lundi 26 novembre 2012

Saint d’Algérie



J’ai accumulé au fil des années, pleins de trucs. Je ne parle pas des objets qui s’entassent dans ma cave et mes tiroirs mais de choses qui habitent ma maison et mon regard.

Je viens de réaliser qu’ils ont tous un point commun, ils me ressemblent.
Comme moi, leur histoire se déroule au bord de la méditerranée.

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de lui.


Ce moine aux pieds nus, le regard tourné vers le ciel  est un plâtre imitant une ancienne statue de bois.


C’est peut-être une représentation d’un saint mais je n’ai pas su trouver lequel. 


Il est là, debout les mains croisées dans ses manches, coiffé de son capuchon et  les pieds nus.

Aucune symbolique pour l’identifier à un saint.




Il m’a été confié par un ami algérien.

Il me l’a amené un jour en m’expliquant qu’il était depuis longtemps dans sa famille, qu’il avait été trouvé dans une chapelle abandonnée après l’indépendance.

Pendant plus de quarante ans, il avait trouvé refuge chez lui.

Il me l’a confié en me disant qu’il était sur de le remettre entre de bonnes mains.

Cette statue n’est pas très belle, elle est abimée mais elle représente beaucoup.

La lumière du  dialogue paisible et fraternel entre croyants qui se respectent.

A l’heure des mausolées et des églises qui tombent sous les coups des intégristes, 
il me donne espoir.

mercredi 21 novembre 2012

En colère !



En parcourant le web, comment ne pas être en colère lorsque l’on se fait traiter d’homophobe, et d’autres noms d’oiseaux que je ne reprendrais pas ici?

Comment ne pas avoir envie de rendre coup pour coup?

Déjà être vraiment clair sur ce que l’on est. 
L’insulte atteint lorsqu’elle à un fond de vérité.
Alors creusons.

J’étais là et j’étais bien seule lorsque mon ami était malade et que tous ces camarades l’avaient abandonné parce qu’il n’était plus beau, brillant, prêt à la fête, plein d’humour et de séduction.


 Seuls son compagnon, ses parents et moi l’avons accompagné jusqu’au bout  de ses souffrances. Alors "homophobe" ne m’atteint pas.


Ensuite, il faut entendre ce qui justifie ces mots parfois très durs de la part de ceux qui ne sont pas d’accord avec nous.
En effet nous ne sommes pas des saints et il est facile de nous renvoyer nos propres trébuchements à la figure. A nous d’accepter ces critiques en en prenant la part qui peut nous faire progresser et en oubliant l'autre.

Enfin, si nous ne sommes pas des saints, nous voulons être à sa suite de notre mieux et rendre les coups n’est pas ce qu’il nous enseigne. (Tends la joue gauche, pardonne 7X 77 fois)

Entendons-nous bien, je n’appelle pas à avoir une conduite d’agneau bêlant mais je pense qu’il faut raison garder.   

Essayons simplement, et ce n’est pas si simple que ça, de garder nos yeux tournés vers le Christ et nos cœurs vers nos frères pour ne pas laisser la colère nous aveugler.

Oui c’est désagréable de se faire incendier, mais on n’éteint pas le feu avec un soufflet.
Oui, certains mots sont injustes mais la justice ne se trouve pas dans la bataille mais dans la paix.

« Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais à l'acquisition du salut par notre Seigneur Jésus Christ ».

Gardons-nous de la colère et de son escalade.

La temps de l’avent approche, j-10 commençons dès maintenant à regarder cet enfant vulnérable et pourtant si fort.  

Comme lui, c’est quand nous sommes faibles que nous sommes forts. Acceptons d’être des faibles et non des guerriers. Notre courage est là.

Témoignons simplement, en mettant nos actes à la hauteur de nos mots.

Et en cadeau, une petite image  à la "petit chose" pour retrouver la paix.






mardi 20 novembre 2012

Blasfémen ?



Dimanche dernier, des jeunes femmes habillées de slogans sur leur poitrine ont aspergé des manifestants de poudre anti incendie. Cette provocation a mal tourné et je ne reviendrai pas là-dessus si ce n’est pour dire que je réprouve aussi la réaction des excités qui les ont frappés.

