samedi 31 mars 2012

Follow @Jesus

Cette semaine, pas de post sur mon blog car j'ai plus important à faire: suivre Jésus vers Pâques.
Mais avant, je vous laisse de quoi méditer sur ce chemin de vie.
Ce n'est pas de moi , mais j'ai grand plaisir à vous proposer de "Follower" et de partager cette vidéo.




En route, Follow him !!

vendredi 30 mars 2012

No pasaran


Suis-je la seule à m’inquiéter de la montée des extrêmes ?

Sous couvert de religion, la barbarie a frappé à Toulouse et les djihadiste de Forsane Alizza véhiculent la haine. Au passage, je rappelle que ce  groupe qui fait la une de l'actualité,  marchait aux cotés de Civitas  lorsque Civitas s’est érigé  défenseur de la foi chrétienne sans qu’on lui demande rien (moi en tout cas).

Des groupuscules de tous bords distillent  dans la société des messages de haine sous couvert de religion ou pas et essayent de nous faire croire que nous sommes de mauvais croyants parce que tièdes ou de mauvais français pour la même raison.

Si être tiède, c’est refuser de voir en ennemi en l’autre alors je revendique cette étiquette et je pense que la majorité des gens partage mon opinion. 

Mais attention car nos jeunes sont fragiles.  

Comme le dit Djamel Debbouze, la frustration amène  à l’extrémisme. 
C’est celle des jeunes de banlieue  qu’il pointe du doigt mais on pourrait aussi parler de ces jeunes inquiets de leur avenir partout en France qui se font récupérer à l’extrême gauche comme à l’extrême droite. 
En profitant de leur quête d’idéal, les extrêmes  les amènent à un repli identitaire inadmissible et dangereux pour leur avenir.

Hier, circulait sur FB des photos de tags pro  MM. Les tagueurs  sont les jeunes dont nous parlent Djamel. 
Il serait temps de nous occuper de leurs frustrations non ?

Et pour en revenir à ces photos, je me demande bien qui les a mis en ligne …
En tout cas, les jeunes qui les ont commentés sont visiblement aussi  frustrés que les tagueurs vu la haine raciale qu’ils vomissaient. 
Il serait temps aussi de nous occuper de leurs frustrations à eux aussi.

Même mal pour tous ces jeunes : un avenir qui leur parait plus que compromis.

Alors que faire, laisser faire ?

Il est temps de faire contrepoids, d’agir pour que nos jeunes trouvent un avenir,  leur présenter une vie ensemble qui ne soit pas un pis aller ou pire une impossibilité  mais un effort commun pour le bien de tous.  

Et dans un premier temps, mettons fin nous les adultes, à nos dévires langagières et refusons celles  de notre entourage et celles de nos hommes politiques amplifiées par les médias.
Choisissons en conscience le chemin qui permettra demain à nos enfants, c’est-à-dire tous les enfants de vivre ensemble et bien. 


Pour mes lecteurs croyants ou pas: 

A lire aussi le discours récent de Monseigneur Vingt-Trois qui nous engage à ne pas nous laisser guider par la peur.

A lire aussi en cette période d’élections http://www.eglise.catholique.fr/getFile.php?ID=18950

mercredi 28 mars 2012

De bonnes news des enfants d’Abraham



Après quelques jours de sevrage informatique du, non à une action de carême tardive, mais plutôt à l’instabilité subite de Windows, je peux à nouveau  « geeker ».
L’humeur étant par conséquent au beau fixe comme le ciel d’ailleurs, aujourd’hui je ne râle pas, je m’arrête sur une phrase de l’évangile du jour* et je vous propose quelques nouvelles pleines d’espérance.

« Si vous êtes les enfants d'Abraham, vous devriez agir comme Abraham. »

Et Saint Césaire d'Arles (470-543) commente : « Que le bienheureux Abraham vous serve d'exemple, frères, pour recevoir vos hôtes avec amabilité, leur laver les pieds avec humilité et respect... Ne négligez pas ces propos, frères, vous qui ne voulez pas vous montrer hospitaliers, vous qui recevez votre hôte comme un ennemi ».

Aujourd’hui, quelles nouvelles des enfants d’Abraham que nous sommes tous ?

