vendredi 28 novembre 2014

Mission Leonetti-Claeys : Wait and see.


Personnellement je n’aurai pas lancé ce débat mais puisque c’est parti, je vais mettre mon grain de sel.

Le rapport de la mission Leonetti-Claeys rejette l’euthanasie : Un acte médical "consistant à ménager une mort sans souffrance à un malade atteint d'une affection incurable entraînant des douleurs intolérables".
Cela engloble donc potentiellement des personnes qui ne sont pas en phase terminale d’une maladie mortelle comme par exemple des handicapés ou  des malades chroniques ou encore des malades atteints de maladies graves mais qui ne sont pas en phase terminale.

Le rapport de La mission Leonetti-Claeys opte pour la sédation terminale : Endormir un malade incurable en fin de vie (c’est à dire alors que le processus de la mort est  enclenché) pour une durée raisonnable (6 à 12 heures)  afin de faire disparaître la perception d’une situation qu’il juge insupportable après une décision conjointe du soignant et du patient.


Si la loi correspond à cela, personnellement je l’approuve et je ne signerai pas l’appel qui tourne en ce moment.

Et à ceux qui me diront qu’il vaut mieux prévenir que guérir, qu’il faut refuser tout pour éviter la suite, je rappelle au passage le point de vuede Mgr Pierre d’Ornellas : «Il faut sortir du faux dilemme entre les partisans pour ou contre l’euthanasie, qui est un dialogue de sourds ! [...]  Rester dans le pour ou contre, c’est prendre en otages les personnes en fin de vie ».

mercredi 26 novembre 2014

Un chat ne fait pas un chien

Que l’on écoute l’applaudimètre au parlement européen ou sur les réseaux,  on en arrive à la même constatation : Nous n’entendons que ce qui nous arrange, nous applaudissons ce qui nous convient.
Ce n’est pas la première fois que je me fais cette réflexion. 
Nous prenons dans ses discours ou ses homélies ce qui nous conforte dans nos opinions et nous n’entendons pas ce qui nous dérange. Parfois pire, nous réécrivons avec notre logiciel interne ses mots pour les faire sonner agréablement à nos oreilles. Ainsi par exemple, le patron de UKIP a retenu du discours du Pape qu’il était  anti Europe !

Je suis d’accord avec Koz et sa critique de notre personnel politique mais je pense qu’il faut aussi écouter ce discours à titre individuel comme François nous y a d’ailleurs engagé au début de son discours au parlement européen : «  je m’adresse à travers vous aux cinq cents millions de citoyens des 28 pays membres. »
Combien de fois nous personnellement trouvons nous ses mots justes et vrais sans en tirer les conséquences dans nos vies ?
Combien de fois nous personnellement faisons le tri entre ce qui qui nous convient et qui donc ne nous demandera pas trop d’efforts et ce qui nous coûterait une telle conversion que nous préférons l’oublier très vite.
Il faut tout prendre, c’est un tout mais qui le fait  vraiment ?
Pas moi.


Pour en revenir aux discours aux instances européennes, j’ai été aussi frappée de ne pas voir grand monde relever que François n’est pas venu pour asséner la vérité mais pour tendre la main et appeler au  dialogue. Il parle même de nouvelle agorà. « Il s’agit d’effectuer ensemble une réflexion dans tous les domaines, afin que s’instaure une sorte de « nouvelle agorà », dans laquelle chaque instance civile et religieuse puisse librement se confronter avec les autres, même dans la séparation des domaines et dans la diversité des positions, animée exclusivement par le désir de vérité et par celui d’édifier le bien commun.»
Renouer le dialogue à l’heure ou nous nous déchirons sur de multiples sujets, à l’heure où les postures l’empêchent.
Personne n’en parle parce que personne ne veut faire cet effort là non plus.
Ok il a bien parlé, maintenant reprenons nos débats qui nous évitent le dialogue que l’on soit membre d’un parlement ou simple citoyen.
Un chat ne fait pas un chien.


mercredi 19 novembre 2014

Dépasser la dose

Cela commence très jeune entre 13 et 16 ans, des jeunes se convertissent à l’islam et se radicalisent rapidement. Mais pourquoi ?
On nous dit qu’ils se convertissent tout seul et se radicalisent tout seuls sur internet.
Alors si en effet, ils ne passent pas par la case mosquée, ils ne découvrent pas l’islam tout seul quand même.
Ils n’ont jamais lu le coran mais fréquentent de jeunes musulmans qui ne l’ont pas lu non plus mais diffusent un mode d’emploi du salut hyper simple : la chahada, le ramadan et le hallal. Ils sont prosélytes ces jeunes qui trouvent sur internet les arguments pour déboussoler y compris des jeunes cathos pas assez formés à leur propre foi pour y rester fidèle. D’ailleurs quand ils se posent des questions sur leur propre foi, c’est sur des sites musulmans qu’ils tombent (même si cela s’arrange depuis un an ou deux).
Environ 80 % de ces jeunes  convertis qui ont sombré dans la radicalisation seraient issus de familles athées et 40 % d’entre eux auraient connu des épisodes dépressifs Lire à ce sujet ici
Je pense en complément que c’est l’âge ou l’on veut appartenir au groupe : alors si le groupe a certaines pratiques, modes, on y adhère pour s‘intégrer.
Bien qu’il soit dans une famille catho pratiquante, le jeune a des amis qui sont :
Soit athées et  ils se moquent de lui qui perd ses dimanches matins à aller à la messe (Non mais allo quoi !) 
Soit musulmans et ils lui disent que c’est bien d’être croyant mais qu’il est dans l’erreur parce que Jésus n’est qu’un prophète et que le salut c‘est l’Islam. Bizarrement, la pratique de l’Islam n’est pas moquée par les jeunes athées qui restent cois voire épatés par les courageux jeûneurs du mois de ramadan.
Pour avoir discuté avec de jeunes cathos, il faut être sacrement ancré dans sa foi pour tenir le coup.