Je tiens juste à faire remarquer que nous avons la chance de vivre dans un pays où l’on peut s’exprimer librement.

Vous me direz pu être que c’est faux, que les locaux de Charlie Hebdo incendiés en sont la preuve. Remarquons quand même que l’incendie criminel est punissable par la loi.

Je maintiens donc ma position. Nous sommes libres de nous exprimer et même de dépasser les bornes du respect des opinions d’autrui et de tomber dans la provocation pure et simple. Parfois ce type de comportements tombent sous le coup de la loi (apologie de la violence) et parfois pas.

« Fuck God »tatoué sur les seins peut être punis pour exhibition publique (je doute que cela soit) mais pas pour la teneur du message.
Sans sarcasme aucun, je suis heureuse de vivre dans un pays où ce type de provocation est possible même si elle me heurte.

Je suis convaincue que l’outrance s’auto annihile lorsqu’elle s’exprime. Regardons ces dames, (pas chez moi, mais vous trouverez sur le net si vraiment cela vous tente) elles font plus pitié qu’autre chose.

Cette liberté il nous faut la protéger et la propager plutôt que de s’en plaindre.

Regardons autour de nous.
Les charges contre la  petite Rimsha accusée faussement d’avoir brulé un coran ont été abandonnées ce mardi grâce à la mobilisation internationale.
Assia Bibi est toujours en prison pour blasphème mais la sentence mortelle ne sera pas exécutée et une grâce est toujours possible si la mobilisation ne faibli pas.
Plus près de nous en Algérie. Karim Siaghi, chrétien lui aussi attend son procès en appel après avoir été condamné à 5 ans de prison pour avoir insulté le prophète, c’est-à-dire pour avoir refusé de le reconnaitre comme prophète lors d’une discussion entre voisins. Là encore, la mobilisation pacifique fait reculer les fanatiques et  il semble peu probable que l’appel confirme le premier jugement. Restons vigilants quand même.

Voilà ce qu’est le blasphème dans le monde qui nous entoure. 
C’est une façon pour les fanatiques de sanctionner la religion qui n’est pas dominante.

Alors, « Fuck God » si tu veux madame Femen, et ne comptes pas sur moi pour crier au blasphème.
Je vais prier pour toi.
Que cela ne t’indispose pas parce que tu ne crois pas en Dieu.
Moi je suis sure qu’Il croit en toi.

lundi 19 novembre 2012

Paix aux hommes qui l’aiment



Je sais, la phrase exacte est « paix aux hommes qu’il aime » mais je l’inverse volontairement parce que dans les faits c’est souvent ainsi qu’elle est comprise et nous appelons la paix de Dieu sur nous qui l’aimons et pas sur l’humanité, les hommes qu’il aime.
Nous faisons de cette phrase universelle un argument communautaire, un cadeau personnel  au lieu de nous émerveiller devant l’amour de Dieu, le seul capable d’aimer l’autre sans conditions, sans exclusions.


J’ai eu ce weekend plusieurs occasions de vérifier, que cette paix je la prends pour moi mais je ne suis pas au top pour la donner.



Pas plus tôt sortie du train, je me fais traiter de pute par un jeune homme qui profitait de mon billet pour passer le tourniquet du métro en même temps que moi et qui ne me trouvait pas assez rapide. 
Deux pas plus loin, c’est un homme et une femme prêts à en venir aux mains suite à un échange verbal peu amène.
Une fois sorti du métro bondé pour finalement rejoindre Denfert à pied, un gars se colle à moi pour me demander une cigarette (version tu la donnes pas, je la prends).
Bref, trois incidents en 500 mètres, j'avoue ma furieuse envie de  distribuer des claques et non la paix. 

En marchant, j'en viens même à me demander si ce n'est pas un peu du gâchis d' appeler la paix sur une personne qui s’en fiche ou encore la rejette, de l’offrir à n’importe qui?

Comment  appeler la paix  sur des gens qui n’en veulent pas ?

C’est oublier un peu vite que cette paix, n’est pas la mienne mais celle de Dieu qui lui aime tous les hommes et leur offre sa paix immense, démesurée.

Alors oui, je peux l’appeler sur tous et c’est même indispensable.