Une première vient du Liban, où les jeunes s’engagent sur le chemin d’hospitalité et de la rencontre inter-religieuse.  Ce n’est pas une initiative unique. En effet le collège Louise Wegmann où était scolarisé mes enfants, forme dès le plus jeune âge chrétiens et musulmans à la vie commune.  C’est du Liban qui a connu l’horreur des guerres fratricides que monte cet appel  à la fraternité.



Une autre vient de Tunisie, ou Ennahdha renonce à introduire la charia dans la constitution t à faire modifier le premier article de la Constitution et à faire explicitement référence à la charia dans la Loi fondamentale,  voulant  une Constitution qui soit pour tous les Tunisiens quelles que soient leurs convictions.

Une autre encore vient de Samuel Sandler, le père et le grand-père de trois des victimes de Mohamed Merah.

Enfin, un colloque se tient en ce moment à Alger pour expliquer le contenu spirituel de l’islam dans «l’objectif de l’innocenter des porteurs de l’intégrisme sanguinaire et abrutissant».


Voilà de bonnes nouvelles des enfants d’Abraham. 

J'en oublie certainement d'autres, mais je les portent toutes dans ma prière.


Voir aussi chez Etancher ma soifCar le Père veut qu’on s’aime.






*Jésus disait à ces Juifs qui maintenant croyaient en lui : 
« Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »
Ils lui répliquèrent : « Nous sommes les descendants d'Abraham, et nous n'avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : 'Vous deviendrez libres' ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : tout homme qui commet le péché est esclave du péché.
L'esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours.
Donc, si c'est le Fils qui vous rend libres, vous serez vraiment libres.
Je sais bien que vous êtes les descendants d'Abraham, et pourtant vous cherchez à me faire mourir, parce que ma parole n'a pas de prise sur vous.
Je dis ce que moi, j'ai vu auprès de mon Père, et vous, vous faites aussi ce que vous avez entendu chez votre père. »
Ils lui répliquèrent : « Notre père, c'est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous êtes les enfants d'Abraham, vous devriez agir comme Abraham.
Et en fait vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j'ai entendue de Dieu. Abraham n'a pas agi ainsi.
Mais vous, vous agissez comme votre père. » Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas des enfants illégitimes ! Nous n'avons qu'un seul Père, qui est Dieu. »
Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car moi, c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c'est lui qui m'a envoyé. 



jeudi 22 mars 2012

Après le direct, le différé.


Un mort en direct, un djihadiste, un psychopathe. Pause...

Comment en arrive-t-on à ne plus voir dans l’autre un frère ?
Comment en arrive- t-on à ne plus voir que des ennemis déshumanisés autour de soi ?
Certes, on peut parler de folie, de fanatisation mais pour ne plus voir l'homme dans l'autre, il  faut ne plus se voir homme soi même.
Alors, comment en arrive-t-on à penser que sa propre vie n’a pas de valeur ?
On nomme ça psychopathie et on connait mal les causes de cette maladie.
Mais au delà de ce nom de pathologie, une suite d’atteintes à son image peut-elle peu à peu amener à ce délire?
Famille atteinte dans sa structure et fragilisée.
Adolescent atteint par ses échecs scolaires.
Une première tentative stupide de restaurer son image , d’obtenir le respect par un « statut » de petit caïd.
Une autre plus raisonnable en souhaitant entrer dans l’armée qui lui ferme ses portes du fait de son « passé » déjà lourd.
Cette quête d’une image de soi restaurée passe alors par le Pakistan. Là-bas ma vie aura un sens, une valeur.
Un retour en France ou il s’isole de plus en plus parce qu’il n’a pas ce statut de héros qu’il espérait, parce que ses tentatives le confortent de plus en plus dans une rage intérieure qu’il dissimule pour donner le change sous une image d’ «intégration ».
Alors, dans un dernier sursaut délirant et sous couvert d’une mission divine, il va punir ceux qui n’ont pas reconnu sa valeur et qu’on lui a désignés comme les responsables du mal. 

Certes tous ceux qui ont commencé leur vie ainsi, ne se lancent pas dans le djihad car cette démarche est délirante. Mais nombreux sont ceux qui connaissent la perte de l'estime de soi faute de voir cette estime dans les yeux des autres. 

Après le direct, le différé.

