mercredi 28 mai 2014

Oser un regard

J’ai suivi avec attention le voyage du pape en terre sainte. J’ai partagé ses prières au mur qui encercle Bethleem, à celui des lamentations mais aussi auprès des refugiés, au mémorial des victimes du terrorisme et à Yad Vashem. Aucune souffrance n’a été oubliée dans ce pèlerinage.
J’ai noté une petite phrase : "Les blessures que l'on a devraient permettre de regarder avec empathie celles des autres plutôt que de déclencher la colère ou la haine."

Cela parait une évidence et pourtant ce n’est pas le cas. 
Quand les murs barrent l’horizon, il est difficile de voir son frère derrière. 
La prière qui s’élève des deux côtés vers un même Père peut permettre cela. 
Il est symptomatique que François ait glissé le Notre Père dans le mur des lamentations.


Je l’ai regardé prier,  non pas submergé par la souffrance  qui l’entourait, non pas face à un mur inébranlable mais plein d’espérance et de confiance. Pas béat non plus mais avec un regard sérieux sur les souffrances et la foi en une issue possible si chacun regarde l’autre et regarde le Père commun.
Levinas, parlait de l’exigence éthique dans le regard de l’autre.

Certains penseront sans doute que c’est perdu d’avance parce que l’autre ne veut pas, parce que baisser sa garde c’est perdre à coup sûr. D’autres détourneront leurs regards pour surtout ne pas croiser celui d’en face. D’autres encore brandiront leurs martyrs (chacun les siens) pour en faire un mur infranchissable.

Le Pape François nous dit : « Regardons-nous les uns les autres comme Il nous regarde ».

Oserons nous ?

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