mardi 31 décembre 2013

Bonne année 2014



Plus que des voeux, une exhortation, une prière et surtout une volonté d'agir au quotidien.

Là où est la haine, que je mette l'amour.
Là où est l'offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l'union.
Là où est l'erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l'espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

Voilà le programme


Je vous souhaite une bonne année 2014 !

mercredi 18 décembre 2013

Survivre dans la dignité


Alors que plus de 2,3 millions de réfugiés ont fuit la Syrie, la France a décidé d'en accueillir… 500 qui ne sont d’ailleurs toujours pas sur notre sol.
En France, nous sommes en train de débattre sur la dignité de la mort quand eux luttent pour la dignité dans la survie;
Amnesty International appelle les dirigeants européens « les apathiques »  et je suis d’accord.


Quand il s’agissait d’aller porter le feu en intervenant militairement, la France était prête à dépenser plus de 300 millions d’euros comme en Libye.
Pour les 2,3 millions de réfugiés dont certains depuis 1000 jours, la France a promis 180 millions sur place et c’est tout.


Alors, on ne parle plus trop de la Syrie, on essaye d’oublier les réfugiés, on se rassure sur notre capacité à être la patrie des droits de l’homme en intervenant militairement en Centre Afrique.
Bref, nous avons bonne conscience, et nous nous occupons de notre mort et de son esthétique au lieu de nous mobiliser sur celle faite de sang et de larmes mais qui n’est pas la nôtre.
D’un coté le droit au choix et de l’autre l’obligation du non choix.
Alors certes, vous me direz que les deux situations n’ont rien à voir et pourtant.
Nous sommes plus préoccupés par nos souffrances que par celles des autres, par notre mort que par celle des autres et c’est bien triste. 
Un nouveau réfugié syrien toute les 17 secondes.
Jésus serait certainement né aujourd'hui au milieu d'eux. 



mardi 17 décembre 2013

Digne d'être vécue


L’agonie nous glace. Il nous faudrait une mort esthétique où l’on passe directement de la vie au masque maquillé et apprêté du corps embaumé, sans morve, sans bave, sans cris, sans spames, comme on s’endort.

La déchéance physique et psychique nous révolte car elle nous met face à nos limites humaines.

Et si au-delà du débat actuel, une mort dans la dignité était une mort digne d’être vécue.

Digne d'être vécue parce qu’entourée d’un amour qui voit derrière l’agonie et la déchéance, la personne digne d'amour encore et toujours.

Allez cadeau :)







vendredi 13 décembre 2013

La désincitation et moi



Comme je suis du genre à vérifier les informations, je viens de finir la lecture des 178 pages du rapport Lemiére : « L’accès à l’emploi des femmes : une question de politiques trois petits points ».
En résumé :
L’emploi des femmes est lié à la croissance donc augmentons  l’emploi des femmes pour augmenter le PIB !!! L’histoire de l’œuf et la poule mais dans ce cas je reste perplexe sur l’origine et la conséquence.
Les inégalités homme- femme face à l’accès à l’emploi sont dues :
Au fait que les femmes et les intermédiaires d’emploi s’autolimitent dans leurs options d’employabilité et surtout les femmes les moins diplômées. Mais pourquoi mesdames n’essayez-vous pas de vous faire embaucher comme soudeur ferrailleur sur un chantier ? Pour peu que vous ayez les forces physiques pourquoi pas en effet. Pourquoi postuler comme fleuriste quand vous pourriez être employée aux espaces verts. Après tout c’est de la manipulation de fleurs dans les deux cas. Mesdames si vous ne trouvez pas de travail c’est parce que vous vous autolimitez.
Au fait que les femmes ont des carrières non linéaires à cause de leur manie de vouloir non seulement enfanter plus d’un enfant mais aussi garder leurs enfants les premières années. Mettez vos enfants à la crèche qui saura élever vos enfants aussi bien que vous et fissa au boulot car bien évidemment il y a des places de crèche pour tous et pour toutes les bourses.


A partir de 3 enfants, de nombreuses femmes disparaissent de l’emploi et du chômage aussi. Quelle horreur, elles disparaissent du monde du travail, elles deviennent des femmes au foyer qui ne demandent rien à l’état.

