samedi 5 janvier 2013

Je ne suis pas économiste mais:



Comme tout le monde, j’essaye de comprendre l’économie et la finance et je n’y arrive pas vraiment (pourtant j'ai un bon prof à la maison)
Je « bugue » devant l'intrication des différentes données, je m'embrouille et pourtant je fais des efforts. 

Par exemple, je lis que des entreprises mettent en place des plans drastiques en France et plus généralement en Europe pour réduire leurs dépenses et améliorer leur compétitivité.  (Licenciements, délocalisations des activités industrielles mais aussi tertiaires*). 
Au passage je me demande si leur compétitivité est aussi celle de la France.
La crise est là et serrer les ceintures est donc sans doute justifié. (même si l’augmentation du chômage ne risque pas d’améliorer la stagnation de l’économie, enfin je crois).  

Beaucoup d'entreprises font le pari des pays émergents 
C’est bien dommage pour nous mais si cela profite à ces pays, soyons bons princes. 
Chacun à droit à sa part de gâteau, il faut bien qu’ils se développent.
Je serai prête à entendre ce raisonnement si leurs habitants en profitaient vraiment. 
Mais allons voir dans leurs usines… On nous parle du PIB de la Chine 3 ème mondial et pourtant si on le rapporte au nombre d'habitants, la Chine passe au rang 90 du classement.
Il faut reconnaître qu'une classe moyenne se développe très vite là bas mais l'argument philanthrope n'est  pas tenable à mon avis puisque les entreprises quittent aujourd'hui la Chine pour s'installer au Bangladesh ou au  Vietnam.

Pourquoi en sommes nous là chez nous et ailleurs ?


Je ne remets pas en cause le capitalisme, enfin pour le moment. 

C'est pour moi, comme la démocratie le moins pire des systèmes.

Mais il ne faut pas abuser.



Si certains  acteurs des marchés arrêtaient de réclamer des rendements à deux chiffres et de jouer avec les cours des actions mais aussi des matières premières, nous irions tous mieux.

On me dit que les acteurs des marchés n'y sont pour rien et que les managers trouvent ce bouc émissaire  pour justifier leurs stratégies.

Je veux bien, mais pourquoi le management mettrait en place de telles stratégies  si ce n'est pour contenter ceux qui déterminent leur rémunération ?

Je ne pense pas comme certains que la contrainte peut amener des changements car il faudrait qu'elle soit mondiale et cela me parait fort, fort lointain**. Je pense plutôt  
que les acteurs financiers et économiques doivent trouver plus d’avantages à préserver le bien commun que l‘inverse. Mais comment faire?

N'étant ni économiste, ni spécialiste de la bourse  si vous me dites que je n’ai  rien compris je ne me vexerai pas. 
Mais j’aimerais bien que des personnes plus compétentes que moi me disent comment donner le sens du bien commun à nos finances et nos économies.

Et je cite Benoit XVI  (l’intégral ici)
« Le modèle prévalant des dernières décennies postulait la recherche de la maximalisation du profit et de la consommation, dans une optique individualiste et égoïste, tendant à évaluer les personnes seulement par leur capacité à répondre aux exigences de la compétitivité. Au contraire, dans une autre perspective, le succès véritable et durable s’obtient par le don de soi, de ses propres capacités intellectuelles, de son esprit d’initiative, parce que le développement économique vivable, c’est-à-dire authentiquement humain, a besoin du principe de gratuité comme expression de fraternité et de la logique du don. Concrètement, dans l’activité économique, l’artisan de paix se présente comme celui qui instaure avec ses collaborateurs et ses collègues, avec les commanditaires et les usagers, des relations de loyauté et de réciprocité. Il exerce l’activité économique pour le bien commun, vit son engagement comme quelque chose qui va au-delà de son intérêt propre, au bénéfice des générations présentes et futures. Et ainsi, il travaille non seulement pour lui, mais aussi pour donner aux autres un avenir et un travail décent. »

Alors si vous avez des idées pour évangéliser les finances et l'économie, je suis preneuse :)

*  Et oui tertiaires aussi. Les entreprises délocalisent aussi leurs RH (Paye mais aussi recrutement) et leurs services informatiques (et pas que le codage) 
**http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/12/17/la-taxe-sur-les-transactions-financieres-penalise-les-actions-francaises_1807303_3234.html

5 commentaires:

  1. La solution est à la fois simple et fuyarde : être tous des saints, c'est à dire pensant au bien commun, et au sien propre.

    A la limite, peu importe capitalisme ou communisme, ce sont deux systèmes de répartition des ressources qui se valent, si tout le monde dans le système agit comme un saint, pensant au bien commun, ne cherchant pas à faire son profit sur le dos des autres de manière excessive.

    Après, sachant qu'on n'est clairement pas des saints, on s'aperçoit qu'inciter chacun à faire son beurre est plus efficace pour tout le monde que de vouloir appliquer le bien de la collectivité de manière autoritaire et centralisé. Les gens s'en sortent mieux quand on leur fout la paix. Et le prix à payer, c'est que oui, ils ont tendance à se servir sur la bête.

    Donc pour te répondre, donner le sens du bien commun par la contrainte, la règle, est impossible/inefficace/vite contourné, seule importe la conversion des financiers et des décideurs.

    Sinon, c'est assez contre-intuitif mais un marché va dans le sens du bien commun, surtout en ce qui concerne les matières premières. Il faut comprendre, avant tout, qu'un prix est une information. Information qui est à décrypter, à comprendre, mais une information quand même. Un prix haut sur une denrée alimentaire, ça n'est généralement pas qu'il y a des affreux spéculateurs, ça veut aussi dire qu'il y a un manque quelque part. Qui dit manque, dit besoin à combler, donc nécessité à utiliser pour une nouvelle entreprise ou un nouveau produit, ce qui est créateur de richesses et d'emplois.

    Pour plus d'infos, lire mes billets à ce sujet, je répète la même chose, mais la pédagogie c'est la répétition :
    http://abimopectore.over-blog.com/16-categorie-532257.html
    http://abimopectore.over-blog.com/article-13120374.html
    http://abimopectore.over-blog.com/article-12782202.html

    Le capitalisme recrée de A à Z en camp de concentration, on voit bien que tous les travers humains y sont présents :
    http://abimopectore.over-blog.com/article-29148423.html
    J'y parle de marché "naturel". Aujourd'hui, je ne dirai plus la même chose, mais plutôt quelque chose comme conforme au capitalisme inculqué à l'époque.


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  2. En 1980, la Chine était au 132e rang mondial en termes de PIB par tête...
    en 2012, au 90e rang.

    Ca prend le temps, mais ça se développe.

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    1. Polymadas: Bon, j'avais prévenu, je n'ai pas tout compris :) mais il y a au moins une chose sur laquelle je ne suis pas d'accord avec toi c'est le marché des denrées alimentaires. Pour avoir vécu à l’étranger, je sais que des spéculateurs créent la rareté en stockant les denrées pour pouvoir vendre très cher et ce n'est pas rare.

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    2. Est ce que tu peux être plus précise à ce sujet ?

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    3. Je ne donnerai pas de nom de pays ici mais pour le blé, les pommes de terre le lait en poudre le riz et autre denrées de base, la pénurie est créée notamment au moment des grandes fêtes pour pouvoir les vendre très cher.Je pense que la rumeur de rareté de blomberg attire les spéculateurs qui n'ont aucune éthique si ce n'est celle de l'argent.

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