jeudi 3 avril 2014

Tendre la fesse gauche ?



Je lis depuis quelques temps des articles ou des billets de blog sur le harcèlement que subissent les femmes dans l’espace public et je me décide à en parler à mon tour.
Dénonciation de cette situation, témoignages chocs sur les conséquences pour la femme mais même sur Wikipedia, aucune étude sur les causes.

Qu’est ce qui ce passe dans le cerveau du harceleur ?
Un homme voit une femme dans la rue et ressent du désir pour elle. Cela se produit sans que la femme ait fait quoique ce soit pour.
Le fait qu’elle ait déclenché ce désir, équivaut dans sa tête au fait qu’elle en en est responsable et qu’elle a du même coup une obligation envers lui, celle d’assouvir son désir.
Si elle ne répond pas favorablement à ses avances, elle le frustre sans raison valable pour lui et n’est donc qu’une salope.
A aucun moment, il ne réalise que son désir c’est son problème à lui et qu’il doit le gérer seul.
Alors pourquoi certains hommes ont ce schéma mental ?
Parce qu’ils ne sont pas éduqués au respect de la femme  et qu’ils se lâchent dans l’espace public qui est pour eux une zone de non-droit ou plutôt une zone ou la femme seule est offerte en self-service, un bien public puisqu’elle n’est à aucun mâle.

Comment faire alors pour les ramener à un comportement civilisé ?

Ma fille et ses copines ont un truc imparable : 
Se racler la gorge, renifler bruyamment et cracher un gros mollard.

Ou encore se curer le nez, examiner le fruit de l’exploration et le manger

La meilleure? Se gratter ostensiblement sous l’aisselle et roter.

Bref couper la « libido de m… des mecs en mode chien » comme elles disent.

Et ça marche !

En tout cas, pas question de tendre la fesse gauche et de leur laisser la maîtrise de l’espace public. 



Mesdames et mesdemoiselles, sortez toutes! 
Habillez-vous comme vous voulez.

 On les noiera par le nombre  :)

9 commentaires:

  1. Ce billet est assez drôle, mais pour un garçon, lire ça, ça laisse un peu... songeur...
    Parce que le désir suscité par la fille dépend en partie de sa tenue, et qu'elle est donc en partie responsable. Autant par sa tenue que par son attitude d'ailleurs.
    Certaines façons de s'habiller et de se comporter font tout pour provoquer cette, je cite: "libido de m... des mecs en mode chien".
    Et c'est là où il faudrait sortir d'une vision où la responsabilité est à 100% celle du garçon (pour sortir du problème, il suffirait que les hommes soient éduqués au respect des femmes) ou à 100% celle de la fille (pour sortir du problème, il faudrait que les femmes se couvrent en noir des pieds à la tête).
    La réaction des jeunes filles est amusante parce que finalement, elles rattrapent sur le comportement ce qu'elles pouvaient avoir perdu (peut-être) sur la tenue (encore que certains garçons se comportent effectivement comme des chiens).
    Quand elles mettent certaines tenues vraiment aguicheuses (habillez-vous comme vous voulez...), les filles ne se rendent pas compte (ou trop compte) de l'effet qu'elles font sur les garçons. Effet dont elles sont en partie (et en partie seulement, mais tout de même...) responsable. Il y a des filles qui ne sont jamais embêtées dans l'espace public. Ca pourrait valoir le coup de se pencher vers elles...

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    1. Personne ne reproche aux hommes d'éprouver du désir. Devinez quoi : il arrive aux femmes aussi de se sentir attirées par un homme dans la rue, dans le métro ou ailleurs, il n'a même pas besoin d'être en marcel et caleçon pour ça ! Pourtant elles semblent capables de s'empêcher de crier "beau cul", de draguer de manière insistante quand le gars ne veut pas ou de mettre carrément la main aux fesses ou au paquet convoité.
      Ce qu'on reproche à certains hommes, ce n'est pas le désir éprouvé, c'est de ne pas savoir se tenir à partir du moment où ils éprouvent du désir. Nuance importante, me semble-t-il.