Sans sauter tout à fait du coq à l’âne, dimanche à la messe (comme tous les dimanches) le diacre nous a appelé à nous donner la paix, et nous avons répondu à son appel en distribuant baisers et poignées de main aux personnes autour de nous  « La paix du Christ ».
Sommes-nous bien conscient à ce moment, de donner cette fameuse paix de Dieu ?
Fin de la digression qui n’en était pas une.

Et retour à mon premier propos.
Dimanche donc, après la messe, je suivais sur twitter la manifestation de Civitas. (Tiens encore un exemple de ma difficulté d’appeler la paix de Dieu sur quelqu’un que je ne porte pas dans mon cœur).
J’étais contente que tout ce passe bien (j’y avais des amis) mais aussi qu’ils ne soient pas nombreux (Non mais oh).

L’esclandre des Femen et la réponse musclée de jeunes excités m’ont conforté dans mon opinion qui est, je me cite : 

« Plus je suis loin des extrêmes de tous bords mieux je me porte ». Qu'ils me fichent la paix et n'attendent rien de moi.

Et ce matin, je lis : « Que veux-tu que je fasse pour toi ?»

Alors je demande un truc, pour moi :

« Répand ta paix dans mon cœur, non parce que je t'aime mais parce que tu m'aimes comme  tous. J’en ai bien besoin. La mienne si fragile et imparfaite. » 

Ah j'oubliais: La paix soit avec vous, de tout mon coeur.



vendredi 16 novembre 2012

Fil et Fob, petite histoire niaise.



Fil a des copains,  ceux qui collectionnent des tas de trucs: bistro, carto and co, et ceux qui aiment une catégorie de choses ou de personnes.

Par exemple Canarvivophile*


Fob a lui aussi des copains comme Xéno, et Claustro et Anatidae 

Si ça existe l'anatidaephobie** https://www.facebook.com/Entenbeobachtungsportal

Fil fréquente Pro et  Fob préfère Anti.

Parfois Fil devance ses copains (voir le cas d’Atélie)  ce qui n’arrive jamais à Fob qui est toujours un suiveur.

Lorsque Fil et Fob se croisent, au mieux ils s’ignorent, au pire ils s’affrontent.

Le truc drôle, c’est que Fil est parfois Fob et vice et versa. Drôle aussi que chacun soit sur d’être dans le camp du bien.***

Fil et Fob, deux personnages qui n’existent que lorsque que l’outrance, la démesure règne.
Qui trop embrasse étouffe, qui n’embrasse pas dessèche.

Fil et Fob sont finalement de bien mauvais compagnons qui poussent leurs amis dans des cases, et refusent l’universalité.

Voilà Fil et Fob c’est vous et moi  quand nous sommes  tournés vers une partie et non vers le Tout.

Quand nous aimons trop ou pas du tout, faute d’aimer COMME il nous aime.





*    En reférence à Ultravomit et sa chanson "je collectionne des canards vivants"

**  En réference à Gary Larson qui inventa cette phobie: la peur que quelque part, 
    d’une façon ou d'une autre, un  canard vous observe.

***Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, changeant la ténèbre en lumière et 
     la lumière en ténèbre. - Esaïe 5:20 

lundi 12 novembre 2012

Les amis de Maman



Lorsque nous les croisons dans la rue, mes enfants les appellent les amis de Maman.
J’ai décidé de vous en présenter quelques-uns. 
Je ne vais pas vous donner leurs noms et de toute façon, ils ne se reconnaîtront pas parce qu’internet pour eux c’est planète mars.

Mon chouchou, je ne l’ai pas vu depuis mon retour en France mais j’ai pris de ses nouvelles et je sais qu’il est toujours là, à la gare et à l’église avec sa casquette de marin et ses moustaches.


