnellement, les gestes empreints de religiosité sur les terrains me dérangent car il y a aussi comme une surenchère de part et d’autre. Je me signe de la croix, tu te mets à genoux front à terre, je mets un tee-shirt à la gloire du Christ etc.
Certes cela n’est pas interdit par la Fifa et je serai la première à râler si c’était le cas mais je préfère nettement les autres joueurs qui ont aussi la foi mais qui prient dans leur chambre, qui se rendent dans leurs lieux de culte sans le claironner sur les toits et utilisent leurs cachets mirobolants pour soutenir les moins chanceux qu’eux.
Parler de sa foi à un journaliste qui vous interroge pourquoi pas mais dans les limites du terrain, qu’ils jouent au foot.

Non ?

vendredi 13 juin 2014

Parce qu’ils le valent bien


Le chaos fondamentaliste règne sur le Moyen orient. On s’entretue au nom de Dieu.
Les informations nous arrivent en pleine figure et nous tentons de nous faire une idée de la situation, de comprendre, de visualiser.

Imaginer ce que l’on peut ressentir lorsqu’il faut fuir sans rien parce que l’on craint la mort  sans savoir où aller et si cette fuite permettra d’éviter le pire.
Imaginer la vie dans les décombres pris entre deux feux  au quotidien parce que demain est juste une hypothèse.
Imaginer ou tenter d’imaginer l’impossible pour nous qui n’avons jamais vécu la guerre.
Imaginer car lorsqu’on est loin, on ne peut pas plus et c’est si peu.

Mais comment imaginer ce que l’on ressent  dans la tourmente, quand il faut prendre sur soi pour continuer à vivre malgré tout, nourrir sa famille, préserver au mieux ses enfants. Continuer.
Comment imaginer que pour l’immense majorité, la vie continue avec les autres communautés parce que la terreur ne doit pas gagner la bataille et que la haine c’est la vrai défaite.


Alors face aux messages terrifiants, aux images révoltantes, lorsque la colère monte et l’envie de vengeance pointe son nez, j’essaie de m’imaginer la famille de mon ami irakien et celle de mes amis syriens et leur courage quotidien pour continuer, pour ne pas perdre la bataille, la vraie, celle de la résistance à la terreur et la haine.


Je leur prends la main de mon amie, nous buvons un café en esquissant des sourires timides et nous tentons d’être courageuses comme ceux qui sont dans la tourmente en refusant la colère et la haine parce que sur place, ils nous donnent l’exemple du vrai courage et qu’ils valent bien que nous en fassions autant.

mercredi 11 juin 2014

Bon shoot de joie!


Sous Franco, chez le coiffeur pour hommes de mon village en catalogne, les discussions portaient uniquement sur le foot, le sujet qui permettait d’émettre une opinion et de débattre sans risque.
Le coiffeur disait lui-même « aquí estem parlant de la política de futbol i això és tot »*

Plus tard, j’ai vécu en Algérie, les soirs de match, tous les débordements étaient permis sous le regard bienveillant de la police parce qu’il faut bien relâcher la pression de temps en temps et que pendant que le peuple s’occupe de foot, il ne pense pas au chômage, à la corruption et tous ces sujets qui fâchent.

Dessin de Seron
La communion solennelle du foot commence. 
Les français et bien d’autres seront enfin unis devant les écrans et derrière leurs équipes.
Les gamins sans le sous vont idolâtrer le joueur aux pieds d’argent et aux poches d’or.
Les cathos vont guetter Dieu dans tout ça et s’enthousiasmer au moindre signe de croix sur les pelouses.
BeIn va encaisser en France 19 milliards d’euros d’abonnements pour combler les afficionados.

Pendant trois semaines de liesse, on oubliera les favellas, Banghi, Alep, Mossoul, le chômage, les affaires, la chienlit politique nationale et internationale.
Certains appellent au boycott parce qu’il ne serait pas possible de soutenir cet évènement organisé sur fond de répression violente.
C’est  oublier que depuis toujours le foot est le shoot du peuple qui permet de s’évader un moment et que dans bien des endroits c’est le seul rassemblement  possible parce les autres sont interdits.
La violence au Brésil n’a pas commencé avec le mondial et qu’elle continuera après.
Les horreurs et le fric roi vont continuer aussi.
Alors,  bon mondial à ceux qui vont le suivre, prenez un bon shoot de joie pour la suite. Personnellement, je vais attendre la coupe du monde de Rugby en 2015.


Chacun sa dope ...

