lundi 30 septembre 2013

Mariska, Mozol et Luana




Les roms ceci, les roms cela, généralisations puantes qui permettent de se lâcher.

Permettez-moi de vous parler non des roms mais de Mariska, Mozol et Luana.

Je les ai connus en 1992. Ils arrivaient de Roumanie, sans papiers. Ils ne parlaient pas un mot de français. Luana avait l’âge de mon aîné, 2 ans et demi.
Mariska et Mozol ne pouvant pas travailler légalement, Mariska vendait l’itinérant devant mon supermarché accompagnée de Luana.
Souvent, je prenais sa fille avec moi pour aller au toboggan jouer avec les autres enfants.
Dès ses trois ans, Luana a été à l’école.
Aujourd’hui, Mariska qui parle maintenant français comme vous et moi vend toujours l’itinérant le weekend et elle est fière de sa fille qui est une brillante étudiante en médecine.

Franck Boutonnet 

Les roms, ils ont des visages, des noms, ils ne sont pas une masse informe que l’on peut utiliser pour des raisons politiciennes.

17000 regards tournés vers nous comme une exigence éthique.

Osons les regarder chacun et les appeler par leur nom alors la peur et la haine reculeront.


J’en profite pour relayer ceci et ceci  

Trois bougies !!!


Trois ans de blog. 


Merci à vous tous pour votre lecture et nos échanges.



mardi 24 septembre 2013

Dialogue avec Morin


Parce qu’il est intéressant de confronter sa vision du monde à celle des autres, je viens de lire ‘Pour entrer dans le XXIème siècle ‘ de Edgar Morin.
Je ne vais pas faire un résumé mais plutôt réagir à cette lecture.
D’où parle-t-il : Morin est un sociologue athée, un revenu de l’idéologie marxiste, un homme qui cherche à comprendre finalement comment vivre une fois que l’idée de Salut sur terre (fin de l’Histoire) et dans l’au-delà (Dieu n’existe pas) est morte.
D’où est ce que je l’écoute : Blogueuse catho, trop jeune pour avoir vécu le traumatisme du nazisme du stalinisme et du maoïsme et qui se tente de raisonner sur les idéologies et les croyances y compris les siennes.

J’ai aimé son analyse des maîtres mots que sont Droite /Gauche, Fascisme /Antifascisme, Démocratie/ Totalitarisme et le risque de les utiliser comme des mots étiquettes trompeurs.
« Nos maîtres mots sont malades, dégradés, obsessionnalisés, reviennent à tort et à travers, prétendent tout connaitre et tout expliquer. Ils ont perdu vertu opérationnelle et ont acquis vertu magique d’exaltation ou d’exorcisme. »
Je cite encore : « Nous sommes victimes de l’idéologie quand nous ignorons que nous voyons le monde par le truchement de nos idées, et quand nous croyons voir dans nos idées, le monde. » Dès lors, « c’est le réel qui a tort quand il contredit l’idée ».
Bien pire, je pense moi que nous sommes victimes dès lors que nous ne décryptons pas, par manque de temps pour réfléchir, le fondement idéologique des inputs que nous recevons à grande vitesse.
Bref, il est urgent de faire attention aux mots, de ne plus fonctionner en mode binaire pour affronter la complexité autrement que par des généralisations.

Il dresse par la suite un état général de l’humanité qui ne doit plus selon lui attendre un salut dans l’au-delà ou sur terre suite à  la chute des religions et des idéologies y compris celle de la science. 
Pourtant il pense toujours que l’homme peut résister au mal et améliorer le monde s ‘il est conscient de ses limites, failles et s'il résiste notamment à la violence et la domination.
Je suis d’accord avec lui, lorsqu’il dit que la violence ne sera jamais vaincue ici-bas et qu’il ne faut pas pour autant s’y résigner mais résister.

Qu'il faille changer notre méthode de pensée et nos conceptions me semble en effet nécessaire mais là ou il parle de "voie", je parle de conversion. Est ce si loin l'un de l'autre?
Une fois de plus, si je regarde se qui me rapproche de l'autre, sans nier nos différences, je peux dialoguer.


vendredi 20 septembre 2013

La disqualification


Pour creuser un peu plus je pense que nos valeurs républicaines sont des croyances et je cite Antonio Gramsci  un théoricien communiste (eh oui , je ne lis pas que la bible) :
« Les croyances se développent initialement au sein de milieux restreints (clercs, lettrés, militants) et ne peuvent s’imposer dans l’ensemble d’un groupe social qu’au terme d’un processus d’inculcation dont l’efficacité est conditionnée par deux facteurs :
La rationalisation d’intérêts particuliers en termes d’intérêt général ou d’idéal universel (exemple : les intellectuels qui revendiquent la liberté d’écrire et de publier qui se transforme en valeur universelle : la liberté d’expression) ;
La diffusion hégémonique de ces croyances au moyen d’institutions qui pratiquent l’exclusion et la dévalorisation des croyances adverses. Cette exclusion se fait au nom de la Raison ou de la Science» 



Je pense que vous voyez ou je veux en venir.