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  2. Cher Choshow, je pense aussi que certaines filles ne se rendent pas compte que leurs cuisses à l'air ou leur décolleté sont des appeaux à toutous, mais il y a aussi des filles qui se font harceler avec des sacs à patate sur le corps... Le problème est donc bien de savoir se maîtriser. Pour reprendre je ne sais plus quel philosophe, "nous sommes des animaux, mais on n'est pas des bêtes". Et je sais de quoi je parle : je ne porte jamais de jupe au-dessus du genou, j'ai toujours la gorge couverte (frileuse), et pourtant... Avoir peur lorsqu'on se promène dans la rue, du simple fait que l'on soit une fille, et quelle que soit notre tenue, ça fait vraiment suer.

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  3. @choshow, Non pour le harceleur, le désir n’est pas suscité par la tenue de la fille mais par le fait qu’elle est une femme dans l’espace public.
    Pour avoir vécu dans des pays ou les femmes sortent dans des tenues plus que décentes, je peux vous assurer que cela ne les empêche pas d’être harcelées.
    Donc je maintiens que la responsabilité est 100 % du côté du harceleur et je pense que le fait de dire que les femmes sont quand même un petit peu responsables est une des raisons qui fait que cette mauvaise éducation perdure.
    Par votre discours vous cautionnez l’affirmation harcelée=qui cherche.
    Se pencher sur les femmes qui ne sont pas ennuyées dans la rue ? 99 % de 811 femmes interrogées ont déclaré avoir subi une forme de harcèlement dans la rue, notamment des regards insistants (99 %), coups de klaxons et sifflements (95 %) et commentaires sexistes (87 %) http://www.stopstreetharassment.org/resources/statistics/

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  4. @Anna: Je suis entièrement d'accord avec vous, et je ne nie en aucune façon que certains hommes ne savent pas se tenir, ni que des efforts en matière d'éducation des hommes doivent être menés.
    @Anonyme: Je reste convaincu que votre tenue vous fait rencontrer moins de problèmes que si vous vous habilliez différemment, et que vous avez plus de raisons qu'un garçon d'avoir peur dans la rue. Mais je dois bien vous avouer que dans certains coins, quand je me balade dans la rue, je fais pas le fiérot. Et si j'ai de bonnes raisons d'avoir peur, je comprends qu'il y en ait plus pour les filles.
    @Valérie: Réduire la capacité de faire éprouver du désir au fait d'être une fille, ça me semble un peu léger. Si certains garçons courent après tout ce qui bouge, vous aurez aussi des garçons qui n'accostent que celles en tenue plus légère, et d'autres encore uniquement celles qui sont vraiment dans des tenues particulièrement aguicheuses. La première catégorie de garçons, celles de ceux qui courent après tout ce qui bouge, est effectivement pleinement responsable (en tout cas, c'est pas vraiment la fille qui est responsable). Mais pour les deux autres, et plus on se retrouve avec des filles en tenues disons... légères... et plus la responsabilité des filles est engagée.
    Quant à votre sondage, vous oublié de préciser le contexte. Si vous prenez les 808 femmes interrogées qui déclarent avoir été harcelé, vous aurez un magnifique 100% de femmes harcelées!!! Plus sérieusement, les pourcentages sont déprimants, mais ne sont "que" de 80% au Canada en 94, 87% aux States en 2000, 70% en Chine en 2002, 83% en Egypte en 2008... vous avez aussi un intéressant en Corée, avec 43% de personnes "harcelées" (harassement) dont 79% de femmes. Tout ça pour dire que vous pouvez pas vous limiter à un sondage. Donc vous aurez bien (même aux Etats Unis où sont trouvées ces 99% de femmes harcelées qui ont répondu en ligne, avec tout ce qu'il y a de biais dans un sondage en ligne (où ce seront plus celles qui ont été harcelées qui répondront). Donc vous trouverez aisément de très nombreuses femmes qui n'auront pas été harcelées! ^^ Mais pas via un sondage en ligne de ce genre. Je vous laisse fouiller dans le site que vous m'avez donné!

