lundi 7 janvier 2013

Don de la joie



Par les temps qui courent, la tristesse, la morosité, le pessimisme dominent.
Il n’y a vraiment pas de raisons d’être joyeux, c’est même suspect parce qu’il n'y a vraiment pas de quoi.

Je marchais il y a quelques temps dans Paris, et les gens que je croisais et que je regardais donc, me renvoyaient au mieux un air dubitatif au pire un air courroucé.  
Je pensais en moi-même : « Un âne regarde bien un évêque » selon le dicton familial qui signifie que l’on peut porter son regard sur tout le monde. 

Il m’a fallu refaire l’expérience plusieurs fois pour comprendre enfin le problème:

Je souris aux gens.

Ce faisant, je passe apparemment pour une douce toquée, un peu comme le ravi de la crèche provençale.

Cette manie du sourire me permet aussi de chouettes rencontres de quelques minutes dans le métro ou le train car ils sont finalement nombreux les gens qui n’attendent que ça pour sortir de leur bulle.

Dans ma vie tout n’est pas bisounours, les actualités m’inspirent plutôt découragement et tristesse, je ne suis pas particulièrement optimiste de nature et pourtant, il suffit que je croise un regard pour que le sourire naisse.

Suis-je une imbécile heureuse ?

 Peut-être après tout mais je pense plutôt avoir le don de la joie.



J’ai vérifié, il n’est pas dans la liste des 7 dons de l’Esprit Saint et je pense personnellement que Saint Thomas d’Aquin aurait dû y penser quand il a dressé cette liste.


 Heureusement Benoit XVI dans son livre l’enfance de Jésus explique :
« Je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera » (J 16, 22) puis « Les disciples furent remplies de joie à la vue du Seigneur »  (J 20, 20)  Dans ces textes, la joie apparaît comme le don propre de l’Esprit Saint, comme vrai don du Rédempteur.

Si le don de la joie existe bel et bien, de quelle joie parle-t-on ?
On parle ici de joie parfaite, du partage de la joie de Dieu dans sa victoire contre le mal et la mort.  Nous sommes bien loin de mes sourires béats. Et pourtant.

Les petites joies simples de la vie sont déjà une préfiguration de la joie parfaite. Ces petites joies qui émaillent nos jours et nous permettent de ne pas sombrer dans la dépression.
 A nous de les voir, de les engranger, d’en prendre soin et d'en rendre grâce.
Un enfant qui sort de l’école et vous prend la main,  un petit texto qui finit ainsi < 3,  ou encore la petite joie du travail bien fait, du service rendu, de la main tendue, du sourire donné,autant de petites joies qui chassent nos nuages et nous donne une image partielle de la joie parfaite.

Pour en revenir au titre, le don de la joie est finalement la capacité à voir le bon, le vrai dans sa vie  et pour l’entretenir et le faire croître, rien de mieux que la joie du don. La petite Thérèse l’avait bien compris, elle qui offrais ses menus services.

"Ma joie" disait un ermite comme salutation à ses visiteurs. Don de la Joie, joie du don, tout est dans l’échange avec l’autre.  
Ma joie, c’est de voir dans le regard de l’autre la parcelle divine qui l’habite, de voir Dieu dans ma vie, de lui faire confiance.

Alors comment ne pas sourire et tant pis pour les rides! 



1 commentaire:

  1. Après un tel article, le seul commentaire que l'on puisse faire, c'est celui-ci :-) et merci !

    RépondreSupprimer