Je pense que sa folie meurtrière doit être l’occasion de nous pencher sérieusement sur la question, non de l'islam mais des atteintes à l’image de soi dont est victime une part des français au delà d'une histoire de religion et de façon plus générale.

Il ne faut pas différer.

Il est temps de tendre la main à tous ceux qui sont atteint dans leur dignité du fait de leurs différences (pauvreté, couleur etc).


La différence n’est pas un problème en soi, elle le devient quand elle se transforme en une identité que l’on vous renvoie sans cesse et dans laquelle on finit par se replier.

L’estime de soi  est  indispensable à la vie et à la société.

"Tu aimeras ton prochain comme toi même". 

Et pour compléter mes dires, prenons unexemple: http://www.madmoizelle.com/je-suis-arabe-94853



mardi 20 mars 2012

Chaque fois que vous l’avez fait



Mon gigot dominical, j’ai eu du mal à le digérer lundi.

J’ai ouvert ma bible au hasard et je suis tombé sur ce texte.
 Rien qui puisse m’aider à trouver un sens à cet acte ni à ceux des jours précédents mais un encouragement à continuer à bâtir des ponts.

Tu avais donc faim, et nous t'avons nourri? Tu avais soif, et nous t'avons donné à boire?
Tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli? Tu étais nu, et nous t'avons habillé?
Tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu'à toi?’
Et le Roi leur répondra : ‘Amen, je vous le dis, chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.’

Ce  « chaque fois » si affectueux, je le ressens aussi comme une condamnation de mes manques. 
Derrière ce « chaque fois », j’entends quand l’as-tu fait ?  
Et comme le jeune homme riche, je prends  un air sombre.

Pourtant c’est  un appel à la fraternité et non jugement terrible et écrasant.
Jésus ne  met pas ses disciples face à leurs manques.
Il souligne au contraire les actions positives  qu’ils ont fait et même leur répétition (Chaque fois que vous l’avez fait) 
Il nous montre ce que nous avons fait de bien et nous encourage à le faire encore et sans doute plus souvent.

A moi peut être d’en faire autant, d’être capable de pointer dans mes comportements et ceux des gens qui m’entourent, ce qu’ils font de bien et non pas ce qu’ils font de mal.

A moi, de remarquer ce que mes enfants font de bien pour  les encourager à continuer sur cette voie. 

A moi aussi à ne pas écraser par mon jugement  sur les fautes et les écarts au risque de couper tout élan.

A moi aussi, de ne pas me réfugier derrière mes manques pour « m’en aller toute triste » en refusant les encouragements.

A moi de remarquer en moi et en l’autre les beautés, les actes justes et donc la part de Dieu qui est en nous et qui ne demande qu’à s’épanouir sous un regard affectueux ou au moins fraternel.


L’amour du prochain est la seule réponse qui nous sauve, nous et notre prochain.

samedi 17 mars 2012

Mon gigot dominical


Ce matin, de bonne humeur et le sourire aux lèvres je pars en quête d’un  gigot et d’autres victuailles pour nourrir mes fauves ce week-end.  

Première étape, la moyenne surface spécialisée dans les bons produits et dont les prix sont un gage de qualité. Bon, demain nous fêtons l’anniversaire de deux de nos enfants. Je mets le petit portemonnaie dans le grand.  

Au rayon boucherie,  du Pré salé, de l’Angus bref le top du top. Je fais la queue en discutant gentiment avec les autres clients, des gens affables et bien élevés. Des gens biens quoi.  Quel plaisir de faire ses courses ici. Pourtant soudain mon sourire se transforme en grimace.

Un avis est scotché sur l’étal m’informant que  la méthode d’abatage utilisée pour fournir mon gigot ne suit pas le rituel halal.
Devant mon sourcil interrogateur, le boucher m’informe discrètement qu’il a dû se résoudre à ce placardage pour répondre aux clients nombreux qui menaçaient de ne plus se servir chez lui.  
Je ne fais pas de commentaire mais mon regard sur le chaland devient un soupçon moins cordial. 
No comment, je paye et je sors.

Deuxième étape, la supérette hard discount pour un achat de dépannage. Là encore, je discute avec les clients à la caisse.
Je suis une horrible bavarde qui ne manque pas une occasion pour tailler une bavette.En parlant de bavette, je suis passé bien évidemment devant le rayon viande pour atteindre le liquide vaisselle et j’ai pu remarquer que si mon boucher n’avait pas de  halal, celui-ci a n’a pratiquement ça.  