Je l’ai rencontré au Sonacotra comme d’autres de mes amis. Dans sa chambre, des images de la Vierge mais aussi d’autres, de celles qui peuplent la solitude des hommes. 
Tout de suite je l’ai aimé ce gars. Épileptique à force d’avoir pris des coups sur la tête dans les familles où il avait été placé dans son enfance d’orphelin.
Parfois gênant  avec ses coups de gueule y compris dans l’église mais si gentil dans le fond.
Un Noël, je l’ai invité à partager notre brioche après la messe et il est venu avec des huîtres trouvées je ne sais où mais sans doute bien loin vu leur odeur. Il était si fier de venir les mains pleines que nous les avons digérées sans problème.
Régulièrement il se perdait dans les transports. Sa hantise car il ne savait pas lire. Tous les jours, il bravait sa peur pour rejoindre une autre ville de banlieue et aller voir sa copine, interne dans un hôpital psychiatrique qu’il avait fréquenté lui aussi.
Il habite à coté maintenant et aux dernières nouvelles, il est toujours fidèle à ce rendez-vous.
Mes autres amis ne sont plus hélas.
Il y avait un compatriote, un gars de la baie du Mont. Élevé à la gnôle  qui avait vu sa sœur se noyer en allant à l’école, fils et petit-fils d’alcoolique et pourtant toujours prêt à mettre la main à la pâte pour aider les autres.
Il y avait aussi celui qui ne disait pas grand-chose, toujours bien mis avec un regard si profond. Diabétique grave il se shootait au jus d’orange.
Il y avait cette famille à qui on avait retiré un enfant violé par le fils de sa nounou. Des gens pas bien malins et donc incapables de se défendre face à cette situation et face à la DDASS.
Et tant d’autres encore.
Les amis de Maman comme disait les enfants
Mes amis.

samedi 10 novembre 2012

Conjugués à l’imparfait



Je me souviens du temps où l’enfant n’était encore qu’une idée dans mon couple.
Je l’imaginais, intelligent comme son père et beau comme sa mère (héhé). Bref un petit être parfait qui aurait hérité du meilleur de ses deux parents. 
Un autre nous, en mieux.



Lorsque l’enfant parait, il est bien en effet une conjugaison de ses parents mais une conjugaison à l’imparfait.
Il hérite dans ses gènes de l’eczéma, de la myopie et autres « tares » familiales bénignes bien souvent mais hélas parfois bien plus graves.

Lorsque l’enfant parait, on fait le deuil de ce bébé fantasmé, on scrute son regard pour établir la rencontre et découvrir qui est cet autre qui nous ressemble mais qui est si différent en même temps.

Un jour le bébé se chausse en 45 (erreur de programmation génétique), il est le plus beau (miracle de la combinaison génétique), il a des défauts, et finalement c’est peut-être en ça qu’il nous ressemble le plus.

Etre parent :
- Conjuguer deux imparfaits complémentaires  pour concevoir un être parfait qui ne le sera pourtant pas et faire grandir en lui le Plus Que Parfait comme il Le fera grandir en nous.
- Pouvoir dire un jour : « Hier j’avais un enfant (imparfait). Aujourd' hui  il est  un homme (présent) aux autres »

mercredi 7 novembre 2012

Bénévoles et volonteers


Jonastree, est à Londres cette semaine et j’en profite pour vous faire part de mes impressions de voyage.
Dans ce pays libéral, ou l’Etat se désengage de plus en plus du financement de la solidarité (maladie, retraite, pauvreté, retraite) Je n’ai pas rencontré la misère que je croise à Paris et en banlieue et je ne suis pas resté que dans la City.  
J’ai remarqué, par contre  dans la rue, dans le métro, dans le train, un nombre incroyable d’appels à la solidarité. L’aide privée est facilitée comme jamais. Par exemple lorsque vous retirez de l’argent, la machine vous propose de faire un don et vous pouvez même choisir à quelle association.

D’un côté, la responsabilité est souvent mise en avant et parfois de façon très dure. On propose par exemple, ces derniers temps de ne plus prendre en charge les frais médicaux des alcooliques qui refusent de se faire soigner. Et tout le monde trouve cela normal en fait.

D’un autre côté, les anglais sont les champions du bénévolat avec 40% de la population engagée dans le  volontariat. (- de 30% en France). 200 000 Charities œuvrent dans ce pays contre 3000 environ en France.

Ces jours derniers à Londres,  les poppies fleurissent les boutonnières pour aider les anciens combattants d’hier et d’aujourd’hui alors qu’en France, nos soldats doivent se contenter d’une pension d’adulte handicapé et disparaître de nos pensées. (Shame)

En caricaturant, on pourrait dire, que soit en France l’Etat remplace les initiatives personnelles, soit en Angleterre, les associations  remplacent l’Etat.
Je ne sais pas quelle est la meilleure solution mais en temps de crise et de désengagement probable de l’Etat, le montant des dons cette année étant plutôt prévu à la baisse, il est temps de nous interroger sur le sens du frère dans nos vies.

