mercredi 30 octobre 2013

Halloween, c'est fini



On est bien loin de la déferlante noire et orange des années précédentes. Les vitrines, les rayons consacrés à cette fête sont réduits à la portion congrue.
Mais personnellement, cela ne me réjouis pas.

Je ne suis pas spécialement adepte d'Halloween et le volet commercial ne m’avait pas échappé mais la fin d'Halloween cache peut être plus qu’un problème de pouvoir d’achat.

Halloween, s’amuser à se faire peur à bon compte mais a-t-on envie de se faire peur quand la peur est notre quotidien ?
Peur de l’étranger, peur de la mondialisation, peur du déclassement rongent notre société et ce ne sont pas quelques citrouilles qui pourront exorciser ce mal. Je vous conseille le reportage de France 3 qui n’a pas fait recette lui non plus et pourtant il aurait dû : http://www.france3.fr/emissions/documentaires/videos/91073271


Franchement, ces gens ont-ils besoin de se faire peur ou de retrouver un peu d’espoir ?


Déjà la foire de Noel se prépare, les guirlandes municipale sont déjà accrochées, les magasins qui ont zappé Halloween installent la grande ripaille aux cadeaux.




C’est cela qui va redonner le gout de l’autre et de la vie ?

Avant de plonger dans le tunnel de l’avent commercial, j’ai envie de dire :

Zut quoi, Tous Saints !  

Et comme il y a du chemin pour y arriver, demandons de l'aide.

Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix.
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.
Là où il y a la discorde, que je mette l’union.
Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité.
Là où il y a le doute, que je mette la foi.
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où il y a les ténèbres, que je mette votre lumière.
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.
Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer, car c’est en donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on trouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.


Bonne fête des saints que nous devons être pour faire reculer la peur.




vendredi 18 octobre 2013

Comment élever son enfant.




Genèse 22 , je l’ai lu bien souvent ce texte et chaque fois j'ai été choquée. 
Comment Dieu peut-il demander à Abraham de sacrifier son fils ?
Je le relis encore depuis quelques jours mais aujourd’hui cette lecture m’apaise au lieu de me révolter ?

Il m’aura fallu du temps, des enfants grands, pour saisir la beauté de cette épreuve.
Il m’aura fallu du temps comme il en a fallu à Abraham, 3 jours de marche vers un lieu indistinct. Il m’aura fallu lire et relire pour comprendre cette épreuve demandée, pour comprendre que c’est l’épreuve de tout parent.

Nous recevons nos enfants. Jour après jour nous les aimons au point parfois de les croire nôtres, ne faisant qu’un avec nous, n’étant pas de sujets autonomes. C’est la situation d’Abraham au début de ce texte (1).
C’est dans cet état d’esprit qu’il part, sans trop comprendre ce que Dieu lui demande mais il lui fait confiance.
Son fils est dans cette même confiance. Son père obéit à Dieu et il fait de même. Il consent.
Abraham en arrive peu à peu à croire que l’épreuve qu’il doit subir est de tuer son fils mais plusieurs indices nous montrent qu’il ne peut y croire (2), qu’il continue à remâcher la parole de Dieu pour atteindre son sens.

L’épreuve, la vraie, il la découvre finalement. Non, Dieu ne lui demande pas de tuer son fils mais de l’élever vers Dieu. Il arrête son bras et l’appelle par deux fois comme pour le réveiller, pour qu’il remâche encore une fois la parole pour en saisir le sens.  Alors Abraham lève les yeux, il découvre un bélier. Pas un agneau mais le père de l’agneau et il le sacrifie à la place de son fils.


Abraham comprend peut être à ce moment-là, qu’il doit tuer le père ou dans un langage moins psy, il doit ne plus faire un avec son fils et le laisser grandir seul avec Dieu.  Que lui, vieux bélier doit laisser sa place à l’agneau.
D’ailleurs à la fin de l’histoire Abraham redescend non pas avec son fils comme il l’avait dit aux jeunes gens mais seul. C’est parce qu’il a laissé son fils être un devant Dieu que Dieu renouvelle sa promesse.
Il m’aura fallu du temps à moi aussi, bien plus que trois jours de marche pour comprendre que la confiance en Dieu c’est aussi lui faire confiance pour nos enfants. 
Ils ont leur propre chemin à faire dans la vie et avec Lui. Nous pouvons les laisser se séparer de nous, ils ne seront pas seuls  et pourront à leur tour, seuls et autonomes, écouter sa parole.