No comment, je paye et je sors.

Finalement je cherche le mal ou il n’y en a pas. Tout le monde est content non ? Chacun sa viande et tout va bien.  

Enfin, il y a quand même l’incendie criminel de la boucherie du quartier voisin, la boucherie halal nommée « La clef de Saint pierre » (ca ne s’invente pas)…  
Mais, après tout on ne sait pas qui a fait ça ni pourquoi hein ?

En remontant dans ma voiture, je jette un regard vers la petite boucherie de quartier que je fréquente habituellement.
Chez lui aucune indication.  Il a repris la boutique il y a une dizaine d’années  dans notre petit centre commercial.  
Chez lui, se retrouve tout le monde. Nos ainés qui profitent de l’achat d’une côtelette pour parler (peut- être la seule fois de la journée) mais aussi les familles.  
Il connait tout le monde par son nom et nous aussi on connaît son nom.
Il s’appelle Mohamed, il vient de Corrèze, il vend du cochon breton et  quand il rentre le soir, il prie pour tous ceux qui lui ont raconté leurs misères.

Ce soir ma ptite prière est pour lui et tout les bâtisseurs de pont dans un monde de bâtisseurs de murs.

jeudi 15 mars 2012

Cheminer dans les ruelles.

La semaine dernière, je vous présentais l'Encuentro de Burgos.
Nous allons aujourd'hui en Catalogne pour découvrir une tradition du Jeudi Saint qui remonte au XIVe siècle.
Dans le village de Verges, les habitants font revivrent dans un premier temps les derniers jours de Jésus en plusieurs tableaux dans la tradition médiévale.

Les rameaux




Le jugement de Pilate



Puis, les participants quittent  la place du village pour entamer un long chemin de croix dans les ruelles. 

Le Christ chargé de la croix est entouré de légionnaires et de pharisiens qui l'insultent.
Puis viennent les femmes qui nous présentent sa sainte face et différentes statues du Christ portées par des pénitents.




La procession est clôturée par la danse de la mort, la dernière en Europe.

La grande faucheuse tournoie au milieu des rues sombres accompagnée de deux petits morts qui nous montrent des cendres (Tu es poussière et tu redeviendras poussière).

Un autre nous annonce que notre heure viendra et un drapeau nous rappelle:
Nemini Parco (nul n'est épargné) et El temps es breu (le temps est court).





 Héritage de la grande peste, cette procession est un moment de grand recueillement. Les quelques touristes qui se risquent à applaudir sont priés de cesser.
Le Christ est mis en croix sur le porche de l'église.
Chacun rentre chez lui dans le noir,silence et la prière en attendant la joie de la résurrection.


mercredi 14 mars 2012

Mourir dans la dignité



Je ne vais pas me lancer dans un exposé contre l’euthanasie, ni parler de la gestion de la douleur et des soins palliatifs . D'autres l'ont déjà très bien fait. Ici ou

Mon ambition du jour est plus limitée, parler de la dignité en fin de vie après avoir parlé de celle du pauvre.
Pour commencer, remettons nous en mémoire Jean Paul II.
Le 2 avril 2005, une semaine après le dimanche de pâques, Jean Paul II est retrouvé dans la maison du Père.  Nous avons assisté à sa lente déchéance physique.  Nous avons vu aussi, grandir dans le même temps la force de sa foi et de son amour pour le monde. 

Il est mort dignement en consacrant ses derniers jours comme sa vie entière à l’amour des hommes et de Dieu.


Il a accepté d’être jusqu’au bout, là ou d’autres pensent que le paraitre prime sur l’être et qu'il faut préserver son image jusqu'à a fin * 


Refuser les signes du handicap, les signes de la maladie,  c’est refuser l’atteinte au paraitre au risque de l’atteinte de l’être de l’autre ou de soi.

Le regard stigmatisant sur l’apparence d’une personne blesse en effet l’être de cette personne. Le regard que l’on porte sur notre propre apparence nous masque ce que nous sommes avec nos beautés et laideurs intérieures.