J’ai vécu dans des pays où l’aide sociale organisée n’existe quasiment pas, sans parler d’abattement fiscaux  et j’ai vu tous les jours, les gens se serrer les coudes avec une incroyable générosité.

L’exemple des paroisses du diocèse de Seine Saint Denis est encourageant. Les paroisses ouvriront cet hiver leurs salles  aux SDF pour les repas et les nuits en ne comptant que sur le volontariat des paroissiens.

Alors, suivons cet exemple et allumons le feu de l’amour dans nos vies sans rien attendre de l’Etat. 


Et le titre me direz vous? 
En France nous parlons de bénévoles (Bienveillants, dévoués, gratuitement). ). Pour nous français, le volontariat recouvre un statut juridique (droits sociaux) 
En Angleterre, c'est le mot Volonteers qui a été choisi pour  les bénévoles (De sa propre volonté et initiative)

Donc voilà, j'aimerai être à la fois bénévole et volonteer et vous?

vendredi 2 novembre 2012

Montrer, dé-montrer



Je suis tombé cette semaine sur deux trucs qui m’ont turlupiné un bon moment.

Le premier, une interview de Alexandre Jollien qui  dans son livre nous  explique  que vivre bien c’est être vrai, me dépouiller des masques, faire péter les étiquettes,  cesser de jouer un rôle et tenter d’être vrai. Apparemment, je ne suis pas la seule à avoir été scotchée car d’autres en ont parlé par exemple ici

Le second, un article lu dans El Watan est passé inaperçu en France.
Une islamologue tunisienne revient sur les évènements dans son pays et dit notamment à propos de l’islamisation de la société tunisienne: « Le spirituel perd du terrain en faveur du tape-à-l’œil. Pour la majorité, il n’est pas important d’ être un bon croyant, objectif difficile et validé par Dieu Seul ; il est beaucoup plus facile de montrer aux autres (et à l’autre en soi) que l’on est croyant… »
Elle parlait bien sûr de la « mode » du voile, des chaussettes sur les pantalons et barbes non taillées mais j’y ai vu une réflexion que je pouvais tout à fait reprendre à mon compte en tant que catho européenne.

 Mais pourquoi  donc choisir les béatitudes
de Françoise Burtz pour illustrer cet article ;)

Certes, le discours habituel devant l’église à la sortie de la messe dominicale est plutôt une plainte sur la difficulté de montrer aux autres que l’on est croyant dans une société laïque et déchristianisée.

Bien souvent, la discussion se poursuit sur l’habit des prêtres comme signe visible ou encore sur les pèlerinages.

Mais au-delà de cela, je pense comme cette tunisienne, qu’il est plus facile de montrer sa foi par des signes, un code vestimentaire que de croire en vérité. 

Il est plus facile de porter le masque du croyant que d’être croyant.




La croix autour de mon cou, n’est-elle pas un signe que je porte pour montrer aux autres que je suis chrétienne ? Mais fait-elle de moi une vraie chrétienne et surtout  une chrétienne crédible ?

L’habit ne fait pas le moine contrairement à l’adage.

Je peux porter une jolie croix autour du cou, parader en allant à la messe avec ma tribu Cirillus*, j’assumerai  ainsi fièrement mon étiquette catho bourg .  J’aurai montré  aux autres et à moi.

Bien souvent, je suis un monstre, une personne qui montre mais qui ne démontre pas, qui montre mais n’est pas et donc qui propose une fausse image.

Il est plus facile de montrer sa foi par des signes que de croire en vérité et pourtant c’est par une foi incarnée et non pas montrée que je suis vraiment  signe du Christ.

Le témoignage n’est pas dans des signes mais dans une vie vraie et fidèle au Christ.

Voilà, voilà. Ya plus qu’a. La méthode est .


*Entendons-nous bien, je ne dis pas qu’il faut aller à la messe en guenilles et en rasant les murs, et qu’il faut retirer nos médailles.