jeudi 22 mars 2012

Après le direct, le différé.


Un mort en direct, un djihadiste, un psychopathe. Pause...

Comment en arrive-t-on à ne plus voir dans l’autre un frère ?
Comment en arrive- t-on à ne plus voir que des ennemis déshumanisés autour de soi ?
Certes, on peut parler de folie, de fanatisation mais pour ne plus voir l'homme dans l'autre, il  faut ne plus se voir homme soi même.
Alors, comment en arrive-t-on à penser que sa propre vie n’a pas de valeur ?
On nomme ça psychopathie et on connait mal les causes de cette maladie.
Mais au delà de ce nom de pathologie, une suite d’atteintes à son image peut-elle peu à peu amener à ce délire?
Famille atteinte dans sa structure et fragilisée.
Adolescent atteint par ses échecs scolaires.
Une première tentative stupide de restaurer son image , d’obtenir le respect par un « statut » de petit caïd.
Une autre plus raisonnable en souhaitant entrer dans l’armée qui lui ferme ses portes du fait de son « passé » déjà lourd.
Cette quête d’une image de soi restaurée passe alors par le Pakistan. Là-bas ma vie aura un sens, une valeur.
Un retour en France ou il s’isole de plus en plus parce qu’il n’a pas ce statut de héros qu’il espérait, parce que ses tentatives le confortent de plus en plus dans une rage intérieure qu’il dissimule pour donner le change sous une image d’ «intégration ».
Alors, dans un dernier sursaut délirant et sous couvert d’une mission divine, il va punir ceux qui n’ont pas reconnu sa valeur et qu’on lui a désignés comme les responsables du mal. 

Certes tous ceux qui ont commencé leur vie ainsi, ne se lancent pas dans le djihad car cette démarche est délirante. Mais nombreux sont ceux qui connaissent la perte de l'estime de soi faute de voir cette estime dans les yeux des autres. 

Après le direct, le différé.

Je pense que sa folie meurtrière doit être l’occasion de nous pencher sérieusement sur la question, non de l'islam mais des atteintes à l’image de soi dont est victime une part des français au delà d'une histoire de religion et de façon plus générale.

Il ne faut pas différer.

Il est temps de tendre la main à tous ceux qui sont atteint dans leur dignité du fait de leurs différences (pauvreté, couleur etc).


La différence n’est pas un problème en soi, elle le devient quand elle se transforme en une identité que l’on vous renvoie sans cesse et dans laquelle on finit par se replier.

L’estime de soi  est  indispensable à la vie et à la société.

"Tu aimeras ton prochain comme toi même". 

Et pour compléter mes dires, prenons unexemple: http://www.madmoizelle.com/je-suis-arabe-94853



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