mercredi 28 mai 2014

Oser un regard

J’ai suivi avec attention le voyage du pape en terre sainte. J’ai partagé ses prières au mur qui encercle Bethleem, à celui des lamentations mais aussi auprès des refugiés, au mémorial des victimes du terrorisme et à Yad Vashem. Aucune souffrance n’a été oubliée dans ce pèlerinage.
J’ai noté une petite phrase : "Les blessures que l'on a devraient permettre de regarder avec empathie celles des autres plutôt que de déclencher la colère ou la haine."

Cela parait une évidence et pourtant ce n’est pas le cas. 
Quand les murs barrent l’horizon, il est difficile de voir son frère derrière. 
La prière qui s’élève des deux côtés vers un même Père peut permettre cela. 
Il est symptomatique que François ait glissé le Notre Père dans le mur des lamentations.


Je l’ai regardé prier,  non pas submergé par la souffrance  qui l’entourait, non pas face à un mur inébranlable mais plein d’espérance et de confiance. Pas béat non plus mais avec un regard sérieux sur les souffrances et la foi en une issue possible si chacun regarde l’autre et regarde le Père commun.
Levinas, parlait de l’exigence éthique dans le regard de l’autre.

Certains penseront sans doute que c’est perdu d’avance parce que l’autre ne veut pas, parce que baisser sa garde c’est perdre à coup sûr. D’autres détourneront leurs regards pour surtout ne pas croiser celui d’en face. D’autres encore brandiront leurs martyrs (chacun les siens) pour en faire un mur infranchissable.

Le Pape François nous dit : « Regardons-nous les uns les autres comme Il nous regarde ».

Oserons nous ?

mercredi 21 mai 2014

Encombrants bien encombrants


J’ai regardé hier soir «  La Tragédie électronique » et comme souvent face à ce type de reportage, j'étais scandalisée, la souris de mon ordinateur dans une main et mon smartphone dans l'autre.

"Chaque année, environ 50 millions de tonnes de déchets d’équipements électriques et électroniques sont jetés. On estime que dans le monde développé, environ 75% de ces déchets disparaissent des circuits officiels de retraitement. Une grande partie est exportée illégalement, vers des décharges clandestines en Afrique (Ghana, Nigeria…) ou en Asie (Chine, Inde, Pakistan, Bengladesh…), ou encore en Amérique du Sud."

Comment ?  
Pourtant nous payons l’écoparticipation ! Mais que fait la police ?
Bref l’indignation classique de votre amie Jonastree et comme d’habitude, le sentiment d’impuissance qui va avec.
Mais suis-je si impuissante que cela ?
Dans ma commune, il y a une fois par mois, le jour des encombrants, le jour du grand déballage.

Tout le monde sort la veille au soir sur son trottoir les objets divers qui ne fonctionnent plus. Mais depuis quelques années nos rues se peuplent ce jour-là  de nombreuses camionnettes en maraude. Le matin quand le camion de ramassage de la commune passe, il ne reste rien ou presque.
Les premiers temps, seuls les câbles d’alimentation étaient récupérés mais désormais ce sont les appareils complets qui disparaissent.
Comme tout le monde, j’ai regarde ce ballet sans réaliser sa gravité, ma responsabilité et celle de ma commune.
Ma responsabilité est engagée puisqu’il existe une déchetterie où je peux aller déposer les objets transportables en voiture (écrans, micro-ondes etc) au lieu de les proposer aux filières clandestines sur mon trottoir.
Celle de ma commune aussi en organisant ce ramassage sur les trottoirs à dates fixes. Je ne pense pas qu’il y ait un calcul financier derrière cette organisation mais un manque d’adaptation à ce nouveau marché clandestin.
Fiston qui vit dans une autre ville, doit appeler le service de nettoiement pour qu’ils viennent récupérer les objets non transportables en voiture. Une date lui est communiquée  par téléphone. Cette organisation limite la récupération clandestine.

Alors certes, ce n’est pas grand-chose mais c’est déjà cela.

Et vous quelles idées simples ?

Cadeau bonus, le petit fioretto du pape François: “Si nous détruisons la Création, la Création nous détruira !“

mardi 20 mai 2014

Avancer, c'est mon choix.

Je vais aller voter pour l’Europe.



Une monnaie unique qui protège notre pouvoir d’achat quand certains veulent en sortir et donc amener directement une dévaluation en France de 20 % et donc une perte de pouvoir d’achat d’autant. Rappelons-nous des 3 dévaluations du franc des années 80.

Le grand marché européen au niveau industriel et agricole est une force.

Les normes européennes permettent une harmonisation nécessaire à ce grand marché mais aussi au niveau sanitaire et environnemental.



Cinq candidats au poste de président de la commission proposés par le parlement. Franchement si le Conseil Européen ne suit pas le parlement européen ce sera lamentable d’autant que personnellement je souhaite que l’on aille plus loin avec un président de la commission élu par les citoyens européens.
L’Europe est une force et il faut la développer encore sinon nous reculerons au niveau mondial et national.