Si je me détache du paraitre pour être jusqu’au bout, je suis digne dans mon dernier souffle.
Si j’accompagne un mourant en regardant ce qu’il est et non son apparence, je reconnais sa dignité.

La dignité ne se choisit pas. Elle est constitutive à l’homme.
On ne la perd pas lorsque notre apparence est abimée mais quand notre être l’est.

Jésus avant de guérir le paralytique, lui a pardonné ces péchés. Il lui a redonné sa dignité d’homme en guérissant les blessures de son être avant tout et en le restaurant dans l’amour.

La seule dignité c’est d’être aimé.



mardi 13 mars 2012

Indignes vous?



Et pour commencer, un petit panorama du discours ambiant sur la pauvreté
Les pauvres, ils le sont par leur faute. Les pauvres, ils le sont par choix et pour profiter des avantages  sociaux. Les pauvres sont des paresseux.  
Soyons clair, ce discours nous l’entendons tous et parfois, ces idées nous  paraissent même raisonnables.  La stigmatisation du pauvre est banalisée de nos jours y compris par nombre d’hommes politiques toutes tendances confondues.
Ces idées sont même partagées par les pauvres puisque 30 % des potentiels bénéficiaires du RSA n’y recourent pas. Les seuls revenus « dignes » sont ceux du travail. Y recourir, c’est devenir indigne. (1)
Etre pauvre, c’est être indigne, y compris d’élever des enfants. Les placements d’enfants pauvres sont de plus en plus fréquents. L’idée sous-jacente serait-elle qu’ils ne sont pas capables d’élever leurs enfants ?
Bon, je m’arrête là mais admettons qu’il serait temps de regarder le pauvre autrement.


Le pauvre n’est pas indigne, il n’est pas non plus assisté mais peut être que le croire me permet de m’exonérer de mon devoir de solidarité, de me replier sur moi-même et de ne même plus être capable de partager même mon superflu.



J’entendais hier Mr Hirsch dire que les plus riches donnent proportionnellement beaucoup moins que les personnes moins aisées. 
Ce là signifierait que plus la part de superflu est importante, moins elle est partagée. 

C’est bien triste.



Il est temps de repenser notre rapport à la solidarité et l’image que nous avons du pauvre en réfléchissant par exemple à cette phrase :
 « Faites droit au faible et à l’orphelin, rendez justice au malheureux et à l'indigent, libérez le faible et le pauvre, arrachez-les à la main des méchants ». Psaume 82, 3-4

Ou encore à celle-ci :

«  Les problèmes socio-économiques ne peuvent être résolus qu’avec l’aide de toutes les formes de solidarité : solidarité des pauvres entre eux, des riches et des pauvres, des travailleurs entre eux, des employeurs et des employés dans l’entreprise, solidarité entre les nations et entre les peuples. La solidarité internationale est une exigence d’ordre moral. La paix du monde en dépend pour une part ». Catéchisme de l’Eglise Catholique 

Et reconnaissons aussi que finalement, le pauvre et l’indigne c’est peut-être nous dans notre incapacité à la solidarité envers les plus pauvres mais peut être aussi envers tous ceux qui ne sont pas moi (l’étranger, le handicapé, mon voisin, ma grand –mère …)

Mais pourquoi sont-ils pauvres?Voyage dans la France en crise Catherine Herszberg, seuil 2012


Ecoutez aussi http://www.franceculture.fr/emission-du-grain-a-moudre-comment-lutter-efficacement-contre-la-pauvrete-2012-03-12
Et lisez ici http://www.atd-quartmonde.fr/Lettre-ouverte-d-ATD-Quart-Monde.html

dimanche 11 mars 2012

Remettons l’homme au cœur de La Défense


Chose promise, chose due.
Hier soir je vous avais promis de râler et de me désespérer. C’est maintenant.

Certes, les grands froids sont derrière nous, mais les SDF sont toujours dehors.
Le reportage d’enquête exclusive nous présente une image odieuse de notre cher pays.

Dans le quartier de la Défense où 180 000 salariés travaillent pour un salaire moyen net de 3500 euros net par mois au service de 2500 entreprises dont de nombreuses font partie du CAC 40, 300 à 500 SDF dorment dans les sous-sols et les parkings.