Et Dieu pour tous :) 


*"Ici nous parlons de la politique du football et c'est tout"

mercredi 4 juin 2014

Le hashtag à mettre en TT

Hier, Le tweet d'un provocateur de 15 ans arrive en TT grâce aux milliers d'indignés affichant à bon compte leur branchitude. Lire ici la recupération branchioulle du Huff.
Super, moi aussi j'ai dit non sur tweeter, je suis bonne et je peux allez me coucher l'esprit tranquille puisque je fait partie du camp du bien.
Vous connaissez ma position sur l'homophobie et en fait, ce n'est pas le sujet de ma mauvaise humeur matinale. Ce qui m'agace, c'est la posture sur les réseaux qui ne renvoie à rien de concret au fond. j'ai twitté, ne m'en demandez pas plus ou alors juste de cliquer sur Avaaz pour montrer mon engagement.

Alors je vous propose un truc sur un sujet pas catho et qui concerne tout le monde: Le Climat






Si votre réaction est de me dire: "Les pétitions et les élections ne sont pas écoutées des "hautes sphères", que peut apporter un jeûne ?" je vous réponds qu'il peut apporter une conversion personnelle sur ce sujet, qu'il peut soutenir ceux qui s'engagent dans les "hautes sphères" et que l'on peut aussi faire un don correspondant à son jeune à une association qui s'engage sur le terrain pour aider ceux qui sont victimes du changement climatique.

Le sommet sur le climat est au mois de mars 2015, cela fait 9 jours de jeune. Alors vous faites ce que vous voulez bien sur mais moi je #jeunepourleclimat le 1 er juillet et les mois suivants.




mardi 3 juin 2014

London calling


Voilà, la nouvelle est tombée !
Depuis deux ans comme de bons petits soldats, nous vivions le célibat géographique. La famille en France et le père, la semaine à Londres et le weekend avec nous.
Deux ans pendant lesquelles nous nous téléphonions trois fois par jour pour ne pas perdre le fil de la vie de l’autre.
Deux ans pendant lesquels, le weekend était une course contre la montre pour faire plein de trucs ensemble.
Deux ans de courage et de fatigue pour ma moitié qui s’est levé à 5 heures tous les lundis pour ne pas partir le dimanche soir mais qui enchaînait directement avec une journée de travail plus une heure de décalage horaire.
Deux ans d’attente pour les plus jeunes de nos enfants qui rêvent de London life.

Bref, c’est fini et c’est génial. A la rentrée nous serons londoniens et surtout ensemble.
Il y a de fortes chances pour que les billets soient moins nombreux  au moins provisoirement et qu’ils vous paraissent avoir un accent moins familier.
Ma douce voix ne sera plus au rendez-vous à la rentrée le jeudi matin sur Radio Notre Dame.
Je ne viendrai plus à la FASM.


Mais j’ai le sourire aux lèvres,  car c’est bien peu tout cela mis en regard avec une vie de famille sous le soleil londonien (Si, il fait beau tous les jours à Londres mais pas tout le temps)
Et qui sait ce que je vais encore inventer pour utiliser au mieux mes journées J

Si vous venez à Londres, il y aura toujours de la place pour vous et nous reviendrons régulièrement dans notre base arrière pour voir nos grands, nos parents et nos amis.

mercredi 28 mai 2014

Oser un regard

J’ai suivi avec attention le voyage du pape en terre sainte. J’ai partagé ses prières au mur qui encercle Bethleem, à celui des lamentations mais aussi auprès des refugiés, au mémorial des victimes du terrorisme et à Yad Vashem. Aucune souffrance n’a été oubliée dans ce pèlerinage.
J’ai noté une petite phrase : "Les blessures que l'on a devraient permettre de regarder avec empathie celles des autres plutôt que de déclencher la colère ou la haine."

Cela parait une évidence et pourtant ce n’est pas le cas. 
Quand les murs barrent l’horizon, il est difficile de voir son frère derrière. 
La prière qui s’élève des deux côtés vers un même Père peut permettre cela. 
Il est symptomatique que François ait glissé le Notre Père dans le mur des lamentations.


Je l’ai regardé prier,  non pas submergé par la souffrance  qui l’entourait, non pas face à un mur inébranlable mais plein d’espérance et de confiance. Pas béat non plus mais avec un regard sérieux sur les souffrances et la foi en une issue possible si chacun regarde l’autre et regarde le Père commun.
Levinas, parlait de l’exigence éthique dans le regard de l’autre.

Certains penseront sans doute que c’est perdu d’avance parce que l’autre ne veut pas, parce que baisser sa garde c’est perdre à coup sûr. D’autres détourneront leurs regards pour surtout ne pas croiser celui d’en face. D’autres encore brandiront leurs martyrs (chacun les siens) pour en faire un mur infranchissable.

Le Pape François nous dit : « Regardons-nous les uns les autres comme Il nous regarde ».

Oserons nous ?