jeudi 19 septembre 2013

Valeurs républicaines


Je fais une pause dans la "légèreté habituelle" pour vous faire part de mes réflexions sur un sujet un peu compliqué et assez conflictuel: Les valeurs républicaines (pas taper)

Pour tenter de compenser la dévalorisation de l’Etat et du politique, depuis quelques années, les « valeurs  de la république » sont utilisées et même exaltées pour tenter de redonner un sens à la communauté nationale.

Dans le même temps, par un glissement sémantique nous sommes passés des valeurs de la république (Principes légaux constitutionnels d’organisation de l’état) aux valeurs républicaines à pratiquer au quotidien.

Sous ces grandes valeurs, chaque gouvernement met en avant au fil du temps et des évènements des déclinaisons. 

Par exemple, en ce moment l’égalité (principe de l’égalité en droit) est déclinée en égalité homme femme par des lois (parité, congé parental…)
A ces lois, on  ajoute des sanctions pour « inciter » (amende, diminution de durée).
Comme cela ne suffit pas (parce que voilà, nous sommes nous français d’indécrottables rétrogrades qui baignent avec délice dans les clichés et les stéréotypes) on se dit qu’il faut éduquer les enfants faute d’arriver à convaincre  les adultes.
Du coup, un petit livre est au programme des petits bouts pour expliquer que la fille ce n’est pas tout rose  et le garçon pas tout bleu mais que nous sommes tous ... violet !!! (Je vais l’écrire s’il n’existe pas déjà)

Je me souviens il y a quelques années, quand mes grands étaient petits, la déclinaison de l’égalité phare était la lutte contre le racisme.  Il y eu des discours républicains, il y eu des lois, il y eu des sanctions et… un petit livre mignon pour mes enfants.
Chez nous ce discours est passé soit parce que je suis une bonne mère et que mon mari est un homme génial (on y croit), soit parce que cette valeur était soutenue à la maison par un ancrage transcendant  (le prochain, le frère, à l’image de Dieu etc). Quoiqu'il en soit on ne peut pas dire que ce soit généralement le cas. Le racisme même si tout le monde dit que c'est mal, cela continue.
Alors la faute aux parents ? Sans doute mais je ne leur jette pas la pierre Pierre. La violence du monde génère la violence individuelle, l’injustice génère l’injustice. Le pape Jean-paul II parlait de structure de péché. En langage commun on pourrait parler de mal social dans lequel chacun à sa part de responsabilité mais qui existe aussi en tant que structure.
Peut-être que ses valeurs républicaines dont on dit qu’elles sont essentielles au vivre ensemble ne suffisent pas à fonder notre vivre ensemble tout simplement parce que l’on ne peut pas forcer les gens à y adhérer. 
Ils n’y adhèrent que si cela n’est pas contrecarré par quelque chose de plus fort comme la peur, le mauvais exemple de ceux qui défendent ses valeurs, le sentiment d’être disqualifié socialement ou politiquement.
Je pense aussi que les valeurs sans transcendance cela ne marche pas et utiliser les valeurs pour pallier à la crise du politique c’est inadapté et inefficace.

Dans le prochain billet je vous parlerai de la disqualification politique et son rapport avec l’échec de l’utilisation des « valeurs républicaines » dans les tentatives de cohésion nationale.
Et après promis, je reviens à du plus léger... quoique ;)

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