Imposer des croyances même en les habillant avec des notions de progrès, d’intérêt général, de raison ou de science, n’est possible qu’en excluant ou en dévalorisant les croyances adverses. 

La disqualification politique  c’est imposer l’idée  que l’opinion contraire, ses arguments, ses porte-parole, ne mérite même pas d'être examiné.
L'adversaire est dans l'erreur, voire le mensonge et la mauvaise foi. Toute pensée honnête ne peut que confirmer notre propre idée,  et donc tout ce qui la conteste ne peut qu'être présumé malhonnête.
Alors, faut-il réduire nos débats et la démocratie à la disqualification ?
Les valeurs républicaines t’elles qu’elles sont présentées ces derniers temps ressemblent fort à ces croyances. Et l’on s’étonne qu’il y ait résistance et échec de l’utilisation des « valeurs républicaines » dans les tentatives de cohésion nationale.

Je prône, vous devez commencer à me connaitre si vous me lisez un peu,  un dialogue et des débats en vérité.

Mais comment y parvenir si  mon interlocuteur use de ce procédé.

Prenons par exemple mes convictions religieuses.
Certes j’ai la liberté de conscience, j'ai la  liberté d’expression  mais si lorsque je m’exprime en conformité avec ma foi, ma parole est disqualifiée en raisons même de ma foi...

Je pourrai faire de même, tenter d’imposer mes idées en disqualifiant celles des autres, je pourrais aussi me positionner en victime devant cette façon de traiter ma parole. Dire que l’on doit respecter ma différence comme un bon militant d’une minorité agissante.

Seulement voilà, c’est pas mon truc.  


Alors ?
Je vais continuer à raler en sachant qu’un arbre blablabla  et à apprécier ceux qui sont prêts à dialoguer avec moi et à tenter la rencontre avec les autres quand même car comme le dit François (le pape) "Pour ma part, j’ai une certitude dogmatique : Dieu est dans la vie de chaque personne. Dieu est dans la vie de chacun. On peut et on doit Le chercher dans toute vie humaine."

Je ne ferai pas un bon lobbyiste mais j’espère être un pas trop mauvais disciple.

jeudi 19 septembre 2013

Valeurs républicaines


Je fais une pause dans la "légèreté habituelle" pour vous faire part de mes réflexions sur un sujet un peu compliqué et assez conflictuel: Les valeurs républicaines (pas taper)

Pour tenter de compenser la dévalorisation de l’Etat et du politique, depuis quelques années, les « valeurs  de la république » sont utilisées et même exaltées pour tenter de redonner un sens à la communauté nationale.

Dans le même temps, par un glissement sémantique nous sommes passés des valeurs de la république (Principes légaux constitutionnels d’organisation de l’état) aux valeurs républicaines à pratiquer au quotidien.

Sous ces grandes valeurs, chaque gouvernement met en avant au fil du temps et des évènements des déclinaisons. 

Par exemple, en ce moment l’égalité (principe de l’égalité en droit) est déclinée en égalité homme femme par des lois (parité, congé parental…)
A ces lois, on  ajoute des sanctions pour « inciter » (amende, diminution de durée).
Comme cela ne suffit pas (parce que voilà, nous sommes nous français d’indécrottables rétrogrades qui baignent avec délice dans les clichés et les stéréotypes) on se dit qu’il faut éduquer les enfants faute d’arriver à convaincre  les adultes.
Du coup, un petit livre est au programme des petits bouts pour expliquer que la fille ce n’est pas tout rose  et le garçon pas tout bleu mais que nous sommes tous ... violet !!! (Je vais l’écrire s’il n’existe pas déjà)

Je me souviens il y a quelques années, quand mes grands étaient petits, la déclinaison de l’égalité phare était la lutte contre le racisme.  Il y eu des discours républicains, il y eu des lois, il y eu des sanctions et… un petit livre mignon pour mes enfants.
Chez nous ce discours est passé soit parce que je suis une bonne mère et que mon mari est un homme génial (on y croit), soit parce que cette valeur était soutenue à la maison par un ancrage transcendant  (le prochain, le frère, à l’image de Dieu etc). Quoiqu'il en soit on ne peut pas dire que ce soit généralement le cas. Le racisme même si tout le monde dit que c'est mal, cela continue.
Alors la faute aux parents ? Sans doute mais je ne leur jette pas la pierre Pierre. La violence du monde génère la violence individuelle, l’injustice génère l’injustice. Le pape Jean-paul II parlait de structure de péché. En langage commun on pourrait parler de mal social dans lequel chacun à sa part de responsabilité mais qui existe aussi en tant que structure.
Peut-être que ses valeurs républicaines dont on dit qu’elles sont essentielles au vivre ensemble ne suffisent pas à fonder notre vivre ensemble tout simplement parce que l’on ne peut pas forcer les gens à y adhérer. 
Ils n’y adhèrent que si cela n’est pas contrecarré par quelque chose de plus fort comme la peur, le mauvais exemple de ceux qui défendent ses valeurs, le sentiment d’être disqualifié socialement ou politiquement.
Je pense aussi que les valeurs sans transcendance cela ne marche pas et utiliser les valeurs pour pallier à la crise du politique c’est inadapté et inefficace.