Il y a bien sur d’autres lectures possibles à ce texte notamment le parallèle fait par Paul entre Isaac et Jésus, une annonce du Christ. 

Mais aujourd’hui, il me parle ainsi et c’est bien. 

(1) Dans le texte hébraïque  au verset 3, il est dit: "ils partirent tout les deux, ensemble " deux ne faisant qu'un. Plus loin au verset 8 "tous les deux continuèrent à aller ensemble" cet aspect fusionnel de leur relation est à nouveau précisée.
(2) Il dit aux jeunes qu'ils reviendront tout les deux, il dit que Dieu saura voir l'agneau...

Vous voulez creuser cette interprétation et les autres ? 
http://www.ndarche.org/Abraham9.pdf
http://www.akadem.org/sommaire/cours/les-points-durs-de-la-tora/la-ligature-d-isaac-04-09-2007-7031_4246.php
et Michel Remaud - Telle est la circoncision du Christ in Cahiers Ratisbonne, n°8, p. 65-83, 2000

mardi 15 octobre 2013

Discrimination et préjugés



Jeudi 17 octobre est la JOURNÉE MONDIALE DU REFUS DE LA MISÈRE. 
ATD Quart monde, le secours catholique et d’autres associations ont choisi cette année de mettre en avant le combat contre les préjugés concernant les personnes en grande précarité et la lutte contre les discriminations dont elles sont victimes.
Il y a un an je vous parlais du cas de cette famille refoulée d’un musée parce que leur odeur dérangeait les autres visiteurs.

Je voudrais aujourd’hui vous parler de la dame à la caisse du supermarché qui retirait peu à peu des articles pour que le montant de ses achats colle avec son bon du CCAS.



Les gens la regardaient faire avec impatience et même un certain dédain.
La caissière avait l’air excédé de devoir repasser les articles en annulation et énonçait à haute voix la somme qui était encore en trop. 

Choisir entre la lessive et le lait…

La dame ne savait plus où se mettre et si elle avait pu, elle aurait déguerpi.
Il manquait encore 60 centimes et derrière moi les gens la regardaient avec un air du style : Bon, c’est pour aujourd’hui ou pour demain. Sans empathie pour son calvaire.

J’étais à deux doigts de lui donner les 60 centimes mais je ne l’ai pas fait pour ne pas aggraver sa honte. Elle a rendu la baguette de pain et elle est sortie presque en fuyant en murmurant un au revoir à la caissière.

Le soulagement était général. Elle nous avait fait perdre assez de temps comme ça non ?
J’ai entendu derrière moi quelqu’un marmonner « Quand on n’a pas les moyens, on ne fait pas ch... les autres. »

Ben oui mon gars, une échappée des restos du cœur qui vient embêter le chaland et en plus avec l’argent des contribuables.

Alors j’ai pris mon temps, j’ai rangé tout doucement mes achats en les triant dans les sacs.  J’ai fouillé longuement dans mon sac à la recherche de ma carte de fidélité puis de ma carte de paiement. J’ai bien plié mon ticket de caisse que j’ai rangé dans mon porte- monnaie. J’ai rempli mon caddy avec précaution. J’ai cherché mes clefs de voiture et me suis enfin décidé à quitter les lieux.

Parce que quand on a les moyens, on a le droit de faire ch... les autres apparemment.


lundi 14 octobre 2013

Il peut toujours rêver (Spécial Élections Élancourt)


Le candidat FN d’Elancourt profite de l’Aïd el Kabîr pour tenter de diviser les élancourtois.

1- Dans un communiqué, il rappelle que la commune a financé les années précédentes la mise en place d’un abattoir mobile en violation de la loi de 1905 sur la laïcité.
Il oublie de spécifier que le conseil d’état a jugé que les abattoirs temporaires ne contreviennent pas à la loi de 1905 « ces dispositions ne font pas obstacle à ce qu’une collectivité territoriale ou un groupement de collectivités territoriales, dans le cadre des compétences qui lui sont dévolues par la loi ou qui sont prévues par ses statuts, construise ou acquière un équipement ou autorise l’utilisation d’un équipement existant, afin de permettre l’exercice de pratiques à caractère rituel relevant du libre exercice des cultes, à condition qu’un intérêt public local, tenant notamment à la nécessité que les cultes soient exercés dans des conditions conformes aux impératifs de l’ordre public, en particulier de la salubrité publique et de la santé publique, justifie une telle intervention et qu’en outre le droit d’utiliser l’équipement soit concédé dans des conditions, notamment tarifaires, qui respectent le principe de neutralité à l’égard des cultes et le principe d’égalité et qui excluent toute libéralité et, par suite, toute aide à un culte »
D'autre par, ce n'est pas la seule ville d'Elancourt qui a financé cette opération puisque les communes avoisinantes et le syndicat de la ville nouvelle participent à ce financement. 