Unifier les marchés porteurs d’avenir: Energie, numérique, transport etc. pour avoir une masse critique dans la mondialisation.

Une Europe de l’environnement et du climat car le CO2 ne s’arrête pas aux frontières nationales.

Une solidarité renforcée face à l’immigration illégale, le soutien au développement pour limiter celle-ci et un traitement humain des demandeurs d’asile.

Aller plus loin sur la taxe des transactions financières et sur la surveillance des banques.

Mettre en place un programme de convergence fiscale et sociale sur cinq ans pour en finir avec les distorsions et réduire progressivement les risques de dumping social

L’initiative législative du parlement européen.



Voilà pourquoi et pour quoi je voterai aux élections du parlement européen.

vendredi 16 mai 2014

La boussole, ce mook qui indique le nord quand tout le monde veut aller au sud


Le titre de mon billet résume bien la ligne éditoriale de « La Boussole »magazine- livre bi-annuel qui vient de paraître.


Ce premier numéro est consacré à l'autorité positive. L'autorité par les temps qui courent n'est pas vraiment à la mode et lancer une revue avec un tel sujet peu sembler risqué.
Ce serait oublier le petit mot qui vient derrière le gros mot : positive.
Avec des articles de fond l'autorité positive est déclinée avec les enfants, dans le couple ou encore dans l'entreprise.
On trouve au fil des pages un test à faire et à méditer, une boite à outils de l'autorité en 5 défis, un reportage dans un lycée atypique du 93 et un autre dans une école des parents.

Bref, on lit, on réfléchit et au delà on a des billes pour agir.



Et je ne vous parle pas des albums photos ! Bon si je vous en parle. Ils sont magnifiques et font du bien. Le plaisir de voir du beau qui a du sens.

Pour finir, the BD Notre Dame de Paris dont j'attends la suite même si je connais déjà l'histoire.

Un dernier compliment ?
J'aime le ton, ni racoleur, ni culpabilisant. De la bienveillance et de l'humanisme à toutes les pages.


Si vous avez encore besoin d'un argument pour l'acheter : Ça parle aussi de sexe:)

mercredi 14 mai 2014

Ce que soulève la jupe

L’académie de Nantes* propose une opération « Ce que soulève la jupe » pour sensibiliser les lycéens au sexisme.
L’idée est louable. Qui peut en effet ne pas être favorable à la sensibilisation au sexisme. Les modalités de l’opération sont un peu étonnantes.
Il est proposé aux lycéens et aux lycéennes de  mettre une jupe et du rouge à lèvre ou encore un autocollant stop au sexisme.
L’idée de base est sans doute de faire adhérer les jeunes à l’opération en montant une sorte de grand carnaval joyeux propice à les amener en suite à réfléchir à cette question dans des ateliers.
Immédiatement, certains crient « Halte au gender ! On vous l’avait bien dit »
Personnellement  si je suis dubitative c’est pour une autre raison.


Imaginez que pour monter une opération antiracisme, on demande à nos enfants de se maquiller en noir et de mettre une perruque crépue...

Je comprends bien que l’idée est de proposer aux lycéens de se mettre à la place des lycéennes pour comprendre ce qu’elles vivent. 

Le problème est qu’un garçon déguisé en fille ne comprendra pas ce que vivent les filles parce que les habits ne font pas le moine. Au mieux, ils vont bien rire en entre-regardant leurs mollets poilus.
Au pire, ils vont échanger des remarques salasses et un peu homophobes.

Remarquons que rien ne les oblige à se déguiser, il y a la possibilité d’arborer seulement l’autocollant et je pense que cette solution sera majoritaire.


Cette campagne propose aux lycéens mais aussi aux lycéennes de se mettre en jupe.
Mon adolescente préférée, la mienne, ne va jamais à l’école en jupe, elle ne met pas de rouge à lèvre. Elle, comme ses amies optent pour la tenue passe-partout : jean, pull, chaussures montantes à lacets.
Pour elle aussi, la jupe et le rouge à lèvres, c’est se déguiser.
Elle a intégré très jeune que jupe et rouge à lèvres = problèmes (dans le bus par exemple) et qu’il vaut mieux pour vivre heureuse se fondre dans la masse.
D’une certaine façon, elle a intégré que pour éviter le sexisme, il fallait ne pas être trop féminine.
Cette opération peut donc avoir pour second objectif de montrer aux filles qu’elles peuvent être féminines « sans risque » si les garçons intègrent le fait que la jupe ne fait pas la pute.

Hier, la femme voulait pouvoir choisir entre jupe et pantalon, aujourd’hui elle veut pouvoir porter une jupe sans que cela déclenche harcèlement et remarques insultantes.
Nous en sommes là.


Au-delà du buzz créé par l’affiche, je comprends que le sujet soit abordé dans les lycées où nos enfants passent le plus clair de leur temps.