Dans le cas d’un jeune d’une famille athée, c’est sans doute à peu près la même chose. Se convertir à l’islam, c’est s’assurer le respect de ses amis, à condition d’y mettre la dose.
Nous avons aussi les conversions pour se refaire une réputation, quand on a trop déconné. Mais pour celles-ci c’est triple dose.
Dans tous les cas le jeune converti a besoin que cela se voit.
C’est valable pour les garçons comme pour les filles. Il faut que cela se voie, il faut être plus musulman que les musulmans. On passe donc à la tenue islamique, on potasse sur internet (parce qu’à la mosquée ce n’est pas sous-titré, et on n’y comprend rien, et que l’imam est trop progressiste.. hein ?). On devient intégriste ou pire djihadiste si on tombe sur le mauvais reseau. 
Bref on se la joue, on met la dose et parfois on la dépasse et cela finit mal.


PS1 Il y a aussi des jeunes qui se convertissent parce qu’ils ont ressenti un appel divin, mon billet ne vise pas tous les cas bien sûr. C’est le fruit de mes réflexions qui ne sont pas définitives car fondées sur seulement quelques jeunes.


PS2 Je suis prête à en discuter mais je supprimerai tout commentaire qui me semblera phobique. 

mercredi 5 novembre 2014

La lampe sous le boisseau.

English langage below
Je tombe par hasard sur un discours du Pape le 28 octobre
Certes La Croix a fait un article sur ce sujet mais rien dans les autres médias.
Et pour cause. 
La presse nous donne ce qui nous intéresse et ce qui nous permet de nous positionner à bon compte comme des défenseurs du bien.

Le pape qui s’en prend à l’argent roi et à la culture du déchet en présence de Evo Morales fait consensus pour qu’on ne  mette pas son discours en lumière.
Il est casse pied ce pape.
Il nous balance les béatitudes en plein cœur quand nous voulons simplement un smartphone qui nous permette de nous chipoter sur le gradualisme.
Il nous colle sous les yeux Matthieu 25 quand nous préférerions  tweeter sur la couleur des rasoirs.


Il s’en prend au néolibéralisme quand nous nous y complaisons tentant de nous convaincre qu’en triant nos déchets et en envoyant un chèque à une ONG nous en faisons assez.
Il agace la gauche qui a renoncé depuis longtemps à la critique du néo libéralisme pour réduire son discours au libertarisme bobo, il agace la droite qui continue en douce à soutenir le néo libéralisme, il agace tout le monde en fait.
Il appelle à la conversion du système dont nous critiquons les dérives sans vouloir attaquer le mal à la racine parce que bon an mal an nous croyons y trouver notre compte. 
Nous crions haro sur les structures de péché, les deux pieds ancrés dans leur racine.
Il appelle à la conversion mais la souhaitons-nous autrement qu’avec un discours de façade.
Il appelle à la sainteté quand nous nous contenterions d’être de bienheureux consommateurs.
L’argent est roi, nous sommes tous ses serviles et il le dit.
Bref, il met la barre haute et nous préférons passer dessous en brandissant des étendards rassurants  qui nous évitent de la voir.

Et je suis la première concernée. 

The lamp under the bushel basket

I’ve just red a Pope’s 28 October speech.
Only rare articles were written on this subject for good reason .
The press gives us what interests us and what allows us to position ourselves cheaply as defenders of good.


The pope attacking the king money and culture of waste in the presence of Evo Morales make consensus on do not put light his speech.
This pope is breaking up.
He speaks about the Beatitudes when we just want a smartphone that enables us to quibble on gradualism.
He highlights Matthew 25 when we prefer debate on color razors.

He criticizes neoliberalism when we wallow on,  trying to convince ourselves that with our waste sorting and our check sending  to an NGO we are doing enough .
He annoys the left who has given up the critique of neo-liberalism to reduce his speech to libertarianism  he annoys the right who continues to support neo-liberalism. He  annoys everyone in fact.
He calls for the conversion of the system that we criticize the excesses without wanting to attack the problem at its root because year after year we believe we find our account in.
We cry out on the structures of sin, both feet rooted in their root.
He calls for the conversion but do we want more than a speech façade.
He calls to holiness when we confine ourselves to be blessed consumers.
Money is king, all we are serviles and he said it.
In short, he sets the bar high and we prefer to go under, waving reassuring banners that prevent us from seeing it.


And I'm the first in question.