Dans le prochain billet je vous parlerai de la disqualification politique et son rapport avec l’échec de l’utilisation des « valeurs républicaines » dans les tentatives de cohésion nationale.
Et après promis, je reviens à du plus léger... quoique ;)

mercredi 18 septembre 2013

Pro-choix



Ces derniers temps, l’avortement revient dans les conversations grâce aux mesures que Najat Belkacem est en train de mettre en place (Sites sur l’avortement sponsorisés, information sur l’IVG  sur les tests de grossesse).

Je fais partie des gens qui n'ont jamais envisager l'avortement comme une option mais je sais que d'autres ne voient pas ce sujet comme moi et il me semble qu'il est important que toute personne ait l’information nécessaire pour de positionner lorsque la grossesse est avérée.

Sans prendre en compte le discours militant de la ministre, je comprends sa démarche. 
Elle pense qu’il faut améliorer l’accès de la population aux informations sur la possibilité d’avorter de façon à mettre à égalité tout le monde devant ce choix légal.

Je suis bien entendu d’accord sur le fait que tout le monde doit avoir un égal accès à l’information mais alors toute l'information et pas une information militante.


Je suis allé sur internet pour juger par moi-même.

A la requête Google IVG je trouve les réponses

1 IVG.net :C’est un site militant pro-vie Je n’ai pas cherché trois heures sur le site pour voir qu’il est géré par Alliance Vitae et qu’il déploie des arguments qui ont pour but de présenter les arguments pour la poursuite de la grossesse  avec un numéro vert qui permet de parler à des conseillers pour  évaluer avec vous la possibilité de garder l’enfant et les soutiens que vous pouvez avoir si vous suivez ce choix (financiers, logement etc.) (site sponsorisé)

2 Vos droits service public (la loi sur l’avortement) Toute la loi rien que la loi.

3 Doctissimo : Ce site propose un forum de discussion où les femmes peuvent aborder leurs craintes, réticences, questions pratiques. Un article très complet qui présente les alternatives à l’avortement  y est cité (mais il faut quand même chercher vraiment)

4 Wikipedia

5 Ivg Info : développé par un laboratoire médical qui produit une pilule abortive, plutôt bien fait, qui renvoie pour plus d’info sur les centre de PMI. Aucune info directe sur la possibilité de garder son enfant.

6 IVG je vais bien merci : Un blog féministe qui souhaite contrecarrer l’action des sites pro-vie. Aucune info là non plus sur l’accompagnement dans le cas où on garde l’enfant.

En fait deux façons de voir le sujet sont représentées :
Partir du principe que les personnes enceintes ont déjà décidé d’avorter lorsqu’elles vont sur internet et qu’il faut les aider à se libérer de la culpabilité éventuelle en leur expliquant que c’est un droit et  une option légitime sans s’attarder sur les aspects négatifs ni donner d’informations sur les autres choix.
Partir du principe que les personnes enceintes n’ont pas encore clairement fait leur choix et qu’il faut leur donner des éléments pour éventuellement choisir de ne pas avorter en insistant sur les risques médicaux et psychologiques et sur les aides possibles si l’on souhaite garder son enfant.

Dans les deux cas, ces sites ont un aspect militant et soutienne une idéologie.

Le seul site qui me parait équilibré et qui malheureusement n’apparait pas sur la première page de ma requête Google est filsantejeunes.com. Il présente à la fois la grossesse des jeunes et l’avortement d’une façon claire et objective. Ni pro ni anti.

J’espère donc que le site promis par Najat Belkacem sera aussi équilibré sinon plus

Ce serait alors un réel site pro-choix.

samedi 14 septembre 2013

La bourse et la vie



Je pensais passer un moment sympa en famille autour d’une salade dînatoire mais l’actualité a épicé notre repas.
Le bijoutier.
L’un de mes enfants m’explique que quand on cherche les « ….. » on trouve et que le braqueur n’avait ka pas braquer.
L’autre répond que ce n’est pas la jungle et qu’il ne faut pas se faire justice soi-même.
Bref, après une journée bien occupée et sans avoir suivi cette affaire, j’écoute tout le monde et je me renseigne.