* l'académie soutient l'initiative de lycéens

lundi 5 mai 2014

Qui suis-je pour juger ?



Je suis profondément triste depuis quelques temps en lisant sur les réseaux les messages des uns et des autres au sujet de l’homosexualité. Chaque article déclenche des tonnes de commentaires dans lesquels transparaissent des blessures et un sentiment d’incompréhension de part et d’autre.
Jusqu’à maintenant j me suis abstenue de m’en mêler mais j’aimerai juste proposer une voie pour permettre de sortir de ces déchirements.
Le pape François qui connait bien la Parole de Dieu a dit : Qui suis-je pour juger ?
En y réfléchissant, cela m’a rappelé les paroles du Christ lorsque l’on interroge à propos de la femme adultère.
Relisons ce texte.
Jésus se rendit au mont des Oliviers. 2 Mais dès le matin il revint dans le temple et tout le peuple s'approcha de lui. Il s'assit et se mit à les enseigner.
3 Alors les spécialistes de la loi et les pharisiens amenèrent une femme surprise en train de commettre un adultère. Ils la placèrent au milieu de la foule
4 et dirent à Jésus: «Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère.
5 Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes. Et toi, que dis-tu?»
6 Ils disaient cela pour lui tendre un piège, afin de pouvoir l'accuser.

Mais Jésus se baissa et se mit à écrire avec le doigt sur le sol.
7 Comme ils continuaient à l'interroger, il se redressa et leur dit: «Que celui d'entre vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle.»
8 Puis il se baissa de nouveau et se remit à écrire sur le sol.
9 Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience ils se retirèrent un à un, à commencer par les plus âgés et jusqu'aux derniers; Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu.
10 Alors il se redressa et, ne voyant plus qu'elle, il lui dit: «Femme, où sont ceux qui t'accusaient? Personne ne t'a donc condamnée?»
11 Elle répondit: «Personne, Seigneur.» Jésus lui dit: «Moi non plus, je ne te condamne pas; vas-y et désormais ne pèche plus.»]


Un peu comme Jésus,  je me sens sommée de condamner pour être en conformité avec la loi et comme lui, je sens le piège.
D’un coté si je ne condamne pas, je me place hors « la loi », d’un autre coté si je condamne, je me place loin de mes frères dans la foi.
Le pape l’a bien compris lui aussi en disant Qui suis-je pour juger ? Tout comme Jésus répond Que celui d'entre vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle.
Il est intéressant de lire la suite aussi. Bien sûr personne n’étant sans péché, personne ne la lapide et nous ?
Je pense que pour condamner un comportement,  il faut soit même être absolument clean sur ces sujets comme sur d’autres et personnellement je m’en garderais bien.
Jésus va très loin, non seulement il ne condamne pas mais il offre la solution : vas- y et ne pèche plus.
Il ne nie pas le péché, mais il ne condamne pas et tends la main.
Bien souvent je me trouve devant mon péché, que je définis comme une blessure dans ma relation aux autres et à Dieu, bien souvent je l’avoue, j’accueille le pardon et je retombe.  Et chaque fois j’entends de nouveau «  vas-y et ne pêche plus ».
Comment pourrais-je en demander plus aux autres qu’à moi-même.
Certains pourraient me dire qu’il n’y a pas péché et qu’en effet nulle part le Christ n’a condamné l’homosexualité.
D’autres reprennent l’ancien testament qui parle d’abomination*
Je pense pour ma part, que dans tout homme et dans toute femme, il y a du bon, moins bon et même du mal et que chacun avec le secours de la prière, de la lecture de la Parole peut discerner ce qui est bon dans ses rapports aux autres et à Dieu.
Je pense qu’il y a des souffrances et joies vraies dans les couples homosexuels comme dans les autres.
Je reprends donc à mon compte le « qui suis-je pour juger » du pape.
J’adhère à la doctrine de l'église parce que je pense en effet qu’elle est bonne pour moi, pour mon couple et ma famille et même pour le monde mais il m’arrive de ne pas la suivre en conscience sur certains points et je ne me sens pas coupable d’un péché pour autant si d’autres éléments entrant en balance me font choisir ainsi..
Je peux ainsi comprendre que d’autres fassent de même.
Certes on peut me rétorquer que je suis relativiste.
Peut-être mais je ne le pense pas si  je ne blesse ni moi, ni ma relation au frère ni ma relation à Dieu qui sonde mon âme et me connait et m’aime.
Je reprends une dernière fois le texte de Jean
Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu.
Je lui fais confiance, au creux de ma prière il sait me dire ce qui me fait avancer vers lui et il est là avec  moi et tous ceux qui le prient.

Alors prions.

*Sont aussi des abominations : Malhonnêteté (Proverbes 12:22: Fierté arrogante (Proverbes 16:05: Ignorance de la loi de Dieu (Proverbes: 28:9 Concevoir le mal et la discorde (Proverbes :6:16-19 )