Invisibles, intouchables, transparents sauf pour Carole et quelques bénévoles de la maison de l’amitié dont 
les locaux sont prêtés par l'EPAD.
Depuis 12 ans, ces personnes brisées par les épreuves de la vie, trouvent là, un repas préparé ensemble, des machines à laver, des douches mais surtout un regard et un peu d’amitié.

Cette année, les 12 lits qui permettaient de répondre aux situations les plus graves mais surtout d’accompagner de nombreuses personnes vers un logement plus pérenne  ne sont plus disponibles.
Les locaux ne sont plus aux normes, il faut 200 000 euros pour pouvoir effectuer les travaux.

Certes 200 000 euros c’est une somme...

Je ne suis pas très à l‘aise avec le calcul mental mais j’ai effectué un petit calcul simple qui a fini de me désespérer.

1 euro * 180000 salariés = 180 000 euros
8 euros* 2500 entreprises = 20 000 euros
Total  200 000 euros.

Je lance un appel aujourd’hui à tous ceux qui travaillent dans les tours de la Défense.
Une fois n’est pas coutume, sortez de votre bulle et donnez cet euro, parlez-en à vos collègues, au service mécénat, développement durable et citoyen de vos entreprises.

Ils vivent à coté de vous ou plutôt sous vos bureaux.

Pas besoin d’une organisation titanesque, il vous suffit de faire parvenir vos dons à l’association soit par la poste soit encore mieux en vous rendant en voisin au 4 place carpeaux pour donner aussi un sourire et ça c’est gratuit.


Remettons l’homme au coeur de la Défense.



Chèques à adresser à l'ordre de: Comité Solidarité Défense et à faire parvenir 4 place carpeaux La Défense 92800  Puteaux.

vendredi 9 mars 2012

La croisée des chemins.


Vendredi, pas encore Vendredi Saint mais le deuxième vendredi de carême. 
La semaine dernière,  je vous proposais une rando-catho.  
Aujourd’hui, je veux partager avec vous un autre chemin, celui qui mène le  Christ et la Vierge  au mont Golgotha.

Une tradition espagnole les fait se rencontrer  dans la nuit du Jeudi Saint. 
A Burgos, partant chacun d’une église différente, ils cheminent dans les rues pour se rencontrer place de la cathédrale. 
Lors de mon pèlerinage à Compostelle, les pieds lourds de nombreux kilomètres, j’ai croisé leurs chemins. Rien avoir avec la semaine sainte dans le sud de l’Espagne. A Burgos, il y a peu de touristes.  Ce genre de procession n’est pas culturel en France mais je vous propose de la vivre en ce vendredi.

L’encuentro , c’est la souffrance de la mère qui contemple son fils sur la croix. 





















C’est aussi sa tendresse lorsqu’elle le regarde, les bras ouverts, comme pour tenter une dernière fois de le protéger.

















Toute mère qui assiste à ce moment ressent sa douleur comme sienne.

Dans le silence de la croix, une voix monte alors de la cathédrale :




















Debout, la Mère, pleine de douleur,
Se tenait en larmes, près de la croix ,
Tandis que son Fils subissait son calvaire.

Alors, son âme gémissante,
Toute triste et toute dolente,
Un glaive transperça.

Qu'elle était triste, anéantie,
La femme entre toutes bénie,
La Mère du Fils de Dieu !

Dans le chagrin qui la poignait,
Cette tendre Mère pleurait
Son Fils mourant sous ses yeux.

Quel homme sans verser de pleurs
Verrait la Mère du Seigneur
Endurer si grand supplice ?

Qui pourrait dans l'indifférence
Contempler en cette souffrance
La Mère auprès de son Fils ?

Pour toutes les fautes humaines,
Elle vit Jésus dans la peine
Et sous les fouets meurtri.

Elle vit l'Enfant bien-aimé
Mourir tout seul, abandonné,
Et soudain rendre l'esprit.

Ô Mère, source de tendresse,
Fais-moi sentir grande tristesse
Pour que je pleure avec toi.

Fais que mon âme soit de feu
Dans l'amour du Seigneur mon Dieu :
Que je Lui plaise avec toi.

Mère sainte, daigne imprimer
Les plaies de Jésus crucifié
En mon cœur très fortement.

Pour moi, ton Fils voulut mourir,
Aussi donne-moi de souffrir
Une part de Ses tourments.