2- Il s’engage à faire cesser ces pratiques sur notre commune.

 Dans son communiqué, il précise que l’abattoir temporaire cette année se situera au pied de la colline Élancourt citant une l’autorisation de la DRIEE sans donner le lien d’accès à ce courrier. Ce qu’il ne dit pas c’est que cet emplacement est à Trappes et non à Élancourt.  Plus d’abattoir sur Élancourt cela ne l’arrange pas alors il sous-entend que cela se passe chez nous.

3- Des pratiques contraires à nos us et coutumes
La liberté d’exercer son culte est une des règles fondamentales de notre pays. La seule limitation étant les troubles à l’ordre public. Le lieu choisi cette année comme les années précédentes (Parking de France Miniature) est  loin de toutes habitations.
En quoi d’autre part le rituel du sacrifice de l’Aïd serait-il contraire à nos us et coutumes. Qu’il soit différent des us et coutumes des non musulmans certes mais contraire… 
Dernière ce 'nos' qui y a t'il ? Ceux qui revendiquent des racines chrétiennes de notre pays mais pas les valeurs chrétiennes que sont l'amour de son prochain et le partage.

Pour finir, Nicolas Boher nous engage à voter massivement pour lui aux municipales sur Élancourt.
Il peut toujours rêver en ce qui me concerne tant ses procédés me déplaisent. 






vendredi 11 octobre 2013

C'est pas la mer à boire?


Depuis le 3 octobre nous en sommes à 300 morts à Lampedusa, 200 disparus au large de malte et 500 secourus au large de la Sicile.
Le centre d’accueil de Lampedusa de 250 places est archicomble (1000 personnes dont des enfants).
Il va falloir nous décider à sauver des vies.
Du temps de Kadhafi et des autres gouvernements peu démocratiques, le contrôle au départ était assez efficace (c’était le prix de notre mansuétude à leur égard) mais avec le « printemps arabe » les pays du sud de la méditerranée n’"assurent" plus et je pense qu’ils ont d’autres "chats à fouetter".
Du coté des européens, nous sommes plus préoccupés par la crainte de la vague de migration que par l’accueil de ces pauvres gens qui meurent à coté de nos serviettes de bain.

Je ne suis pas à la tête de la France ni à celle de l’Europe mais je vois trois mesures urgentes à prendre.

Et qu'on ne me dise pas que ce n'est pas si simple.

Quand on est prêt à apporter le feu sur l'autre rive, on doit pouvoir y apporter autre chose.



1 : Rencontrer les gouvernements des pays d’où partent les bateaux pour qu’ils les bloquent au départ et sanctionnent les passeurs, quitte à ce que nous les aidions là bas.
2 : Mettre en place un accueil humain pour ceux qui ont affronté la mer et y ont survécu.
3 : Partager ! Avec les pays d’où vient l’immigration économique, avec les associations qui accompagnent les populations transplantées du fait des guerres dans leurs pays.

Et si vous me répondez que l’on ne peut accueillir tout le malheur du monde, je vous répondrais juste : Non pas tout, mais notre juste part du gâteau.

lundi 7 octobre 2013

Merci


Au Liban, j’avais une voisine atypique, Notre Dame du sourire.
C’était une maison de mon quartier dans laquelle vivaient des jeunes orphelins. Je les croisais tous les jours et ils étaient tout sourire.
J’ai appris par mes voisins que cette maison avait été créée  par le Père Mansour Labaky.
Un saint homme de l’avis de tous et du mien aussi.

Je tombe ce soir sur une information qui me laisse sans voix.
Celui qui priait ainsi « Seigneur, aide-nous à ne pas nous laisser emporter par le vacarme que fait le mal quand il atteint ton Église. Aide-nous à ne pas oublier que nous en sommes-nous aussi membres et donc responsables. »  vient d’être reconnu coupable d’abus sexuels sur trois mineures, ainsi que de « crime de sollicitation à l’occasion de la confession à l’égard d’une victime ».
En vertu des « normes pour les délits les plus graves », appliquées dans ce type d’affaire, ce prêtre du diocèse maronite de Beyrouth, âgé de 73 ans, a été condamné à une vie de prière et de pénitence loin de tout mineur et privé de son office ecclésiastique ; il lui a été défendu de célébrer la messe en public et de confesser, de mener tout accompagnement spirituel, activité publique et prise de parole dans les médias, ou d’entretenir un contact avec les victimes.

