mardi 21 janvier 2014

Contre oui, mais contre quoi?



Je viens de lire la prose de Francis Kaplan qui fait la différence entre « être vivant » et être « un être vivant ».  Cette nuance permet selon lui d’admettre l’avortement dans la période où le vivant n’est pas suffisamment un être vivant c’est-à-dire qu’il n’a pas encore d’activité cérébrale (premier trimestre).

Mais pour moi cette vie qui n’est pas encore un être vivant est déjà une personne humaine.
J’ai fait une fausse couche au premier trimestre d’une de mes grossesses et c’est bien une personne que j’ai pleuré alors même que je n’avais pas "prévu" cette grossesse.
Je n’ai pas envie de rentrer dans cette querelle de la date à laquelle un avortement c’est tuer parce que pour moi vous l’aurez compris, dès qu’il y a vie la question ne se pose pas.
Je suis bien consciente que mon point de vue est lié à ma foi et au respect que j’ai de la vie, de la naissance à la mort.

C’est une conviction très forte pour moi mais ...

Je me souviens des femmes qui avortaient clandestinement avant la loi Veil et c’est ce qui motive mon approbation de cette loi même si jamais je n’envisagerai l’avortement à titre personnel.
J’entends aussi les femmes qui ayant avorté regrettent de ne pas avoir pu continuer leur grossesse parce qu’elles n’ont pas été soutenues par leurs proches et le père, parce que leur situation économique, sociale et familiale ne leur permettait pas d’envisager une naissance.
Je pense personnellement que le vrai scandale est là et que revenir sur la loi pousserait ces femmes non pas à poursuivre leur grossesse mais à tomber dans les mains de bouchers mafieux.
Je sais bien que certains me diront que des femmes avortent sans raison valable. Peut-être mais personnellement je n’en connais pas et je pense qu’elles sont une minorité.

Reste le sujet des avortements thérapeutiques. A nouveau, je ne le ferais pas mais je suis consciente aussi que tout dans la société pousse vers cette solution. La vie des personnes handicapées et de leur famille est un parcours du combattant pour ne pas dire un calvaire.
Pour conclure, ce bref billet, je dirai que si tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes, toute femme pourrait poursuivre sa grossesse à son terme sans problèmes. Mais comme ce n’est pas le cas, je préfère l’avortement légal aux faiseuses d’anges.


La notion de détresse vient d'être rayée de la loi. 

Soit, mais cela ne la rayera pas de la vie des femmes malheureusement.
Etre contre l’avortement pour moi, c’est être contre tout ce qui y mène et surtout cette détresse que l’on veut nier faute de la traiter.

C’est utopique peut être mais au quotidien, auprès des femmes de notre entourage et même plus loin, on peut s’engager pour qu’elles ne se retrouvent pas dans cette situation.


Ps: une ptite pensée pour celles qui voudraient bien avoir un enfant et qui ne peuvent pas. Je sais bien que l'un ne compense pas l'autre mais cette actualité ne doit pas être simple pour elles.

1 commentaire:

  1. Merci de dire si bien ce que je pense depuis des années. J'aurais pu écrire exactement la même chose.

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