Donne-moi de pleurer en toute vérité,
Comme toi près du Crucifié,
Tant que je vivrai !

Je désire auprès de la croix
Me tenir, debout avec toi,
Dans ta plainte et ta souffrance.

Vierge des vierges, toute pure,
Ne sois pas envers moi trop dure,
Fais que je pleure avec toi.

Du Christ fais-moi porter la mort,
Revivre le douloureux sort
Et les plaies, au fond de moi.

Fais que Ses propres plaies me blessent,
Que la croix me donne l'ivresse
Du Sang versé par ton Fils.

Je crains les flammes éternelles;
Ô Vierge, assure ma tutelle
À l'heure de la justice.

Ô Christ, à l'heure de partir,
Puisse ta Mère me conduire
À la palme des vainqueurs.

À l'heure où mon corps va mourir,
À mon âme, fais obtenir
La gloire du paradis.

Lire aussi ça :)

jeudi 8 mars 2012

C'est pour aujourd'hui ou pour demain ?


De bon matin, lecture de l'évangile du jour:« Il y avait un homme riche, qui portait des vêtements de luxe et faisait chaque jour des festins somptueux ». 

Dans un premier temps, j’ai tout de suite trouvé de qui le Christ parlait.  
Certainement, de ceux qui sont dans le collimateur de tout le monde en ce moment. Vous savez les riches trop riches qu’il va falloir faire payer.
J’ai même ressenti un certain plaisir à voir que le Christ lui aussi était d’accord pour qu’ils payent  et que le prix qu’il annonce est encore plus élevé que les fameux 75%.

Ya une justice quoi !!

Puis, j’ai regardé le pauvre Lazare, couvert de plaies, qui aurait bien voulu se rassasier  des miettes  du riche. 
Là encore facile de trouver le Lazare du temps présent, il est ici devant ma porte  ou encoreun peu plus loin.


Mais faudra-t-il que tous ces Lazare attendent le ciel pour trouver le bonheur ?
Le royaume n’est-il définitivement pas de ce monde ?

Pas très réjouissant  comme perspective à court et moyen terme même si il y aura un happy end.

Bref,  on est loin d’un discours de justice sociale applicable aujourd’hui  dans le monde , non ? 

S'agit-il de promesses, encore des promesses, toujours des promesses?



Et bien non,  il ne s’agit pas de promesses pour un demain on rase gratis, il s’agit d’un appel à la responsabilité.

Le monde est ce qu’il est  parce que nous refusons d’écouter. 
Le message est pourtant simple et même twitable « @lemonde  tu aimeras ton prochain comme toi-même »

Et moi dans tout ça ?

Je suis certainement l’homme riche  qui oublie bien souvent que mes biens sont des biens communs dont j’ai la responsabilité mais pas l’exclusivité. 
Je me fixe des priorités de  dépenses qui relèvent plus de mon appétence à la mode et aux objets in  qu’à la gestion du bien commun.  

Mais bon, ce n’est pas ma faute, c’est celle des plus riches que moi, du système que d’ailleurs je critique (hein, je suis quelqu’un de bien non ?) de la mondialisation etc.



Un autre texte me vient à l’esprit comme un second appel : 
« Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. »

Au boulot et je commence avec ma propre mesure sans attendre demain.


Et si vous n’êtes pas encore convaincu, allez fait un tour au Kalahari 



Luc 16,19-31.
Jésus disait cette parabole : « Il y avait un homme riche, qui portait des vêtements de luxe et faisait chaque jour des festins somptueux. Un pauvre, nommé Lazare, était couché devant le portail, couvert de plaies. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais c'étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses plaies. Or le pauvre mourut, et les anges l'emportèrent auprès d'Abraham. Le riche mourut aussi, et on l'enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; il leva les yeux et vit de loin Abraham avec Lazare tout près de lui. Alors il cria : 'Abraham, mon père, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l'eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : Tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur. Maintenant il trouve ici la consolation, et toi, c'est ton tour de souffrir. De plus, un grand abîme a été mis entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient aller vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne vienne pas vers nous. Le riche répliqua : Eh bien ! père, je te prie d'envoyer Lazare dans la maison de mon père. J'ai cinq frères : qu'il les avertisse pour qu'ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de torture ! Abraham lui dit : 'Ils ont Moïse et les Prophètes : qu'ils les écoutent ! Non, père Abraham, dit le riche, mais si quelqu'un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront. Abraham répondit : S'ils n'écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts : ils ne seront pas convaincus. »

vendredi 2 mars 2012

De l’utile à l’irremplaçable.