Mes premières réactions après l’ébahissement sont la tristesse et l’incompréhension. Deux secondes je suis même tentée de le plaindre mais en fait je réalise très vite que ce n’est pas lui que je plains mais tous mes amis qui le considéraient comme un modèle.

Que de gens blessés et qui risqueraient de perdre confiance dans le clergé.

Oui mais non !

Le temps des abus de clercs  dissimulés en haut lieu est révolu.
Le temps de la confiance aveugle aussi.
Il est condamné à la hauteur de la douleur des victimes et de la peine des personnes qui l’admiraient.
Finalement je dis merci à la Congrégation pour la doctrine de la foi pour sa condamnation qui apaise ses victimes,nous tous, l’Eglise et  lui aussi j'espère.

Il faut trouver la voie



Ce qui est bien quand les grands enfants viennent manger à la maison c’est la discussion de fin de repas.   
Je faisais part à mon fils de mon inquiétude pour sa vie de chrétien demain dans une société où ses valeurs ne sont plus majoritaires.
Faut-il se battre pour défendre nos valeurs ou y a-t-il une autre voie à trouver?

Je vous retranscris son point de vue :
"Mes amis sont athées ou plutôt, ils n’ont pas envie d’en parler. 

Souvent, petits, ils s’ennuyaient à la messe (moi aussi sauf pendant le partage d’évangile, la bouffée d’air) alors ils n’y ont plus été et les parents ne parlant pas de leur foi à la maison, ils n’y pensent plus et ne se sentent plus membres de la communauté chrétienne.

Le problème, si on ne va plus à la messe, c’est qu’on ne participe plus à rien et on décroche. Si en plus, l’église donne une mauvaise image d’elle, « c’est mort ».

Alors demain  tu vas faire comment ?

Demain, je vivrais selon ma foi, mes valeurs, mes principes sans craindre d’en parler mais sans prosélytisme, cela interpellera les gens que je fréquente si je suis ouvert au dialogue dans le respect.
Je pense que mon témoignage de vie peut offrir une façon différente d’aborder les problèmes quotidiens et les gens que je côtoie  peuvent avoir envie de découvrir pourquoi je suis comme je suis.

Si malgré tout, ils ne souhaitent pas suivre mon exemple, je reconnais leur différence. Critiquer leur vision du monde n’est pas la solution. Je montre une alternative que chacun est libre de suivre ou pas.
Je pense aussi que si quelqu’un n’accepte pas de vivre de la façon qui me parait la bonne, s’il refuse ce que j’ai à lui apporter, cela ne me retire rien et cela n’affaibli pas ma foi.

Par exemple, si deux de mes amis ne se marient pas et soutiennent que le mariage ne leur apportera rien, cela ne met pas en cause mon propre choix de vie dans le mariage et je leur explique mon point de vue comme ils m’ont exprimé le leur.

Le problème sur les sujets de foi  et de valeurs c’est d’avoir la possibilité d’entendre les alternatives, et il faut donc qu’elles soient toutes présentées sans vouloir imposer une vision particulière.

Par exemple, le nouveau site d’information du gouvernement sur l’avortement, ne présente pas les alternatives à celui- ci en cas de grossesse non désirée. Je pense que le droit à l’avortement ne retire rien à ceux qui décident de garder un enfant. Personnellement je n’envisage pas le recours à l’avortement dans ma vie future mais je ne juge pas ceux qui le font. Je trouve par contre anormal de ne pas informer sur les autres possibilités, c’est retirer la possibilité du choix.

Le pape François dit : «Le prosélytisme est une stupidité sans nom, cela n'a pas de sens. Il faut se connaître, s'écouter, et faire croitre la connaissance du monde qui nous entoure. »  Et j’ajouterai quel que soit le prosélyte.

Ma foi ne retire rien à personne et elle n’impose rien à personne. 
De même les croyances  ou incroyances des autres ne portent pas préjudice à ma foi si elles ne m’imposent rien.

Personnellement demain comme aujourd’hui mon témoignage il est là : J’écoute la Parole, j’essaye d’en tirer quelque chose et de l’appliquer."

Et moi la maman ? J’ai confiance en demain pour mon jeune qui se veut ni enfoui, ni combattant mais témoin. J’aime bien.

Ps: Fiston est trop geek pour tweeter ou aller sur facebook alors si vous voulez discuter avec lui c'est juste en dessous :)