Là je me permets de faire une petite digression personnelle.
J’ai personnellement  arrêté de travailler à la naissance de mon quatrième enfant. Mais quelle idée aussi de faire quatre enfants et qui plus est pas par accident mais par choix !
J’ai donc arrêté de travailler mais j’ai consacré mes journées entre 13h00 et 16h30 à des activités de bénévolat social avec mon bébé sous le bras. Quand tout le monde a été scolarisé, j’ai travaillé de nouveau mais à l’étranger. J’ai donc disparu 14 ans des statistiques. Je suis devenue invisible selon ce rapport et pourtant.



A mon retour en France, à 46 ans, j’ai naïvement cherché pendant deux du travail dans mon secteur d’activité sans m’inscrire au pôle emploi  puisque de toute façon je n’avais droit à aucune allocation.
Puis, j’ai renoncé, j’ai ravalé ma fierté mal placée et je coche la case mère au foyer  faute de mieux sur les formulaires alors que mes enfants sont autonomes.
Quand je lis qu’il faut me « désinciter » financièrement au non travail je grince des dents.

Premièrement parce que je n’ai pas choisi de ne pas travailler depuis 3 ans, deuxièmement parce que bien que « mère au foyer », mon activité non lucrative est utile et à temps plein entre la coordination du KT et la com de ma paroisse, le soutien que j’apporte à plusieurs personnes et tout un tas de trucs gratuits.
Alors plutôt que de me « désinciter », faire en sorte de faire revenir la croissance me semble plus utile.
Je reprendrais avec entrain le chemin du travail rémunéré si cela devient possible  d’autant que j’ai encore 20 ans d’activité possible devant moi.
Le frein au travail dans mon cas,  c’est la politique inefficace de ceux qui ont commandé ce rapport.
Qu’ils se mettent au travail pour relancer l’économie et j’irai aussi.

jeudi 12 décembre 2013

Mind the gap



Dans les années 70, l’échelle des salaires dans les grands groupes était de 1 à 40 aujourd’hui 1 à 572.
Daniel Cohen dans l’émission Mots croisés explique que dans les années 80, la révolution financière a sorti du salariat les cadres dirigeants des grands groupes avec notamment les stocks options  pour les amener à être plus proches des actionnaires que des salariés.
Leur salaire n’est pas indexé sur la grille des rémunérations des salariés mais sur la bourse qui a augmenté dans les mêmes proportions.

L’autre point qu’il souligne est qu’il n’y a pas de lien en leur rémunération et la performance de leur entreprise car  200 personnes s’auto recrutent et se fixent entre elles leurs rémunérations au sein des comités de rémunérations.

Bien souvent ce qui choque ce n’est pas tant l’écart que le manque de solidarité des dirigeants en temps de crise.
On le dit peu mais  la rémunération moyenne des PDG du CAC 40 était de 4,1 millions d'euros par an en 2010 alors qu’elle atteignait les 6 millions d'euros au début des années 2000.  La part variable tant « indexée » sur les résultats de l‘entreprise, elle a donc été impactée par la crise. Leur part fixe a été gelée le plus souvent aussi ces dernières années. Voir par exemple le cas du PDG de Danone qui est passé de 4,2 millions en 2008 à 2,4millions en 2012.


Alors que faire pour limiter les abus comme par exemple l’augmentation d’un bonus quand dans le même temps l’entreprise a de mauvais résultats ?

Légiférer sur un salaire maximum serait contre-productif car les rémunérations seraient alors versées ailleurs. Les entreprises déménageraient leurs sièges.
Une option plus réaliste et plutôt gaulliste serait de faire entrer des représentants du personnel au conseil de rémunérations comme ils sont rentrés au conseil de surveillance des sociétés.
Il est possible aussi de mettre en place comme cela se fait en Grande Bretagne ou aux Etats Unis le « say on pay » c’est-à-dire un vote consultatif des actionnaires sur la rémunération du PDG et son évolution.


La transparence vis-à-vis des salariés et des actionnaires est sans doute la meilleure garantie contre les abus.