Je vous disais il y a quelques jours que j’avais besoin de retirer les cailloux qui rendent mon cœur pesant (voir l’évangile du jour1 pour avoir une  idée sur quelques-uns de ces minéraux)

La réflexion d’un ami m’amène aussi à réfléchir sur le poids de l’utile dans mon quotidien.
Qu’est-ce qui m’est utile en fait ?
Je pourrais reprendre la chanson de Boris Vian    en rajoutant, un ordinateur, un smartphone.  
Toutes ces choses sont si utiles quelles me paraissent finalement indispensables. Je ne peux m’en passer sauf à faire un réel effort.

Qu’est-ce qui ne m’est pas indispensable  alors ?
En fait je peux reprendre à peu près la même liste que celle des choses qui me sont utiles.

Reprenons le dictionnaire :
Est utile ce qui rend service.  Et est inutile ce qui ne sert à rien.
Est indispensable ce dont je ne peux me passer et accessoire ce dont je peux me passer.

Par un glissement sémantique,  à l’heure actuelle, une chose utile est dite indispensable alors qu’elle est en fait accessoire. Et l’indispensable semble donc se réduire à l’utile.  
Et pourtant bien des choses inutiles me sont indispensables. Vous savez les trucs comme l’amitié, la famille.

Attention saut du coq à l’âne !
J’entends dans le bus la réflexion suivante « t’es inutile comme gars ».  Sous-entendu, tu ne sers à rien. 
Faut-il en déduire qu’on peut donc se  passer de ce gars inutile ?
Je ne m’aventurerai pas plus loin sur les dérives que peuvent engendrer cette réduction  du gars à son utilité  mais je pense que vous trouverez tous seuls. (sinon ya ça)

Je suis consciente d’y aller un peu fort mais j’aimerais que le regard que nous portons sur le monde soit moins utilitariste pour les objets qui nous entoure mais surtout pour la vie qui nous entourent.

Et à ceux qui me rétorqueraient que nul n’est indispensable,  je réponds chacun est irremplaçable.

Pour conclure, en ce temps de carême, je vais m’efforcer de me désencombrer de ce qui est accessoire et choyer ce qui est irremplaçable.






Et ça c’est utile.









1 Matthieu 5,22-24
 Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu'un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu'un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.

jeudi 1 mars 2012

La prière, un chemin de foi



Je ne sais pas prier mais je sais marcher.
Un pas après l’autre,  rendre grâce pour les rencontres faites, pour la beauté des paysages. Un pas après l’autre pour confier au Seigneur, les visages que je ne vois pas autrement.

En ce temps de carême, je vous propose une rando-catho du vendredi.


Rien de très compliqué, pas besoin d’être sportif. 
Un pas devant l’autre, simplement et quelques textes à la main.


Marcher le chemin de croix pour avancer vers Pâques.

Lire un texte, puis marcher pour lui laisser le temps de résonner.
Pas après pas, il se transforme en prière.




Un exemple ?
«Es-tu le roi des Juifs ?» (Jn 18, 33).
«Ma royauté ne vient pas de ce monde; si ma royauté venait de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Non, ma royauté ne vient pas d'ici» (Jn 18, 36).
Pilate ajouta :
«Alors, tu es roi ?»
Jésus répondit :
«C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix».
Pilate répliqua :
«Qu'est-ce que la vérité ?».

Qu’est-ce que la vérité ? Une question que je me  pose aussi.  Et je marche…
La vérité, celle qui rend libre.
La question finalement n’est pas qu’est-ce que la vérité mais plutôt est-ce que moi aussi j’en rends témoignage ou comme Pilate, ne suis-je pas de ceux qui refusent de la voir ou qui préfèrent simplement éviter de l’assumer. 
Les exemples de ma fidélité mais aussi de mon infidélité viennent peu à peu.

Alors je prie pour être fidèle à la Vérité. Et je marche.

Voilà, je ne sais pas prier, mais je sais marcher.