lundi 4 mars 2013

Déshonneur mal placé



Honneur.  Selon Wikipédia « L'honneur se gagne par des actes admirés par la collectivité. En ce sens, l'honneur est un attribut collectif, comme la vertu est un attribut individuel. Il peut y avoir des vertus secrètes; d'honneur secret, point. L'honneur, mais surtout le déshonneur et la honte se transmettent aux proches par contagion. »

Pourquoi cette prise de tête un lundi sur quelques mots ?

          Dans le déshonneur par le coiffeur de Charles Burton


J’ai lu ce weekend le Point références « L’islam faits et mythes » que je vous engage à lire.

Par des connections synaptiques bizarres  dans mon cerveau de dyslexique légère, le mot honneur est apparu mais aussi déshonneur et retour de l’honneur perdu .



Dans l’inconscient collectif parfois encouragé par la propagande, le déshonneur collectif et la recherche de restauration de celui-ci sont tenaces.
Dans notre histoire récente, la perte de l’Alsace Lorraine ou de l’autre côté du Rhin, l’humiliation de 14-18  a poussé nos peuples de nouveau à la guerre pour laver la tâche.

Bien souvent, un ou des héros plus ou moins auto proclamés et charismatiques émergent et prendre en charge la mission salvatrice.
L’objectif est de restaurer la situation antérieure, une situation idéalisée et sacralisée.

Ça y est j’ai trouvé comment ma lecture m’a entraînée dans cette réflexion : L’honneur soit disant  perdu de l’Islam par l’abolition du califat  et la création d’Israël que même la décolonisation n’a pas pu laver.
Mais je ne veux pas m’arrêter à ce simple exemple, j’ai aussi cité la France et l’Allemagne et je peux vous parler aussi de la Chine. Le nationalisme présent dans l’actualité par l’affaire des ilots chinois ou japonais ramène un peuple entier à l’humiliation de la conquête japonaise en 1937 que la défaite du Japon en 1945 n’a pas effacé.

La notion de retour de l’honneur se cristallise souvent  sur le respect des traditions ancestrales rigoristes parce que le déshonneur serait advenu du fait de la déliquescence de la société et de ces valeurs et finalement de la force vive.
Les femmes bien souvent  sont alors mises en première ligne de la reconstruction fantasmée. La vertu de celles-ci étant vu comme le ferment d’une restauration de la situation ancienne idyllique.
« Vous seules, savez donner à tous ce goût du travail, ce sens de la discipline, de la modestie, du respect qui font les hommes sains et les peuples forts. Vous êtes les inspiratrices de notre civilisation chrétienne. » disait le Maréchal Pétain aux femmes à la radio.
Le retour du voile dans les sociétés musulmanes peut être aussi vu sous cet angle et le choix libre de certaines de porter le voile peut être  alors leur acceptation de leur rôle dans la restauration de l’honneur collectif.
La notion de retour d’honneur passe aussi par les héros qui à la force de leurs bras et de leur voix entraînent le peuple. Les exemples ne manquent pas. On attend d’eux qu’ils  redorent eux seuls le blason terni.

Souffrons nous actuellement  en France d’un sentiment de déshonneur collectif ?
La perte d’une certaine suprématie française dans le monde et la crise qui remet en cause un modèle social et républicain dont nous avons longtemps été fiers nous donnent-il un sentiment d’être déshonorés à nos yeux et à ceux du monde ?
Le désir de revenir à une situation antérieure ou la France était dans notre inconscient la fille ainée de l’église mis aussi le pays des lumières etc… est- il présent chez nous ?
La société ne souhaite elle pas restaurer une France idéalisée ? Le bon vieux temps des droits sociaux et de la croissance  ou le bon vieux temps de la chrétienté,  blanche de surcroît ?   Attendons-nous un héros ? (Désolée je n’ai pas trouvé de personnes dignes de porter ce costume, nous avons tout juste des bateleurs(euses) et des … je n’ai pas le mot)

Sommes-nous  capables de regarder devant avec lucidité, en laissant derrière nous le ressenti  d’un déclin largement surévalué et sclérosant et le rêve d’un retour de l’honneur perdu inutile et clivant ?
La France et L’Allemagne ont  su faire table rase de leurs déshonneurs respectifs après la seconde guerre mondiale alors je garde l’espoir de nous voir à nouveau y arriver.

Je ne suis pas sure de la valeur de mon analyse mais j’ai épuisé mon stock de neurones et je m’arrête donc là.
Prenez ça comme une piste de réflexion, rien de plus.

Sinon, j’ai cherché le terme honneur dans les évangiles,  il n’est cité qu’une fois.
"Lorsque tu seras invité par quelqu'un à des noces, ne te mets pas à la première place, de peur qu'il n'y ait parmi les invités une personne plus considérable que toi, et que celui qui vous a invités l'un et l'autre ne vienne te dire : Cède la place à cette personne-là. Tu aurais alors la honte d'aller occuper la dernière place. Mais, lorsque tu seras invité, va te mettre à la dernière place, afin que, quand celui qui t'a invité viendra, il te dise : Mon ami, monte plus haut. Alors cela te fera honneur devant tous ceux qui seront à table avec toi. Car quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé." Luc 14, 8-11

Cela ne répond pas à mon propos précédent si ce n’est peut-être que cette notion n’a pas eu l’air d’intéresser beaucoup Jésus…
Pourtant  il n’a pas hésité à fréquenter les déshonorés (prostituées, publicains), il n’a pas renoncé à  affronter le déshonneur de la croix pour sauver les hommes.

Il est passé au-delà.

Voilà.


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