Quoiqu’il en soit, les patrons du CAC 40 sont 40 et l’immense majorité des patrons sont dans des entreprises  où l’échelle des salaires est plus resserrée.
 En 2008, le salaire moyen des dirigeants d’entreprise atteint 61 300 euros, soit 5 108 euros mensuels. Rapport de 1 à 4
De 20 à 49 salariés, le salaire du patron s’élève à 6 733 euros. Rapport de 1 à 5
Après 50 salariés, cela monte à 10 942 euros. Rapport de 1 à 8
Au-delà de 250 salariés, on arrive à une moyenne de 17 475 euros mensuels. Rapport de 1 à 13.

Le problème des énormes écarts de salaire est donc une goutte d’eau mais elle fait du mal à l’ensemble des patrons qui souffrent d’une image déplorable dans la société française.

Personnellement, je pense que le problème est plutôt celui des bas salaires. Il est aberrant de voir en France des gens qui travaillent et qui n’arrivent pas à subvenir aux besoins de leurs familles.

Tout travail mérite un salaire qui permet de vivre, c’est là l’enjeu.
La rémunération est l'instrument le plus important pour réaliser la justice dans les rapports de travail. Le « juste salaire est le fruit légitime du travail »; celui qui le refuse ou qui ne le donne pas en temps voulu et en une juste proportion par rapport au travail accompli commet une grave injustice (cf. Lv 19, 13; Dt 24, 14-15; Jc 5, 4). Le salaire est l'instrument qui permet au travailleur d'accéder aux biens de la terre: « Compte tenu des fonctions et de la productivité de chacun, de la situation de l'entreprise et du bien commun, la rémunération du travail doit assurer à l'homme des ressources qui lui permettent, à lui et à sa famille, une vie digne sur le plan matériel, social, culturel et spirituel ». CDSE 302


Alors comment faire pour relever les bas salaires  et surtout en temps de morosité économique, peut être le revenu de base. je vous renvoie à ce sujet à un article des cahiers libres 

mercredi 11 décembre 2013

Chroniques du supermarché.



Il y a quelques temps je vous parlais de la dame du supermarché ici
Je reviens dans ce lieu aujourd’hui pour vous relater une petite pépite d’humanité recueillie hier.
Retour à la caisse, cette fois devant moi une dame qui veut régler ses courses avec deux tickets restaurant.
Savez-vous que ces tickets prévus pour le repas de midi des salariés servent  souvent à des parents pour les achats du repas du soir en famille ?
Savez-vous que des parents qui travaillent se privent de repas le midi pour nourrir leurs enfants le soir ?
La dame  sort donc ses deux tickets restaurant et rebelote, le montant de ses achats dépasse un peu la valeur de ses tickets. La caissière lui demande si elle peut compléter.
Et non.


Nous sommes le 10 du mois… Sur le tapis, des yaourts, des œufs, du lait, des pâtes, du riz, pas de  fruits ni de légumes et pas de viande non plus.

La caissière  lui dit alors, « c’est bon, je compléterai de ma poche ». La dame remercie doucement et part.


Devant moi, il y a un encore un jeune garçon venu acheter des œufs avec une pièce.  Et là encore il manque quelques centimes.
La caissière me regarde comme pour me prendre à témoin. Elle a un grand cœur et juste un smic à temps partiel. Elle ne peut pas prendre sur elle tous les malheurs du monde.
Message reçu, c’est mon tour, je complète.

J’ai lu dans la Croix que le microdon faisait son apparition en France, j’ai lu aussi que des commerçants suspendaient leurs baguettes et leurs cafés.
Ce n’est pas grand-chose mais c’est bon.


En attendant, merci à la caissière pour cette pépite d’humanité qui me rappelle ça.
"Et s'étant assis devant la salle du trésor, Jésus regardait comment la foule déposait des pièces de bronze dans le trésor, et beaucoup de riches déposaient beaucoup. Une veuve, une mendiante, vint et déposa deux piécettes, ce qui fait un quart d'as. Jésus appela ses disciples et leur dit : “Amen je vous le dis : cette veuve mendiante a déposé plus que tous ceux qui déposent dans le trésor. Car tous ces gens déposent ce qui leur est superflu, tandis que celle-ci a pris de son indigence pour déposer tout ce qu'elle avait, sa vie tout entière". Marc 12, 41-44