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  5. @Choshow
    D'abord le scoop: Non seulement je sais lire, mais je sais aussi mettre un lien pour indiquer mes sources et permettre au lecteur d'en voir les limites comme un grand.
    Puis le décryptage. Vous écrivez: "La première catégorie de garçons, celles de ceux qui courent après tout ce qui bouge, est effectivement pleinement responsable (en tout cas, c'est pas vraiment la fille qui est responsable)"
    En effet le harceleur est bien dans cette catégorie et je trouve intéressant que même dans ce cas, vous trouviez une petite part de responsabilité à la femme. Pas vraiment = Quand même un peu.
    Vous écrivez aussi: "Mais pour les deux autres, et plus on se retrouve avec des filles en tenues disons... légères... et plus la responsabilité des filles est engagée."
    Donc, elles l'ont bien cherché. Je pense personnellement, que non. On peut désapprouver leur habillement, mais il ne justifie en rien le harcèlement sinon demain, nous trouverons normal qu'une femme en jupe soit harcelée puis après demain qu'une femme en pantalon slim, le soit etc.
    Quand j'étais jeune fille (il y a environ 30 ans), jamais un homme ne se serait permis ce genre de comportement et pourtant les jeunes femmes, dont moi, n’étaient pas habillées en nonnes. Le facteur déclencheur de cette évolution dont je situe le début dans les années 90 ? Je ne le connais pas mais j'ai quelques pistes.
    L'hyper-sexualisation de la société accompagnée de la banalisation de la femme objet dans les médias et la publicité a augmenté la frustration masculine. Dans le même temps, l'individualisme de plus en plus prégnant qui mène chacun au désir d’assouvir ses propres "besoins" sans se soucier de ceux des autres, parce qu'il a bien le droit non? Et pour finir, un retour apparemment paradoxal de la pudibonderie concernant la femme dans l'espace public qui permet de justifier le harcèlement de rue.
    Pour finir, accoster une femme dans la rue n’est pas du harcèlement à moins que accoster signifie non pas dire bonjour et ne pas insister si la femme ne répond pas mais plutôt l’interpeller en la tutoyant, ne pas tenir compte de son refus de répondre et finir par l’insulter ou encore l’insulter directement.
    Heureusement, de nombreux garçons bien éduqués connaissent la nuance.

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    1. Je vous présente mes excuses pour votre lien, mais je pense que c'est lorsqu'on donne un lien qu'on peut poser soit-même les limites, ou en indiquer certaines, parce que selon votre définition du harcèlement, c'est difficile à digérer le fait de considérer que 99% des femmes sont harcelées. C'est exagéré.
      Sinon, je suis convaincu que vous avez des harceleurs qui se trouvent dans "ma" deuxième et troisième catégorie, et qui harcèlent de façon plus ponctuelle. Et pour en revenir à la responsabilité, c'est pas vraiment celle de la femme, c'est plutôt (pour vous citer en vrac) celle de l'hyper-sexualisation de la société (dont d'autres femmes et surtout des hommes sont responsables), la femme objet, la publicité, l'individualisme, et vous ne le citez pas, mais aussi la pornographie. Donc ce n'est pas vraiment la femme harcelée qui est responsable, mais plutôt d'autres personnes, de façon indirecte (à travers la société).
      Et pour l'habillement, il ne justifie pas, il explique. Et en partie seulement d'ailleurs, mais il est bien dans certains cas une cause. Le voir comme tel, c'est pouvoir dans certaines situations agir dessus. Et aucunement légitimer l'acte! Ce n'est pas "normal" (sauf si la norme devient le fait d'être un harceleur, mais ce serait vraiment dommage), c'est compréhensible, dans le sens où on peut comprendre que ce facteur joue son rôle. Et pas plus. Et il ne faudrait pas passer d'une explication à une justification pour descendre la pente que vous décrivez, où finalement, il faudrait mettre toutes les femmes sous un grand voile noir et les emprisonner à la maison.
      Je trouve dommage que dans votre commentaire, vous trouviez plein de causes au phénomène de harcèlement de rue (causes avec lesquelles je suis tout à fait d'accord) et que dans votre billet vous limitiez la cause à la seule éducation des hommes au respect de la femme. D'ailleurs, en y réfléchissant, on peut trouver encore quelques autres causes supplémentaires qui rejoignent les autres, dont l'éclatement de la famille avec tous les troubles qu'il génère, et le rapport des personnes envers les autres qui ne se voient plus qu'à travers le prisme de l'utilitaire (qu'est-ce que cette personne peut m'apporter) plus que celui de voir en toute personne... une personne, digne d'être respectée. Et puis quelques mythes comme celui qu'on a le droit de faire n'importe quoi, ou que les hommes ont des besoins qui doivent à tout prix être satisfaits (comme si ce n'étaient que des bêtes).
      Malheureusement, il n'y a pas besoin de beaucoup de garçons mal éduqués pour harceler un très grand nombre de filles.

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  6. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  7. Et si le cocktail du parfait harceleur était composé d'un mix de tous les éléments précités ici ?

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