Donc, le bijoutier s’est fait braquer et frapper
Le braqueur s’enfuit.
Le bijoutier traumatisé par l’attaque prend une arme et tire sur le braqueur dans le dos.
Le braqueur est mort.
Le bijoutier est en garde à vue.
Et donc ?


Le bijoutier ne devrait pas être en garde à vue ?

Le droit est très clair, il n’y a pas légitime défense à partir du moment où le braqueur avait quitté la bijouterie.

Moralement, je cite ma référence morale : le KT des Ktos
La défense légitime des personnes et des sociétés n’est pas une exception à l’interdit du meurtre de l’innocent que constitue l’homicide volontaire. " L’action de se défendre peut entraîner un double effet : l’un est la conservation de sa propre vie, l’autre la mort de l’agresseur ... L’un seulement est voulu ; l’autre ne l’est pas "
L’amour envers soi-même demeure un principe fondamental de la moralité. Il est donc légitime de faire respecter son propre droit à la vie. Qui défend sa vie n’est pas coupable d’homicide même s’il est contraint de porter à son agresseur un coup mortel :
 Si pour se défendre on exerce une violence plus grande qu’il ne faut, ce sera illicite. Mais si l’on repousse la violence de façon mesurée, ce sera licite... Et il n’est pas nécessaire au salut que l’on omette cet acte de protection mesurée pour éviter de tuer l’autre ; car on est davantage tenu de veiller à sa propre vie qu’à celle d’autrui.

La discussion est close pour moi.

Légalement et moralement, rien ne permet à un homme volé et même frappé de tuer.
Le braqueur était apparemment un récidiviste mais cela ne justifie pas la mort.

Je pense à lui qui n’aura pas ici-bas l’opportunité de s’amender et qui sait de changer.
Je pense aussi au bijoutier qui aura la chance de pouvoir réaliser qu’il a été au-delà de l’acte de protection mesuré et qui j’espère regrette son geste.
Je les porte tous deux dans mes prières.

Et j'enfonce le clou, privilégier les biens par rapport à la vie est à mon avis une dérive matérialiste qui mérite de s'interroger sur notre échelle des valeurs.

jeudi 12 septembre 2013

Satisfait ou remboursé



Connaissez-vous le re homing ? Je viens de découvrir cette pratique scandaleuse.
En deux mots il s’agit pour des adoptants  américains  de proposer  sur internet l’enfant qu’ils ont adopté et dont ils ne veulent plus s’occuper.  
Un peu comme un animal de compagnie encombrant.

Il suffit d’un simple acte sous seing privé légalisé pour déléguer la responsabilité aux nouveaux adoptants. Aucune enquête  n’est faite sur ces personnes et en deux clics sur Facebook et l’enfant change de mains.

La journaliste Megan Twohey  explique le cas d’une jeune fille de 13 ans adoptée en Russie par un couple américain.
Au bout d’un an ne souhaitant plus garder cet enfant ils l’ont proposé sur internet. 



Ils l’on confié, sans chercher plus loin, à un couple qui s’était fait retiré la garde de ses propres enfants.
D’autres ont confié leur enfant à un pédophile.
Certains enfants ont été proposés plusieurs fois et rendus car non conformes aux attentes.

Au-delà même de l’horreur que cela représente pour ces enfants,il apparaît que les adoptants se comportent comme des consommateurs.
Ils ont commandé un enfant à adopter et sont très mécontents de ne pouvoir retourner le produit s’il ne correspond pas ou s’il est défectueux.
Ils s’adressent alors au marché de l’occasion en proposant leurs enfants en seconde main.

Je m'imagine, énervée par un de mes barbouilles lui dire: "Méfie-toi, si tu n’es pas sage, je te poste sur internet."

Impossible n'est ce pas ?

Et pourtant certains vont plus loin que la menace... 




lundi 2 septembre 2013

Si tous les gars du monde


Le pape François appelle à la paix

 Il propose une journée de jeune et une veillée de prière le 7 septembre.

Il engage croyants et non croyants à former « une chaîne qui unisse toutes les femmes et les hommes de bonne volonté ».

Pourquoi ne pas reprendre cette belle prière du Cardinal RENATO R. MARTINO




Certains désabusés, cyniques, apathiques pensent qu’il croit au père Noël.


Tweet apathique


Pourtant cet appel est entendu par de nombreuses personnes et cela bien au-delà du monde catholique.

Le grand mufti de Syrie qui me semble plus concerné que nous par cet appel répond présent.

Et si tous les gars du monde disaient non à la guerre ?


Addentum: Et le fruit de notre jeune peut être adressé ici  par exemple.