mercredi 5 février 2014

Touche moi



Si vous avez raté l’émission infrarouge « Français d’originecontrôlée » vous avez raté des témoignages très intéressants de français ayant eu 18 ans dans les années 80, comme moi.
Leur parcours du « Je t’aime France, aime moi » au « Je serai toujours un bougnoule pour vous » me peine d’autant plus que j’ai vécu la même vie qu’eux, à côté d’eux sans sentir à quel point c’était dur. 
Au collège, à Trappes, dans ma classe la majorité des élèves étaient originaires de Bretagne ou du Portugal, les autres étaient originaires d’Afrique du nord et tout le monde participait au bal breton annuel. Personne n’aurait eu l’idée de faire un bal portugais ou kabyle. Avec le recul, je le regrette car chacun a droit d’être fier de ses origines.

Plus tard, à l’université, nous avons été trois à choisir le droit. Magid, Jocelyne et moi. Nous nous retrouvions dans les transports en commun pour aller à Assas ensemble. De temps en temps, Magid, très pudiquement nous faisait part de ses difficultés « intégration » mais je ne voyais pas le problème n’ayant pas ce problème et surtout ne comprenant pas qu’il y avait un problème.
Les ratonnades faites par certains "étudiants" m'ont remis les pendules à l'heure et j'ai arboré la petite main jaune sans voir que je me donnais bonne conscience facilement.
Vous avez vu, moi je défends les victimes du racisme hein?

Quand j’ai entendu les témoignages durant cette émission, je me suis dit-il manque quelque chose. 
Cela ne peut pas finir sur une telle désespérance.
La république a raté une occasion de réussir l’intégration mais est-ce irrémédiable ?
Je veux croire que non.
Encore faudrait-il tous regarder l’autre non pas comme une menace mais comme un frère. Encore faudrait-il regarder l’autre en fait et se laisser toucher.

Touche moi.

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